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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Warhol Underground

6 thèmes | 18 oeuvres
« "La vacuité absolue de sa nature et le fait que les choses passent à travers lui sans trouver aucune accroche forment une condition presque zen" » : a dit Allen Ginsberg d’Andy Warhol, donnant une définition inédite du génie qui incarna le Pop Art. Si Dali, avant lui, incarna le surréalisme et fit rire avec ses moustaches, Warhol a toujours fasciné et inquiété. Sa poésie a transcendé la société américaine des années 60 : la bouteille de Coca, la soupe Campbell, sont devenues des stars ; Marilyn, Liz Taylor, Jackie Kennedy ou Mao, des images en séries. Si Andy Warhol a jeté le trouble sur l’essence même de la célébrité, il fut un grand peintre, mais ne s’arrêta pas là puisqu’il déclara : “Je n’ai jamais voulu être peintre, j’ai toujours voulu être danseur de claquettes”. Du 1er juillet au 23 novembre le Centre Pompidou de Metz consacre une exposition aux relations entre Andy Warhol et le cinéma, la danse et bien entendu le rock.

Célébrité

La formule de Warhol est célèbre : « "À l'avenir, chacun aura droit à 15 minutes de célébrité mondiale." » Dans sa philosophie personnelle, Warhol développe les thèmes de la célébrité, et du succès. Alan Bowness, critique d’art anglais qui fut directeur de la Tate Gallery, expose dans un brillant petit essai, que le succès est prédictible. Mais que penser du succès énorme des photos trash de Weegee ?

Ma philosophie de A à B

Dali a écrit "Les moustaches radar", un texte complètement déjanté qui lui va comme un gant. Le texte de Warhol est sur le même ton, résolument délirant, avec des thèmes aussi variés que le travail, le succès, la célébrité, la beauté, la puissance des sous-vêtements, l’atmosphère, l’étincellement. Qui est B ? « "B c’est n’importe qui pour m’aider à tuer le temps. B est n’importe qui et je suis personne. B et moi." » Voyage d’un esprit à travers lui-même.

Weegee : Murder is my Business

Entre 1935 et 1946, Weegee (1899-1968) fut l’un des photographes les plus trashs de la presse américaine. Le catalogue montre des photos qui combinent le sordide, la composition et la qualité du grain. « "Des images que vous ne pouvez pas arrêter de regarder et que vous n’oublierez pas de sitôt" » selon Le New York Times. Elles sont à l’origine des tabloïds. Warhol a écrit en 1968 : « "À l'avenir, chacun aura droit à 15 minutes de célébrité mondiale." » Sa formule à l’allure de boutade, connut un immense succès ; la photo trash est une des voies sombres pour y parvenir, en dehors du crime. Le film américain de Dan Gilroy, "Night Call", actuellement sur les écrans, montre le rôle de la télé trash, et à quel point la police ne peut rien face à l’absence de morale...

Les conditions du succès

Etre artiste est une chose, avoir du succès et en tirer des revenus en est une autre. Certains y ont renoncé dès le départ, d’autres, au contraire, ont œuvré au point de s’y perdre, d’autres encore disent avoir laissé les choses se faire naturellement. En fait, Alan Bowness, explique dans ce tout petit ouvrage que le succès n’a rien d’arbitraire, que les choses se mettent en place dans un ordre on ne peut plus logique. Lumineux. Et pour 3€ !

Les rencontres

Les rencontres sont essentielles pour un artiste, et certaines sont vertigineuses comme lorsque Warhol et Basquiat se sont croisés le temps d’une courte collaboration. Entre Burroughs et Warhol, l’atmosphère est différente, car leurs rencontres n’avaient d’autre enjeu que le plaisir d’échanger autour de quelques verres. La Factory, l’atelier de Warhol à New York ouvre, à partir d’une simple homonymie, sur une autre aventure culturelle qui s’est déroulée à Manchester, sous l’impulsion de Tony Wilson qui créa le label... Factory.

