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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Rebelles avec cause

5 thèmes | 16 oeuvres
Ils étaient cent coudées au-dessus de la mêlée. Pourtant la concurrence était rude : les Sex Pistols et leurs refrains nihilistes, les Buzzcocks et leur pop-punk vrombissante, les Jam et leurs hymnes classieux... Sans parler de tous les autres. Mais les Clash ne se contentaient pas d’être les plus flamboyants des punks : ils avaient aussi une conscience politique et celle-ci était contagieuse. Près de trente ans après leur disparition, dans une époque où la colère a largement cédé la place au fatalisme « The Last Gang in Town », dont la disparition de Joe Strummer nous a définitivement mis à l’abri du concert de trop, se rappelle ces jours-ci à notre bon souvenir.

Crêtes et dreadlocks

En pleine effervescence punk, de nombreuses formations comme les Clash, les Ruts, les Slits, mais aussi un certain Johnny Rotten, fraîchement libéré des Sex Pistols, se tournent vers les rythmiques reggae et c’est un poète dub, Linton Kwesi Johnson, qui chantera la grande insurrection avec peut-être le plus de conviction. « Le reggae et le punk étaient des musiques de rébellion. C'étaient, à l’époque, les cultures des classes populaires noires et blanches montrant leur solidarité les unes envers les autres », expliquera LKJ.

Metal Box

Dès 1978, suite à la dissolution des Sex Pistols, Johnny « Rotten » Lydon approche Jah Wobble et l’ancien Clash, Keith Levene, avec lesquels il va créer PiL. Après "First Issue", un premier album remarqué, la formation sort "Metal Box" – trois maxi 45t dans une boite métallique - qui est considéré comme l’un des albums les plus importants de la période post-punk. Une production hypnotique marquée par les incantations hallucinées de John Lydon, la basse dub incroyablement profonde de Jah Wobble et le jeu de guitare abrasif de Levene. Un album inclassable, aujourd’hui encore sans équivalent.

Forces of Victory

En 1978, tandis que les Clash chantent « White Riot », le poète et militant d’origine jamaïcaine Linton Kwesi Johnson sort le non moins incandescent "Forces of Victory" dont le succès lui permet de partager ses idées socialistes proches des Black Panthers avec le plus grand nombre. Des idées qui, après les récentes émeutes outre-Manche, résonnent avec une intensité renouvelée presque trente cinq ans plus tard.

The Crack

Sorti la même année que le deuxième album des Clash (Give ‘Em Enough Rope, 1978), c’est l’une des plus belles illustrations de ce croisement entre le punk rock, le reggae et le dub qui agitent la scène londonienne à la fin des années soixante-dix. Avec quelques hits comme « Babylon’s Burning » ou « Jah War », les Ruts découvrent le haut des charts et se posent parmi les principaux espoirs de la scène anglaise, mais le groupe sera brisé dans son élan par la mort du chanteur Malcom Owen en 1980.

Électrons libres

Les Clash ont beau avoir fait partie d’un mouvement collectif, ils n’ont rien fait comme les autres. D’autres électrons libres ont mené leur barque à la marge. On pense à Robert Frank et à son trip photographique à travers les quarante-huit États américains sur les traces de Kerouac ou encore au "road-movie" du même Robert Frank – "Candy Mountain" – dans lequel Joe Strummer faisait une apparition remarquée… On se souvient aussi du cinéma voyageur de F.J. Ossang qui embarquait Joe Strummer, encore lui, en "ghost pilot" dans le ciel du Chili, en plein désert d’Atacama... Et l’on pourrait ajouter n’importe quel titre de l’« Ange noir du rock’n’roll », Vince Taylor, autre franc-tireur devant l’éternel...

Docteur Chance

Un couple en cavale trace la route poursuivi par des agents secrets, des gangsters et tout ce qu’on voudra bien imaginer, pour finir par se retrouver projeté dans le ciel, dans un avion piloté par un dénommé Vince Taylor, interprété par le Clash Joe Strummer... Poète, chanteur au sein du groupe Messageros Killers Boys et cinéaste à l’esthétique new wave très marquée par l’expressionisme, le baroudeur F.J. Ossang débarque au nord du Chili en 1996 pour tourner ce "road-movie" halluciné qui ne ressemble pas à grand chose de répertorié dans le cinéma moderne.

