cinema espagnol

En écho au festival Littératures européennes Cognac (LEC festival) qui en 2020 met la littérature espagnole à l’honneur, voici un petit panorama du cinéma espagnol, tout en extraits


La première projection cinématographique a lieu en 1896 à Madrid, organisée par un représentant des Frères Lumière. Un réalisateur filme La sortie de la messe de midi à l’église de Saragosse.

En 1897 Fructoso Gelabert réalise le premier film de fiction, Rina en un café.

 

Les premiers studios de tournages voient le jour à Madrid et Barcelone investis par des cinéastes étrangers comme Max Linder pour son film Christophe Colomb. En 1910 naît la première revue de cinéma, Arte y Cinematografia.

A partir de 1893 des sociétés de productions sont crées, CEA (Cinematografia Española Americana) en 1933, Cifesa (Compaña Industrial Film Español) en 1934, Filmfono en 1935, entièrement espagnoles.

 


Les filmsrazapng de fictions s’effacent au profit de nombreux documentaires et de films militants qui témoignent de la réalité des combats. Le cinéma devient une arme de guerre.

Sous le Franquisme le cinéma va souffrir de la censure (militaire, politique et religieuse) La Cifesa devient le porte parole idéologique du Franquisme ; patriotisme, religion, culte de la guerre sont les nouvelles valeurs prônées. Sous le pseudonyme de Jaime de Andrade, Franco scénarise lui-même le film Raza réalisé par José Luis Sáenz de Heredia.  En 1952, la Junta de classification y de censura de las peliculas (Assemblée de classification et de censure des films) est tenue de juger le contenu moral, politique et social des films.







Il ressort de cette tendance 4 films phares :

Los Golfos de Carlos Saura sorti en Espagne en 1963 avec dix minutes de sa scène d’amour coupée. 


Viriadana de Luis Bunuel palme d’Or à Cannes en 1961, sera interdit en Espagne jusqu’en 1977.

 



 L'Esprit de la ruche par Victor Erice et sorti en 1971, critique le régime de Franco.

 

Cria Cuervos de Carlos Saura  (1976) est un film profondément politique. Il décrit la fin du Franquisme et crie l’espoir d’un renouveau.  Nous sommes à un moment de l’histoire de l’Espagne où tout est figé, où le pays est paralysé par des valeurs bourgeoises, par le poids de l’armée et de la religion.

 

 


La Movida éclate après des années de censure. Ce mouvement culturel et créatif touche l'ensemble de l'Espagne pendant la fin de la période de la transition démocratique espagnole, au début des années 1980, après la mort du général Franco.

Le terme « movida » vient de l'espagnol « hacer una movida »qui signifie quitter le centre de Madrid pour s'approvisionner en haschisch ou en drogues en tous genres et revenir le consommer dans la capitale.

Une nouvelle génération de réalisateurs turbulents apparaît. Parmi les plus emblématiques : 

Pedro Almodóvar est le réalisateur espagnol culte des années 1980, donnant à cette période sa série de films les plus criards, vivants, humains, libres avec des films comme Femmes au bord de la crise de nerf et Attache-moi.

 

Talons aiguilles occupe une place particulière dans sa filmographie. Grace à ce film il atteindra une notoriété internationale.

 

A cette même époque, Carlos Saura se passionnne pour la  musique et la danse. Il réalise alors sa trilogie de flamenco composée de Carmen (1983), Noces de sang (1981) et de L'Amour sorcier (1985). Par la suite, avec la participation du danseur Anronio Gades le réalisateur espagnol célèbre également le tango dans son film éponyme Tango.

 

 


Dès lors tous les genres du cinéma sont représentés.
Alex de la Iglesia Après des débuts dans la BD ce dernier découvre le monde du cinéma en tant que décorateur puis directeur artistique. C’est Pedro Almodovar qui découvre son premier premier film Acción mutante dans lequel il met en scène des personnages anormaux et marginaux en rébellion contre la société mercantiliste. Avec Mes chers voisins Álex de la Iglesia acquiert la notoriété en France. Dans ce film, à  travers l'inquiétante communauté des copropriétaires de l'immeuble il fait entrer l'horreur et le machiavélisme dans le quotidien. Enfin en 2004, Alex de la Iglesia raille la réussite superficielle des vendeurs avec Le crime farpait, un petit concentré d'humour noir et de fantastique.

 

Du côté du fantastique Alejandro Amenabar d’origine chilienne remporte son premier succès avec, Tesis, salué par le public et la critique en 1996. Puis vient Ouvre les yeux, sorti en 1998 avec Edouardo Noriega et Penélope Cruz, adapté à Hollywood par Cameron. Pendant ce temps il tourne également en anglais. Son film Les Autres, avec Nicole Kidman, connaît un succès international (2001).
Avec Mar Adentro il signe un film plus personnel sur l’euthanasie.

 

Montxo Armendariz situe son premier long-métrage Tasio (1984), dans le prolongement des documentaires qu'il a réalisés sur l'extraction de charbon végétal. Sa mise en scène soigneuse et pudique se retrouve dans 27 horas (1986), dans lequel il décrit la jeunesse urbaine en proie à la drogue et à la violence politique. Avec des comédiens amateurs, il signe Lettres d'Alou (1990), un drame quasi inédit dans l'histoire du cinéma espagnol sur l'immigration d'origine africaine. Cet auteur chaleureux et humaniste obtient la reconnaissance internationale avec Secretos delcorazon (1997), qui met en scène un jeune homme à la recherche de la vérité sur sa mystérieuse
famille, dans une petite ville de province faussement tranquille. Avec Silencio roto (2001), il confirme qu'il est l'un des réalisateurs majeurs du cinéma espagnol. Son dernier film N’aie pas peur, traite du thème de l’inceste dans la société espagnole.

