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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Le vol du Phoenix

6 thèmes | 19 oeuvres
En 2009, avec l’album "Wolfgang Amadeus Phoenix", Phoenix a définitivement changé de braquet et mis l’Amérique à genoux avec un mix onctueux d’electro continentale et de soft rock. Ce qui n’empêche pas nos Versaillais de garder aujourd’hui le goût du risque : avec ce nouvel album événement, Thomas Mars et les siens se sont déclarés en "Bankrupt" (faillite), meilleur moyen de ne pas s’installer dans le confort d’une recette gagnante et de poursuivre leur route buissonnière. Bien leur en a pris : ce disque est plein d’idées, d’audace et d’enthousiasme et régénère la pop music dans une épatante alliance de maîtrise et d’abandon.

Côte Ouest

La mythologie West Coast se confond avec l’expérience utopique du Summer of Love qui fit vibrionner San Francisco pendant l’été 1967. Joan Baez, Grateful Dead et Jefferson Airplane en furent quelques-unes des figures musicales les plus marquantes et, côté littérature, Allen Ginsberg, Richard Brautigan ou Lawrence Ferlinghetti émergèrent du lot. Mais d’autres personnalités incarnent cette Californie perpétuelle, solaire et insouciante. Parmi eux les Beach Boys bien sûr, et plus tard, le rock West Coast, mais aussi le peintre David Hockney et sa fameuse série de piscines de cartes postales...

La pêche à la truite en Amérique

Écrivain phare de la contre-culture américaine, Richard Brautigan lançait ses récits en l’air comme on le fait d’un chapeau et ils retombaient toujours sur leurs pattes sans que l’on ait vraiment compris comment il avait fait. Composé d’une cinquantaine de textes courts, sans réels début ni fin, mais avec force digressions et ruptures de rythme, La pêche à la truite en Amérique ressemble à un carnet de voyage imaginaire, écrit dans un style faussement naïf et désinvolte qui figure à merveille l’innocence perdue et le vide de l’existence dans la douce indifférence du monde.

Smile

Odes à l’enfance, à l’innocence et à la dolce vita californienne, les chansons des Beach Boys se voulaient des « symphonies adolescentes adressées à Dieu » et, de fait, leurs pop songs gorgées d’harmonies vocales complexes et de lignes mélodiques renversantes sont, aujourd’hui encore, une source d’émerveillement intacte. Enregistré entre 1966 et 1967, et jamais édité avant 2011, l’album "Smile" est le trésor perdu et retrouvé d’un groupe de frangins qui avaient trouvé l’élixir de la jeunesse éternelle dans leurs créations. Une utopie après laquelle la pop music court toujours cinquante plus tard...

David Hockney

Peintre et photographe anglais installé en Californie, David Hockney mêle pop art et art figuratif dans les années soixante avant que ses toiles ne reprennent le plus souvent des thèmes autobiographiques (personnes, lieux, paysages). Mais que dire de cette série de toiles que lui suggéra Warhol et qui évoquent le dépliant d’une Californie rêvée ? Soleil, palmiers, ciel immaculé... Ses incontournables piscines bleues symbolisent un mode de vie de luxe, de langueur et de volupté – des toiles dont la stylisation pop figure un monde figé où rôde le désir.

Can’t Buy a Thrill

Originaires de la côte Est, Donald Fagen et Walter Becker émigrent vers la terre promise californienne où leur rock teinté de latin jazz, de funk, de blues et de pop limpide trouve un contexte plus propice pour s’épanouir. La magie opère dès "Can’t Buy a Thrill", leur premier album enregistré en 1972. Le brassage des genres se double de mélodies "laid back" serties dans un entrelacs d’harmonies et d’arrangements aussi complexes que sensuels.

Énergie Solaire

De la grisaille de Versailles aux mélodies souvent radieuses des cinq albums de Phoenix, il y a quelque chose de l’ordre de l’anomalie géo-climatique. Leur hédonisme fleure bon le sable chaud et évoque le soleil, la douceur de vivre et les bonnes vibrations. Leurs chansons vibrent comme des odes aux cathédrales pop de Brian Wilson et de ses Beach Boys et résonnent comme des déclarations passionnées à la soul d’hier et d’aujourd’hui...