The Complete Works

On l’appelait l’« Ange noir du rock’n’roll » – un hybride d’Elvis et de Gene Vincent qui inspira Bowie, Hendrix ou encore le Legendary Stardust Cowboy. Son principal succès, « Brand New Cadillac » (1959), fut repris par Clash sur l’album "London Calling" et Joe Strummer interpréta même le rôle d’un aviateur nommé Vince Taylor au cinéma, sous la direction de F.J. Ossang. « Vince Taylor fut à l’origine du rock’n’roll britannique. Avant lui, il n’y avait rien. Son apparition fut pour nous miraculeuse », déclara Strummer.

Les Américains

En 1955, Robert Frank entame un "road trip" qui le voit parcourir les quarante-huit États américains au volant d’une vieille voiture d’occasion. Inégalités sociales, ségrégation des Noirs, fascination pour l'argent, culte des apparences... Le photographe capture avec génie, mais aussi avec une certaine tristesse, l’envers du rêve américain. « Je ne pensais pas qu'on pouvait prendre en photo des choses que les mots décriraient beaucoup moins bien, dans leur intégrale splendeur de visible », écrivait Jack Kerouac à propos du travail de son ami.

Internationale socialiste

Orwell et Malraux partis combattre le fascisme sur le front de la guerre d’Espagne ; le Che embarqué dans sa galère bolivienne pour exporter la révolution cubaine sur le sous-continent latino-américain ; la guérilla sandiniste qui se propage au Nicaragua dans les années soixante jusqu’à prendre le pouvoir au nez et à la barbe des Américains ; la radicalisation de la fronde de gauche sous l’impulsion du Weathermen et des furieux du MC5 aux États-Unis… Pour affiner leur engagement radical auprès des prolétaires et des sans-grade, les Clash se sont abreuvés aux sources multiples de l’insurrection du XXème siècle.

Hommage à la Catalogne

Fin 1936, tandis que la guerre d’Espagne fait rage, Georges Orwell rejoint Barcelone où il s’engage auprès des milices du POUM, une organisation révolutionnaire marxiste qui combat les troupes franquistes. Là, il découvre avec ferveur l’utopie d’une société égalitaire qui dépasse d’abord toutes ses espérances avant d’assister, impuissant, à la corruption des idéaux révolutionnaires sous l’impulsion de la propagande stalinienne. « Tout ce que j’ai écrit de sérieux depuis 1936 a été écrit contre le totalitarisme et pour le socialisme démocratique », écrira à son retour de Catalogne le héros de Joe Strummer.

Pura vida

À la fois roman, chronique et journal de voyage, "Pura Vida" tourne autour de la vie et de la mort d'un aventurier américain du XIXème siècle, William Walker, éphémère président du Nicaragua qui finira fusillé sur une plage hondurienne. De l’assassinat d’Augusto Sandino par le premier des Somoza en 1934 à la chute des sandinistes à la fin du XXème siècle, en passant par Simon Bolivar et le Che, ce sont deux siècles de révolutions latino-américaines que Patrick Deville parcourt dans "Pura Vida"...

Kick Out the Jams

Un an après les insurrections des ghettos noirs de Detroit en 1967, le MC5 enregistre son premier album live au Grande Ballroom de Detroit. Un brûlot furieux, sans concession, où le groupe multiplie les appels à la révolution et fait notamment l’apologie des "snipers" Black Panthers qui tiraient contre les forces de l’ordre pendant les émeutes... Dix ans avant la naissance des Clash, l’esprit punk soufflait déjà sur Motor City.

  CD
Kick out the jams
Auteur: MC 5
Edition: WEA

Sono globale

Dans les années quatre-vingts, on parle de « sono mondiale » pour désigner les métissages musicaux qui commencent à coloniser la pop music : en Angleterre, le mouvement punk brasse le reggae, le funk, le dub et le punk rock dans un seul et même mouvement ; en Europe et aux États-Unis, le ska et le hip-pop arrivent en force, en provenance directe du rocksteady et du toasting jamaïcains. Un homme incarne le formidable "mashup" culturel de l’époque et le virage progressif de la pop vers les "dancefloors" : Don Letts, compagnon de route des Clash depuis leur début, qui a participé aux balbutiements du hip-hop avant de créer Big Audio Dynamite avec Mick Jones.