 

León de Aranoa aborde avec Les lundis au soleil des thèmes sociaux comme la violence, et le chômage. Il brosse des portraits humains et attachants de ceux qui ne comptent pas,s’efforçant de filmer leur quotidien sans pathos.

Julio Medem signe Tierra (1995), Lucia y el sexo (2000) qui se font aussi connaître hors des frontières.
Comme Almodóvar, Bigas Lunas symbolise l'avant-garde barcelonaise. Ses principaux films : Jamon jamon (1992), Macho (1993), Le téton et la lune (1994). 

 

Pablo Berger est un électron libre à la croisée des genres. Il revisite le thème du conte avec Blanca Nieves, sorte de Freaks espagnol en noir et blanc, avant de signer Abracadabra, fable moderne, comédie détonante et déjantée sur les rapports de couple et le féminisme. 


Voici une sélection de films policiers espagnols pour les amateurs d'intrigues, de frissons, de suspense...

         

  box507 ous rouge el aura
 

    Box 507                         L'ours rouge                     El aura

la isla minima lhomme aux mille visages que dios nos perdone

     La isla minima        L'homme aux mille visages Que Dios nos perdone

quien te cantara 2 el reino

Quien te cantara                 El reino
 
   


Quelle est la représentation des réalisatrices dans le cinéma espagnol ?
En 1979, le pourcentage de réalisatrices en Europe était de 2 %. Il est aujourd'hui de 12 % Actuellement en Espagne il n'y a que 14 % de femmes réalisatrices.         

josefina molinaLes pionnières Ana MariscalMargarita AleixandreRosario PiElena CortesinaCecilia BartoloméJosefina Molina sont inconnues voire peu connues. Leur cinéma jugé médiocre, peu créatif passe inaperçu (comme par exemple en 1952 un film de Ana Mariscal qui présentait pourtant une œuvre néo-réaliste et une vision critique de la vie madrilène)

Toutefois, Josefina Molina première femme espagnole à avoir été diplômée comme réalisatrice à l’École nationale de cinéma,vient d’être couronnée du prestigieux Prix national de la cinématographie 2019. Le jury a reconnu en l’artiste « une pionnière du cinéma espagnol » ainsi qu’une « référence pour de nombreuses générations de cinéastes présents et futurs ».En 2006, avec des réalisatrices telles que Chus Gutiérrez, Isabel Coixet, Inés París et Icíar Bollaín, elle avait fondé l’Association de femmes cinéastes et de l’audiovisuel (CIMA).

 

isabelel coixetIsabel Coixet naît en 1962 à Barcelone. Grâce à sa grand-mère, guichetière dans un cinéma, elle se forge une  culture cinématographique et développe une véritable passion pour le 7ème art. Cependant, pour des raisons financières et en l'absence d’école de cinéma à Barcelone, elle s’inscrit en Histoire contemporaine à l’Université de Barcelone. Son mémoire de fin d’études traitera du cinéma espagnol des années soixante. D'abord éditorialiste dans les revues de cinéma elle réalise à partir de 1984 son premier court-métrage, Mira y verás? Après un passage par la publicité elle tourne son premier long-métrage, Demasiado viejo para morir joven, regard désenchanté sur une jeunesse barcelonaise désemparée. Ereintée par la critique elle décide de tourner à l’étranger et c’est avec Ma vie sans moi qu’elle atteint la notoriété. Le film relate le courage et l’abnégation d’Ann (Sarah Polley), une jeune femme de 24 ans condamnée par un cancer incurable. Mi vida sin mí laisse la mort en filigrane, l’évoque sans toutefois jamais la filmer, et cette retenue séduit à la fois la critique et le public. Coixet reprend cette même écriture pudique en 2005, toujours avec Sarah Polley, pour évoquer la torture sans jamais la montrer dans The secret life of words. Dans La vida secreta de las palabras, Hanna, jeune réfugiée bosniaque souffrant d’un exil géographique et intérieur, se barricade sur elle-même jusqu’à ce que, dans une station pétrolière, son destin croise celui de Josef, un grand brûlé aveugle, qui saura peu à peu la faire s'extérioriser.
Ouvrant à l’international ses castings et ses lieux de tournages, Isabel Coixet ne rejette pas l’Espagne mais, au contraire, souhaite souligner la solitude de l’homme dans un monde de plus en plus anonyme et global.

iciar bollainNée à Madrid en 1967, Iciar Bollain  débute au cinéma à 16 ans en tant qu’actrice dans le film « El sur » (1983), de Víctor Erice.et poursuit sa carrière d’actrice en participant à différents films, dont Un Parapluie pour trois et Land and Freedom scénarisé par Paul Laverty que deviendra son époux. Son premier long métrage, en tant que réalisatrice Hola, ¿estás sola? en 1995 sera suivi de  Flores de otro mundo. Ne dis rien qui aborde le thème de la violence conjugale vaudra lui sept prix Goya. Après Mataharis  elle présente son film  Même la pluie en 2010.

Née en 1968 et originaire de Bilbao, Arantxa Echevarría se lance dans la production audiovisuelle avec un documentaire sur les femmes footballeuses Cuestión de pelotas. C'est avec son premier long métrage Carmen & Lola, que la réalisatrice devient la première femme espagnole à participer à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes.

Ce film aborde la rencontre de deux adolescentes de 16 et 17 ans qui vont peu à peu braver les interdits pour vivre leur amour, rompant ainsi avec leurs communautés.