Connexion

logomamediateque2

Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

C'est le jour du Zoo !

5 thèmes | 17 oeuvres
Le 12 avril prochain, après 6 ans de travaux, le zoo de Vincennes rouvre ses portes pour son 80e anniversaire. Un parc new look, désormais aussi vert qu’un étendard de la biodiversité, où les cages, à l’heure des débats sur le droit animal, se font discrètes. Beaucoup de chemin parcouru depuis l’époque où les zoos incarnaient, au contraire, le regard hautain de l’Occident sur le monde “sauvage”, autres civilisations comprises. Ce qui ne change pas, c’est qu’en se promenant dans ces morceaux de nature artificielle, le visiteur part toujours en quête du paradis perdu...

Cages

Ouvert entre l’Exposition coloniale de 1931 et le Front populaire, Vincennes est un double symbole ambigu dans l’histoire de France. Un écho à l’aliénation des peuples alors sous la coupe de l’Occident, souvent ramenés au rang d’animaux, mais aussi le signe de l’avènement d’une civilisation des loisirs populaires de masse et du temps libre... Le parc zoologique, mise en scène de l’environnement, est, en tout cas, un terreau riche en métaphores de la libération pour les œuvres de fiction, par exemple chez John Irving.

Liberté pour les ours !

Publié alors que l’auteur américain n’a que 26 ans, ce premier roman est une œuvre de jeunesse mais le plan de ses deux protagonistes pour libérer les animaux du Schönbrunn, à Vienne (créé en 1752, c’est le plus ancien parc zoologique encore en activité) ébauche un thème qui deviendra récurrent dans ses romans ultérieurs, notamment "Le monde selon Garp" et "L’hôtel New Hampshire", la misère des animaux en cage – souvent des ours – revenant régulièrement symboliser l’aliénation sociale et sexuelle de ses personnages.

Le goût des autres

De l’Exposition coloniale aux Arts premiers. L’histoire du zoo de Vincennes est indissociable de celle du colonialisme français : inauguré il y a 80 ans, ses bases dataient de l’attraction zoologique installée au même endroit lors de la grande Exposition coloniale de 1931, à la gloire de notre Empire d’alors. Le succès populaire de cette oasis d’exotisme aux portes de Paris conduisit à la décision de pérenniser le parc, qui s’inscrit ainsi dans le cadre plus large des rapports de l’Occident avec les “autres” mondes (Afrique, Asie, Océanie et Amériques) qu’il a longtemps dominés. Cet anthropologue examine ce qu’il reste de ce passé sulfureux dans la vogue actuelle pour les Arts premiers, incarnée à Paris depuis 2006 par le musée du quai Branly.

Le front populaire des photographes

Le zoo de Vincennes a été inauguré en juin 1934, à un moment particulier de notre histoire politique et sociale : quelques mois plus tôt, en février, les ligues d’extrême droite ont battu le pavé et fait tomber un gouvernement ; quelques mois plus tard, en octobre, les partis de gauche réagissaient en s’alliant au sein du Front populaire, qui remportera les élections de juin 1936 et, au terme de grandes grèves festives, créera les congés payés, immortalisés dans ce livre par les plus grands photographes de l’époque. Loisir populaire, la visite au zoo s’inscrit dans cette révolution-là. Et à l’été 36, pour leurs premières vacances, bien des Parisiens n’iront pas plus loin que… le bois de Vincennes.

Zoos humains et exhibitions coloniales

150 ans d’inventions de l’Autre. La thèse de cette somme sur une page peu glorieuse de l’histoire de l’Occident : depuis la Vénus hottentote du début du XVIIIe (cette esclave sud-africaine souffrant de diverses hypertrophies servit de phénomène de foire jusqu’à sa mort en 1815) jusqu’aux Kanaks, exhibés à l’Exposition coloniale parisienne de 1931, la pratique des “zoos humains” a forgé des stéréotypes racistes qui ont perduré bien après la disparition du phénomène.