Basquiat

Jean-Michel Basquiat est né en 1960 à Brooklyn. Il se fait remarquer à New York par ses dessins sur les murs signés SAMO (same old shit) au moment où Keith Haring peignait, aussi sur les murs, ses "Radiant Babies". Comme dans les contes de fées, un jour, Basquiat rencontre Warhol qu’il admire beaucoup. Ils finiront par collaborer, un peu. Basquiat espérait que Warhol lui ouvrirait les portes du milieu artistique new-yorkais en oubliant que ce milieu était un marigot sur lequel régnaient les Blancs, alors qu’il était naïf et Noir. Le film de Julian Schnabel brille par l'interprétation de ses acteurs, dont Jeffrey Wright qui joue Basquiat, et David Bowie qui compose un Andy Warhol d’anthologie.

William S. Burroughs, Andy Warhol - Conversations

William Burroughs, l’un des créateurs de la Beat Generation, est l’auteur du "Festin nu". De quoi parlent Warhol et Burroughs quand ils se rencontrent à plusieurs reprises en 1980 ? De la démarche de Richard Gere, du régime de Truman Capote, d’armes, de leur barbe, d’art, d’amour, de sexe, de paranoïa...Victor Bockris, l’organisateur des rencontres, journaliste d’Interview, magazine créé par Warhol, conclut « "Tous deux étaient des agents doubles, des hommes hardis, forts et courageux... mariés à leur travail... torturés par la nécessité d'une solitude totale." » Le livre commence par la commande de leur premier cocktail...

24 Hour Party People

A Manchester, Tony Wilson est le premier à présenter Iggy Pop et les Sex Pistols à la télévision. En 1978, il crée le label Factory qui accueillera Joy Division puis New Order, les Happy Mondays... dont les enregistrements seront illustrés par une génération de nouveaux graphistes, Peter Saville en tête. En 1980, il ouvre le club mythique l’Haçienda qui sera le temple de la House et de la fusion post punk / techno. Derrière une simple homonymie la Factory de Manchester, comme celle de New York quarante ans plus tôt, est une aventure artistique dont les vibrations résonnent encore aujourd’hui.

New York

Warhol passa sa vie à New York, au milieu d’une cour où se croisaient des artistes, des paumés, des bourgeois à la recherche du frisson de l’underground... L’écrivain Bruce Benderson décrit cette atmosphère trash des années 70. Warhol et Burroughs furent deux figures de New York, et leurs échanges très libres sont consignés dans un livre. Truman Capote, brillant écrivain, observa la société bourgeoise new-yorkaise des années 50 - 60, qui lui inspira la nouvelle "Breakfast at Tiffany’s" dont Blake Edwards a tiré le film éponyme.

William S. Burroughs, Andy Warhol - Conversations

William Burroughs, l’un des créateurs de la Beat Generation, est l’auteur du "Festin nu". De quoi parlent Warhol et Burroughs quand ils se rencontrent à plusieurs reprises en 1980 ? De la démarche de Richard Gere, du régime de Truman Capote, d’armes, de leur barbe, d’art, d’amour, de sexe, de paranoïa...Victor Bockris, l’organisateur des rencontres, journaliste d’Interview, magazine créé par Warhol, conclut « "Tous deux étaient des agents doubles, des hommes hardis, forts et courageux... mariés à leur travail... torturés par la nécessité d'une solitude totale." » Le livre commence par la commande de leur premier cocktail...

Pour un nouvel art dégénéré

Romancier, journaliste, traducteur (Virginie Despentes, Pierre Guyotat, Philippe Sollers), Bruce Benderson est avant tout new-yorkais. A travers ses romans et récits, il raconte sa ville par son versant sulfureux, trash, avant que le maire Rudolph Giuliani ne décide de la nettoyer pour en faire une ville sûre et rassurante pour les familles et les agents immobiliers. Il vous parle d’un temps que les moins de vingt ans...

Breakfast at Tiffany’s

L’écrivain américain Truman Capote évoluait comme un dandy dans la jet set new-yorkaise. Il en tira la nouvelle "Breakfast at Tiffany’s", en 1958, que Blake Edwards adapta au cinéma, en 1961. Tiffany est une chaîne de magasins spécialisés dans la bijouterie et les diamants en particulier ; leur magasin principal est à New York sur la Ve avenue. La scène d’ouverture où Audrey Hepburn, dans sa petite robe noire, mange un croissant devant la vitrine de Tiffany, l’air timide, est mythique. À travers la soirée dansante ponctuée de moments déjantés, mais où rien ne semble jamais grave, Truman Capote et Blake Edwards portent un regard aussi fin qu’amusé sur la bourgeoisie américaine ; celle dont l’art de Warhol va capter le désenchantement et la futilité.