Bankrupt

Après quatre ans de silence, les Versaillais reviennent tels qu’en eux-mêmes, mais fatalement transformés par le succès planétaire de "Wolfgang Amadeus Phoenix". Quelle direction prendre après avoir tutoyé les sommets ? Thomas Mars et sa bande ont choisi de faire (presque) comme si de rien n’était et de reprendre les choses où ils les avaient laissées avant d’enregistrer "Wolfgang"... Soit une collection de pop songs parfois exaltantes, souvent éclatantes, qui viennent confirmer Phoenix comme l’une des toutes meilleures formations de l’époque.

Bankrupt !
GAM
Bankrupt !
Auteur: Phoenix (Groupe de rock électronique)
Edition: Warner music

Smile

Odes à l’enfance, à l’innocence et à la dolce vita californienne, les chansons des Beach Boys se voulaient des « symphonies adolescentes adressées à Dieu » et, de fait, leurs pop songs gorgées d’harmonies vocales complexes et de lignes mélodiques renversantes sont, aujourd’hui encore, une source d’émerveillement intacte. Enregistré entre 1966 et 1967, et jamais édité avant 2011, l’album "Smile" est le trésor perdu et retrouvé d’un groupe de frangins qui avaient trouvé l’élixir de la jeunesse éternelle dans leurs créations. Une utopie après laquelle la pop music court toujours cinquante plus tard...

Voodoo

En tendant l’oreille aux albums de Phoenix, des influences se dégagent : le rock des années quatre-vingts bien sûr, le son West Coast évidemment, mais aussi les productions R&B et hip hop de Michael Jackson, Dr. Dre, Timbaland et leur favori du genre, D’Angelo, dont ce "Voodoo" gorgé de groove, de soul et de mysticisme fut enregistré dans le studio Electric Lady de Jimi Hendrix. Un album fascinant qui n’a toujours pas de successeur 13 ans après, son auteur ayant épousé la trajectoire d’Icare en sombrant dans une dérive paranoïaque peu après son enregistrement.

CD
Voodoo
Auteur: D'Angelo (1974-....)
Edition: Virgin

Modernes et anciens

Napoléon, Mozart, Liszt, la Belle Époque… Dans ses albums, Phoenix puise volontiers son imaginaire dans l’Histoire, empruntant aux figures du passé les motifs d’un kaléidoscope plus tendre qu’ironique. Et quand les membres du groupe de Versailles apparaissent au cinéma, c’est dans "Marie-Antoinette", le film de Sofia Coppola où Rameau et Vivaldi croisent les Sex Pistols, Cure, New Order et Bow Wow Wow entre autres anachronismes. Une manière très postmoderne de revisiter l’Histoire...

Le Langage secret de la Renaissance

Et si tous les génies de la pop music (Brian Wilson, Phil Spector, Andy Partridge, etc.) avaient dû répondre aux principes de l’architecture pour structurer leur pensée, mettre de l’ordre dans leurs idées ? « Moi, j’adore quand l’art et les mathématiques se mélangent, s’enthousiasme Branco, le guitariste de Phoenix. Comme dans l’architecture de la Renaissance, tu sais qu’il y a des formules derrière. Pour moi c’est la combinaison ultime, j’ai l’impression que c’est là que réside la vérité. On a pas mal utilisé ça pour l’album "Wolfgang Amadeus Phoenix". »

Amadeus

Sur le premier single de leur quatrième album, Phoenix évoquait Liszt, « la première rock star de l’Histoire » qui déchaînait les foules partout où il passait. Mais le nom de l’album faisait bien sûr explicitement référence au génie de Salzbourg : « Mozart, c’est l’icône européenne absolue. On a voulu faire comme Warhol, on a pris une icône pour la détruire en la mettant dans un contexte complètement inattendu. C’est notre pop art à nous... », expliquait le guitariste Christian Mazzalai à l’occasion de la sortie de "Wolfgang Amadeus Mozart".