Humains, trop humains

Hommes sauvages ou animaux anthropomorphes, le choc nature/culture a toujours nourri la fiction : les animaux incarnent nos vertus et travers chez le moraliste La Fontaine ; ils sont la véritable et pure famille de Tarzan chez Edgar Rice Burroughs. Mais la réalité du racisme a aussi conduit l’Occident à traiter certains hommes comme des bêtes, ainsi qu’en témoigna, jusqu’aux années 30 qui virent naître Vincennes, la triste pratique des “zoos humains”.

La Légende de Tarzan

Publié dans un magazine américain dès 1912, puis en recueil, il y a tout juste un siècle, le premier Tarzan (et les 25 volumes qui suivront) vaut bien mieux que la série de films avec Johnny Weissmuller qu’il a inspirés à partir de 1932. Simplistes et teintés de colonialisme, ils rendent mal compte de la puissance de ce mythe littéraire, inspiré à l’auteur par le Mowgli du "Livre de la jungle" et par divers récits d’enfants sauvages élevés par des animaux. Dans le roman, l’homme-singe a fait montre d’une rare violence et d’un formidable instinct, mais est aussi doté d’une psychologie complexe, torturée par sa découverte de la civilisation et de l’amour. A (re)lire d’urgence !

Fables

Sur les zoos, Emil Cioran, écrivain roumain, a noté que : « "Toutes ces bêtes ont une tenue décente, hormis les singes. On sent que l’homme n’est pas loin" ». C’est inévitable, en scrutant les espèces sauvages on se regarde soi-même, cherchant en elles nos traits, (la grimace du chimpanzé), notre caractère (la bonhommie de la girafe) et nos comportements sociaux (les éléphants en groupe). Et personne mieux que Jean de La Fontaine (1621-1695) n’a poussé aussi loin l’exercice anthropomorphique. « "Je me sers d’animaux pour instruire les hommes" », écrivait le moraliste en exergue de son premier recueil de "Fables", en 1668.

Zoos humains et exhibitions coloniales

150 ans d’inventions de l’Autre. La thèse de cette somme sur une page peu glorieuse de l’histoire de l’Occident : depuis la Vénus hottentote du début du XVIIIe (cette esclave sud-africaine souffrant de diverses hypertrophies servit de phénomène de foire jusqu’à sa mort en 1815) jusqu’aux Kanaks, exhibés à l’Exposition coloniale parisienne de 1931, la pratique des “zoos humains” a forgé des stéréotypes racistes qui ont perduré bien après la disparition du phénomène.

Jungle de pacotille

Le zoo, avec ses rochers de béton et ses fausses savanes, n’a pas le monopole de l’exotisme de pacotille. L’univers voisin du cirque, côté ménagerie, pousse le goût de la nature en carton pâte jusqu’au spectacle, tout comme, en musique, le style “jungle” du Duke Ellington des années 20. Un constat pas si léger, si l’on songe que cette parodie d’Afrique est née sur les partitions d’un compositeur noir dans l’Amérique de la ségrégation...

Tropical Gangsters

Au début des années 80, en pleine grisaille post-punk, le New-Yorkais August Darnell, alias Kid Creole, a réchauffé nos platines avec son mélange de funk, de salsa et d’influences jazz, époque big bands. Ce troisième album en est la parfaite illustration, avec les tubes "Annie, I’m not your Daddy" et "Stool Pigeon". Il connaîtra un énorme succès, notamment en France, où il est soutenu par Jean-Pierre Dionnet et Philipe Manœuvre, alors aux commandes de l’émission "Sex Machine" sur Antenne 2. La gloire du Kid le mènera jusqu’à une collaboration avec Prince en 1990, avant de retomber. Mais son show, toujours mené tambour battant dans un décor “jungle”, continue à parcourir les scènes du monde entier.