Pop Art

Est-il plus important de savoir précisément qui, de Hamilton ou Warhol, est à l’origine du Pop Art, ou de considérer que Warhol, s’il ne l’a pas inventé, est celui qui lui a fait faire le tour du monde ? Le Pop Art avait des cousins et des cousines, Niki de Saint Phalle en fut une. Warhol, pape du Pop Art fut très impressionné par l’artiste qui a peint la Cène, Léonard de Vinci.

Léonard de Vinci, Tout l’œuvre peint et graphique

Léonard de Vinci fut l’un des génies de la Renaissance. En 1986, Warhol découvre "La Cène", conservée à Milan. Elle lui inspire "The Last Supper", et ce commentaire « "Ça m’a plu de travailler avec lui, avec sa « Cène », mais aujourd’hui, aucun génie ne peut plus être comparé à celui-là, les Léonard d’aujourd’hui sont Armani, Krizia, et les autres designers italiens" ». Outre ces mots de Warhol, l’ouvrage de Frank Zöllner met en regard des reproductions des œuvres de Léonard de Vinci, d’autres commentaires d’esprits modernes, comme Freud, Goethe, Nietzsche, créant des dialogues passionnants.

Pop

Voici un livre pour plonger dans le Pop Art avec ses grandes figures, Warhol, Lichtenstein, Hamilton, Oldenburg, Rauschenberg aussi, même s’il se défendait d’en être un précurseur. « "Le Pop Art est populaire. Ephémère. Remplaçable. Bon marché. Produit en série. Sexy. Astucieux. Glamour... "» écrit Hal Foster. Ces adjectifs permettent de distinguer le Pop Art de Dada, dont la révolte n’avait rien de glamour. Le livre montre que la BD, la photo, l’architecture, ont fait partie du Pop Art. En couverture, la peinture de Richard Hamilton "Just what is that makes todays’s homes so different, so appealing ?" de 1956, est considérée comme l’une des toutes premières œuvres Pop Art.

Niki de Saint Phalle

L’affiche de l’exposition, actuellement au Grand Palais, montre Niki de Saint Phalle en train de tirer au fusil. "Tirs" furent des performances où elle tirait sur des poches de peintures ; elle les dédia à Jasper Johns et Robert Rauschenberg, deux grandes figures du Pop Art, quoique le second s’en défende. Niki de Saint Phalle fut célèbre pour ses "Nanas", sculptures aux formes généreuses, sorte de manifeste féministe. Elle était la compagne de Jean Tinguely. Proches tous les deux du mouvement des "Nouveaux Réalistes", ils réalisèrent à Paris les sculptures de la fontaine Stravinsky, entre le Centre Pompidou et l’église Saint Merry.

Rock

Warhol a produit "The Velvet Underground", groupe mythique new-yorkais dont il dessina la pochette du premier album, Après sa mort, Lou Reed et John Cale lui rendirent hommage avec l’album "Songs for Drella". À la demande de Mick Jagger, Warhol s’occupa de la pochette de l’album des Rolling Stones, "Sticky Fingers". La Factory qui fut l’atelier mythique de Warhol, est aussi le nom d’une autre grande aventure de l’histoire du rock anglais.

24 Hour Party People

A Manchester, Tony Wilson est le premier à présenter Iggy Pop et les Sex Pistols à la télévision. En 1978, il crée le label Factory qui accueillera Joy Division puis New Order, les Happy Mondays... dont les enregistrements seront illustrés par une génération de nouveaux graphistes, Peter Saville en tête. En 1980, il ouvre le club mythique l’Haçienda qui sera le temple de la House et de la fusion post punk / techno. Derrière une simple homonymie la Factory de Manchester, comme celle de New York quarante ans plus tôt, est une aventure artistique dont les vibrations résonnent encore aujourd’hui.