Marie-Antoinette

En 2006, Sofia Coppola tournait "Marie-Antoinette", s’inspirant très librement de la vie de l’archiduchesse d’Autriche devenue reine de France – et s’abstenant de raconter les dernières heures de celle qui fut guillotinée le 16 octobre 1793 sur la place de la Révolution. Une évocation intimiste et stylisée de la vie d’une pauvre petite fille riche embastillée dans la cour de Versailles dans un XVIIIème siècle revisité pop : Gang of Four, New Order, Strokes, Aphex Twin et... les membres de Phoenix reconvertis en musiciens de menuet.

Soft rock

Cools et optimistes, mais non dénués de profondeur ni de mélancolie, les albums de Phoenix évoquent le courant soft rock des seventies : une musique calme, apaisée, volontiers intimiste et farouchement attachée aux mélodies. Peter Frampton, Jackson Browne, Bee Gees, Carpenters, Doobie Brothers, Fleetwood Mac... Une génération durement raillée lorsque le punk fait irruption sur la scène musicale, mais aujourd’hui de plus en plus largement réhabilitée par les connaisseurs.

John, The Wolf King of L.A.

Inventeur avec quelques autres de la sunshine pop au sein de The Mama’s & The Papa’s, John Phillips délaisse le soleil pour l’ombre avec ce premier album solo mélancolique qui correspond à l’implosion de son couple et fait dans le même temps figure de testament du Summer of Love : une collection de chansons désenchantées et infectieuses servies par des arrangements éblouissants, entre country folk, soul et gospel, et exécutés par le "backing band" d’Elvis. Masterpiece.

Tusk

Moqués par la nouvelle vague qui voyait en eux les symboles d’une génération à abattre, les dinosaures de Fleetwood Mac font aujourd’hui l’objet d’une réhabilitation méritée au regard de quelques albums soft rock qui se bonifient avec le temps. Après "Fleetwood Mac" (1975) et "Rumours" (1977) – qui reste aujourd’hui l’un des albums pop les plus vendus de l’Histoire –, le groupe passe deux années à enregistrer "Tusk", un monumental double album (20 titres) qui explore de nouveaux horizons, entre rock’n’roll rageur, folk rock psychédélique et berceuses féeriques, pour étrangement finir par évoquer le puzzle du ... "White Album" des Beatles.

Wolfgang Amadeus

Sorti en 2009, le quatrième album de Phoenix fait basculer le groupe dans une autre dimension en même temps qu’il rend justice à un groupe dont l’impeccable discographie n’avait sans doute jamais atteint un tel niveau de perfection pop sur la longueur d’un album. Les Versaillais ont digéré les différentes composantes qui constituaient leurs précédents opus (soft rock, rock progressif, funk) pour parvenir à une forme d’excellence, alternant entre énergie cool et mélancolie légère avec une étourdissante décontraction.

Une genèse française

Côté éducation musicale, Phoenix a grandi entre bon goût et politiquement correct (la chanson française lettrée de Serge Gainsbourg) et des penchants assumés pour une grosse artillerie supposée moins raffinée (nos hommes ne rechignent pas à reprendre Johnny Hallyday sur scène). Johnny, Gainsbourg, Daft Punk, Phoenix, soit un joli raccourci de cinquante années d’une lignée de musiciens français nourris, chacun à sa manière, d’influences extérieures.

L’Homme à tête de chou

Dans "Musicvision", le documentaire consacré à l’univers musical de Phoenix, il y avait – en bonne place entre Curtis Mayfield, les Beach Boys et Kenny Rogers entre autres – un certain Serge Gainsbourg. Soit celui qui a (ré)inventé la pop française et inspiré des héritiers aussi divers que Bashung, Daho, Darc, Biolay ou encore Air, et donc Phoenix, qui se sont tous déniaisés au son de celui qui avait repoussé les frontières de la chanson française au contact des musiciens de Bowie et Marley notamment.