Sous le plus grand chapiteau du monde

Pour les défenseurs des animaux, il y a pire enfermement qu’une cage de zoo : celui d’un cirque, où les effets de l’itinérance et du dressage s’ajoutent à l’exiguïté des ménageries. Et derrière le clinquant de cette superproduction en Technicolor avec Charlton Heston, c’est bien dans les coulisses peu reluisantes que nous entraîne Cecil B. DeMille : difficultés financières, amours, ambitions ou condition animale, tout doit s’effacer pour offrir “le plus grand spectacle du monde” ("The greatest Show on Earth", titre original).

Flaming Youth

Lorsque le Cotton Club l’engage fin 1927, l’orchestre de Duke Ellington (1899-1974) connaît déjà un certain succès. Mais c’est dans la mythique boîte de nuit de Harlem qu’il se stabilise et, jouant six soirs sur sept pendant quatre ans, trouve sa cohésion et le style “jungle” qui fera sa renommée. Paradoxe : issu de la classe moyenne noire de Washington et convaincu que l’égalité ne serait pas octroyée mais acquise par la réussite, Ellington devient célèbre dans un cabaret mettant en scène une Afrique de pacotille, avec une musique pleine de stéréotypes attendus par une clientèle exclusivement blanche. Mais cette popularité fera sa liberté, lui permettant, au cours des quatre décennies suivantes, d’entretenir son coûteux orchestre et de l’utiliser pour composer des pièces plus ambitieuses.

Les animaux mis en scène

Que d’artifices pour donner l’illusion de la nature ! Largement réaménagé, le nouveau zoo de Vincennes joue la carte écolo avec ses espaces verts agrandis. Les temps changent, pas le goût de la mise en scène animalière, comme un écho aux tentatives musicales ou cinématographiques d’imiter la vie sauvage avec toutes les ficelles du spectacle. La preuve, les zoos ont, aujourd’hui, leur star : le grand panda. Les parcs du monde entier se l’arrachent auprès des autorités chinoises, qui prêtent les représentants de cette espèce menacée, au compte-goutte.

Zoo, la métamorphose

Ce «voyage photographique» nous plonge au cœur du nouveau Vincennes en suivant les 6 années de rénovation qui ont transformé le parc vieillissant en un espace à la scénographie plus proche du milieu naturel, grâce notamment au travail de la paysagiste Jacqueline Osty. Le célèbre rocher surplombe toujours de ses 65 mètres les 15 hectares du parc, mais les deux tiers de la superficie ont été réaménagés et réorganisés en 5 «biozones» géographiques, avec 40% de surfaces plantées supplémentaires. On peut désormais se promener sur 4 kilomètres et découvrir un millier d'animaux sans – presque - voir l'ombre d'une cage.

Le carnaval des animaux

Compositeur post-romantique, remarqué dès sa jeunesse par Berlioz ou Liszt, Camille Saint-Saëns (1835-1921) a dû à son style très classique d’être oublié face à ses contemporains révolutionnaires, Ravel et Debussy. On se souvient surtout de ce "Carnaval des animaux", œuvre parodique composée comme un gag en 1886 et jouée seulement deux fois de son vivant. Souvent couplée avec "Pierre et le loup" de Prokofiev, sur scène ou sur disque, cette suite pour orchestre n’est pourtant pas réservée aux enfants car c’est aussi une passionnante (et hilarante) tentative de “peinture sonore” cherchant à évoquer la marche du lion, le caquetage d’une basse-cour ou l’élégance du cygne. Cette capacité à “illustrer par le son” fera d’ailleurs de Saint-Saëns le premier compositeur connu à travailler pour le cinéma, dès 1908.

