indes fourbes
Une sacrée fripouille.


Alain Ayrolles le scénariste De cape et de crocs et Juanjo Guarnido, le dessinateur de Blacksad s’associent pour explorer le siècle d’or espagnol sur fond de quête de l’Eldorado dans un album aux accents picaresques.
Les Indes fourbes, une folle et truculente fresque historique menée de main de maître avec esprit et humour, et au dessin tout en aquarelle somptueux.

S’inspirant d’El Buscon, un roman picaresque écrit par Francisco de Quevedo au XVIIe siècle, ce duo de choc imagine une suite à ce classique. Voici le récit de Pablos de Ségovie, un gueux, comme il se définit lui-même, un fainéant, un malandrin très beau parleur qui a adopté le précepte de son père « tu ne travailleras pas » et qui cherche à s’élever dans la société. D’une immoralité sans nom, filouteries et rapines ne lui posent aucun problème. Il décide d’aller chercher fortune aux Indes en embarquant à bord d’un grand voilier.

Ayroles qui n’a pas son pareil pour brouiller les pistes, réalise un scénario habilement construit aux multiples tiroirs et aux dialogues ciselés. Avec des enchaînements et des rebondissements qui nous ne laissent aucun répit, il nous balade et nous surprend tout au long de son long récit, à la fois aventure, voyage initiatique, satire sociale et pamphlet, sans jamais nous lâcher. Il nous fait revivre ce XVIe siècle ; époque et ambiances sont restituées de manière plus que crédible. Et le pied-de-nez à la morale est jubilatoire !

Le dessin de Guarnido, réaliste dans ses décors et détails, expressif et caricatural, mais juste ce qu’il faut, est parfaitement au diapason. Sous son crayon, le monde des conquistadors revit. Ses aquarelles sont sublimes, ses paysages grandioses, ses batailles vivantes.

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