The Message

Au printemps 1981, les Clash jouent, presque sans prévenir, quinze jours au Bonds, un club de Times Square où les places sont prises d’assaut. Pour se faire plaisir, Strummer et les siens invitent chaque soir une première partie différente : The Fall, les Dead Kennedys, Lee « Scratch » Perry… et Grand Master Flash, grand inventeur du « "turntablism" » qui vient d’inspirer aux Clash « The Magnificent Seven », la toute première incursion d’un groupe de rock sur le terrain du hip-hop.

Culture Clash

Londres, 1977. En pleine explosion punk, un DJ rasta dénommé Don Letts s'impose comme un des artisans des métissages musicaux à venir en mixant du reggae dub entre les sets des Clash ou de Generation X. Manager des Slits, complice de Johnny Rotten et de Joe Strummer, documentariste du mouvement punk, Don Letts explore aussi les débuts de la contre-culture hip-hop new-yorkaise, puis forme en 1984 le groupe Big Audio Dynamite aux côtés de Mick Jones des Clash. Des rues de Brixton aux boutiques de King's Road en passant par les ghettos du South Bronx, cette étonnante autobiographie raconte son odyssée...

Mali Music

En 2000, Damon Albarn met entre parenthèses ses projets Blur et Gorillaz pour s’envoler à Bamako où il collabore avec la fine fleur des musiciens du cru. "Mali Music" ressemble à un carnet de voyage, rythmé par les ballades et les rencontres – de Toumani Diabaté à Lobi Traoré en passant par Afel Bocoum... Une escale africaine qui ne restera pas sans suite puisque Albarn produira bientôt Amadou & Mariam, toujours au Mali, puis repartira une dizaine d’années plus tard à Kinshasa pour enregistrer l’album "Kinshasa One Two".

Un vent de révolte

Sur « White Riot », le premier single de leur premier album, les Clash s’inspirent des troubles survenus en 1976 lors du carnaval antillais de Notting Hill pour cracher leur colère. Deux ans plus tard, « The Guns of Brixton » appelle cette fois franchement à la résistance armée contre les forces de l’ordre et la chanson anticipe d’ailleurs les affrontements qui auront lieu dans ce quartier explosif du sud de Londres en 1981. Mais les Clash ne sont à l’époque pas les seuls à encourager la révolte : le "dub poet" Linton Kwesi Johnson, responsable de plusieurs albums vindicatifs, ou encore les Ruts, éphémère combo punk, prônent eux aussi l’insurrection individuelle contre l’aliénation sociale...

The Clash

En juillet 1976, les Clash jouent en première partie des Sex Pistols à Sheffield. Un journaliste du NME écrit : « Les Clash sont le genre de groupe de garage qui devraient rapidement retourner dans leur garage, de préférence avec la porte fermée et le moteur en marche. » Le groupe répond avec « Garageland », un titre qui figure sur son premier album éponyme. C’est une déflagration dans le paysage musical de l’époque, un diamant brut gorgé de classiques tranchants qui concassent déjà punk, reggae et rockabilly, tandis que les textes rageurs appellent à l’émeute. Un album irréductible.

If...

Soumis à une discipline de fer et obligés de subir les brimades d’élèves plus anciens, des pensionnaires d’un collège sélect de l’Angleterre des années soixante choisissent de se rebeller dans un ahurissant déferlement de violence le jour de la remise des diplômes. Cofondateur du Free Cinema au début des années soixante, Lindsay Anderson n’y est pas allé de main morte avec ce film sorti en 1968. Un hommage au "Zéro de conduite" de Jean Vigo qui mêle ultraviolence, satire du système éducatif anglais, appel à la rébellion et homosexualité.

Forces of Victory

En 1978, tandis que les Clash chantent « White Riot », le poète et militant d’origine jamaïcaine Linton Kwesi Johnson sort le non moins incandescent "Forces of Victory" dont le succès lui permet de partager ses idées socialistes proches des Black Panthers avec le plus grand nombre. Des idées qui, après les récentes émeutes outre-Manche, résonnent avec une intensité renouvelée presque trente cinq ans plus tard.

Sammy et Rosie s’envoient en l’air

Sammy et Rosie vivent dans un quartier populaire de Londres où ils reçoivent la visite du père de Sammy, Rafi, un ancien militaire indien de retour du Pakistan. Celui-ci retrouve Alice, son amour de jeunesse, et une ville où tout semble avoir changé... Sur un scénario d’Hanif Kureishi et sur fond d’émeutes urbaines à Brixton – période Margaret Thatcher –, Stephen Frears filme les rapports interraciaux dans un pays en pleine mutation.

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