Le monde du silence

Faux rochers, points d’eau artificiels et arbres de béton : la reproduction du milieu naturel dans les parcs zoologiques est souvent grossière, une “convention” assumée, que les visiteurs acceptent comme des spectateurs de théâtre ou de cinéma. Fondateur du documentaire animalier moderne, ce film de Cousteau, primé à Cannes, utilise de même toutes les ficelles de la mise en scène (avec l’aide d’un futur représentant du jeune cinéma français, Louis Malle, alors étudiant) pour créer un spectacle qui ne cherche pas vraiment le réalisme : montage, bruitage, et scénario bâti autour de quelques héros : Cousteau lui-même, son fidèle plongeur Falco, mais aussi le célèbre Jojo le mérou...

La cannelle et le panda

Les grands naturalistes explorateurs autour du monde. Première incursion du célèbre botaniste dans le monde animalier, ce livre rend hommage à une vingtaine de naturalistes, de la Renaissance à l’époque moderne. Parmi ces explorateurs partis inventorier les espèces (et souvent fournisseurs des premiers parcs zoologiques), le père Armand David, un missionnaire français qui découvrit le panda géant au Tibet, en 1869. Vivant exclusivement en Chine, où il n’en reste que 1.000, cet animal est devenu l’emblème de la protection des espèces, et l’attraction la plus recherchée par les parcs zoologiques du monde entier. Souvent offerts comme cadeau diplomatique par la Chine communiste, le panda est désormais… loué, pour des durées limitées, comme ceux arrivés en 2012 à Beauval.

Mythes

Sous ses airs de simple loisir populaire, le zoo, morceau de sauvagerie en zone urbaine, se présente toujours un peu comme une image du paradis perdu face aux cataclysmes provoqués par la civilisation, dans le récit biblique de Noé, comme chez Tarzan. La “pureté” supposée du monde animalier face au cynisme humain renvoie aussi à celle de l’enfance face au monde adulte, une voie explorée par Joseph Kessel quand il met en scène la rencontre entre une enfant et un lion.

La Légende de Tarzan

Publié dans un magazine américain dès 1912, puis en recueil, il y a tout juste un siècle, le premier Tarzan (et les 25 volumes qui suivront) vaut bien mieux que la série de films avec Johnny Weissmuller qu’il a inspirés à partir de 1932. Simplistes et teintés de colonialisme, ils rendent mal compte de la puissance de ce mythe littéraire, inspiré à l’auteur par le Mowgli du "Livre de la jungle" et par divers récits d’enfants sauvages élevés par des animaux. Dans le roman, l’homme-singe a fait montre d’une rare violence et d’un formidable instinct, mais est aussi doté d’une psychologie complexe, torturée par sa découverte de la civilisation et de l’amour. A (re)lire d’urgence !

Noé

Mis à la sauce hollywoodienne par le réalisateur de "Black Swan" (oscar de la Meilleure actrice à Natalie Portman en 2011), le célèbre récit biblique devient une efficace fable écolo portée par Russell Crowe, un appel à préserver la nature des cataclysmes provoqués par l’homme. Comme ici l’arche où le patriarche réunit la faune, les zoos se veulent aujourd’hui une mise en scène de la biodiversité...

Noé
CVS
Noé
Auteur: Aronofsky, Darren (1969-....)
Edition: Paramount (prod.)

Le lion

Une gamine de 10 ans, capricieuse et subjuguée par son face à face avec la faune sauvage ; des parents moins enthousiastes ; et des larmes pour finir... On croirait le synopsis d’une visite en famille au zoo, mais c’est celui du plus célèbre roman de Joseph Kessel (1898-1979). Grand voyageur, pour la presse comme en fiction (dès 1922, son premier livre, "La steppe rouge", utilise ses souvenirs d’errance dans la jeune URSS), le futur académicien suit ici, dans une réserve africaine, la passion de la petite Patricia pour les animaux, à commencer par le lion King. Dépaysement brutal, pureté des sentiments et écriture directe, Kessel à son meilleur.

logo departement

Notre newsletter

MDDS - Médiathèque des Deux-Sèvres

298, Route de Coulonges

79000 Niort

Tél. : 05 49 26 28 20

 

28, rue des Epinettes

79100 Thouars

Tél : 05 49 66 09 60