Songs for Drella

Warhol fut le producteur du mythique Velvet Underground et réalisa la pochette « à la banane » de leur premier album paru en 1966. Trois ans après sa mort, Lou Reed et John Cale qui ne se parlaient plus depuis plus de vingt ans, enregistrent un album hommage à Andy Warhol "Songs for Drella", le surnom de Warhol, contraction de Cinderella et Dracula. Chacune des chansons illustre un chapitre de la vie du peintre : "Small Town" raconte la vie de Warhol, né à Pittsburgh « "d’où ne vient aucun Michel-Ange" » ; Work parle de son obsession pour le travail. "Slip Away" dit son attachement à la Factory. "Trouble with Classicists" dit la méfiance de Warhol pour l’art classique et son amour pour l’art de la rue. Somptueux.

  CD
Songs for Drella
Auteur: Reed, Lou (1943-....)
Edition: WEA

Sticky Fingers

"Sticky Fingers" avec "Brown Sugar", "Wild Horses", "Sister Morphine"... est entré dans la légende, et comme si cela ne suffisait pas, la pochette de l’album est de Warhol ! Une fermeture éclair de jean serré ouvrant sur un slip en coton, porté peut-être par Joe Dallesandro, mais rien n’est sûr, car Warhol n’a jamais dit quel cliché il avait choisi. C’est Mick Jagger, « membre d’honneur » de la Jet new- yorkaise, qui lui passa commande de la pochette « "je vous laisse faire ce que vous voulez" ». Warhol dira plus tard avoir été très mal payé. Il aurait été content d’apprendre qu’en 2003, elle fut élue meilleure pochette de tous les temps par la chaîne de télé américaine VH 1. It’s only rock’n’roll...

Warhol, artiste total

Il y a plusieurs manières d’aborder un artiste aussi protéiforme : en plongeant dans la somme de ses œuvres, avec Géant ; en suivant le point de vue de Michel Bulteau qui s’attache au peintre ; en lisant Warhol présentant lui-même sa philosophie dans un livre devenu culte. Bien entendu, la meilleure manière est de faire son propre cocktail...

Géant

S’il est surtout connu pour ses sérigraphies de produits de grande consommation et ses portraits de célébrités (Elvis, Mao, la Joconde, Liz Taylor), Andy Warhol fut aussi illustrateur, cinéaste, photographe, éditeur de magazine. "Géant" regroupe une quantité impressionnante d’œuvres, mais aussi de documents, comme la lettre de Mick Jagger qui confirme la commande de la pochette de l’album "Stinky Fingers" des Rolling Stones, et dans laquelle il précise : « (…) "s’il vous plait, répondez-moi par retour pour me dire combien d’argent vous voulez." » Un ouvrage à la dimension de l’artiste.

Ma philosophie de A à B

Dali a écrit "Les moustaches radar", un texte complètement déjanté qui lui va comme un gant. Le texte de Warhol est sur le même ton, résolument délirant, avec des thèmes aussi variés que le travail, le succès, la célébrité, la beauté, la puissance des sous-vêtements, l’atmosphère, l’étincellement. Qui est B ? « "B c’est n’importe qui pour m’aider à tuer le temps. B est n’importe qui et je suis personne. B et moi." » Voyage d’un esprit à travers lui-même.

Andy Warhol, Le désir d’être peintre

La manière de Warhol d’inventer le Pop Art en se démarquant de Roy Lichtenstein, l’autre grande figure de ce qui fut plus un esprit qu’un mouvement structuré, est picturale. Warhol passait son temps à dire qu’il ne peignait plus, ce qui est faux. Ses nombreux chef-d’œuvres, "Marilyn", "Jackie", "Coca Cola", "Mao", "Self portrait", "The Last Supper" d’après "La Cène" de Léonard de Vinci, le montrent... Michel Bulteau, poète insoumis, a fréquenté Warhol de 1976 à 1978. Pour découvrir un génie, il faut le rencontrer souvent, car si l’aura tient à distance, une fois la barrière sautée, les fêlures apparaissent. Bulteau a sauté, regardé, respecté, et couché sur papier. Essentiel !

  Livre doc
Andy Warhol
Auteur: Bulteau, Michel (1949-....)
Edition: Différence
Collection: Matière d'images
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