Homework

En 1992, à Versailles, trois jeunes étudiants – Laurent Brancowitz alias Branco, futur guitariste de Phoenix, et Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo, futurs Daft Punk – créent Darlin’, une formation éphémère qui édite un unique single avant que ses membres ne s’envolent vers le succès que l’on sait. Mais si les chemins de Phoenix et Daft Punk ont pris des trajectoires musicales différentes, les affinités demeurent, et le 20 octobre 2010, lors du final de la tournée de Phoenix au Madison Square Garden, les Daft Punk apparaissent en guest stars, déclenchant l’hystérie générale avec une version stratosphérique de « Around the World ».

CD
Homework
Auteur: Daft Punk
Edition: Virgin

La fille aux cheveux clairs

En 13 ans d’existence, Phoenix a écrit cinq albums et composé plus d’une cinquantaine de chansons. Mais à ce jour, aucune n’a été écrite en français. « Écrire en français, on n’a rien contre. Mais c’est moins facile, plus exigeant. Si ça se fait un jour, tant mieux », expliquait récemment le bassiste Deck D’Arcy. En attendant, c’est une chanson de Johnny que le groupe reprend sur scène : « La fille aux cheveux clairs », un titre qui donne un aperçu prometteur des horizons que les Versaillais pourraient explorer s’ils chantaient dans leur langue natale...

Versailles rive droite

Grandis à Versailles, les membres de Phoenix y composent toujours leurs chansons dans leur garage aménagé en studio. En 2007, les jouvenceaux donnent un concert au bassin de Neptune, au cœur même du château du roi Soleil. À deux pas du Trianon où ils apparaissent la même année en musiciens d’époque dans le film "Marie-Antoinette" de Sofia Coppola. Versailles est aussi la ville où tout a commencé avec la création de l’éphémère groupe Darlin’ composé de membres de Daft Punk et de... Phoenix. Soit deux formations parmi les plus populaires de l’histoire de la musique française à l’étranger.

Bankrupt

Après quatre ans de silence, les Versaillais reviennent tels qu’en eux-mêmes, mais fatalement transformés par le succès planétaire de "Wolfgang Amadeus Phoenix". Quelle direction prendre après avoir tutoyé les sommets ? Thomas Mars et sa bande ont choisi de faire (presque) comme si de rien n’était et de reprendre les choses où ils les avaient laissées avant d’enregistrer "Wolfgang"... Soit une collection de pop songs parfois exaltantes, souvent éclatantes, qui viennent confirmer Phoenix comme l’une des toutes meilleures formations de l’époque.

Bankrupt !
GAM
Bankrupt !
Auteur: Phoenix (Groupe de rock électronique)
Edition: Warner music

Homework

En 1992, à Versailles, trois jeunes étudiants – Laurent Brancowitz alias Branco, futur guitariste de Phoenix, et Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo, futurs Daft Punk – créent Darlin’, une formation éphémère qui édite un unique single avant que ses membres ne s’envolent vers le succès que l’on sait. Mais si les chemins de Phoenix et Daft Punk ont pris des trajectoires musicales différentes, les affinités demeurent, et le 20 octobre 2010, lors du final de la tournée de Phoenix au Madison Square Garden, les Daft Punk apparaissent en guest stars, déclenchant l’hystérie générale avec une version stratosphérique de « Around the World ».

CD
Homework
Auteur: Daft Punk
Edition: Virgin

Marie-Antoinette

En 2006, Sofia Coppola tournait "Marie-Antoinette", s’inspirant très librement de la vie de l’archiduchesse d’Autriche devenue reine de France – et s’abstenant de raconter les dernières heures de celle qui fut guillotinée le 16 octobre 1793 sur la place de la Révolution. Une évocation intimiste et stylisée de la vie d’une pauvre petite fille riche embastillée dans la cour de Versailles dans un XVIIIème siècle revisité pop : Gang of Four, New Order, Strokes, Aphex Twin et... les membres de Phoenix reconvertis en musiciens de menuet.

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