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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

2014, année tout schuss

6 thèmes | 21 oeuvres
L’année sportive a démarré en fanfare pour les équipes française de handball (championne d’Europe) et de rugby (26-24 face aux Anglais dans le tournoi des six nations). Mais, aux yeux du monde, elle démarrera vraiment du 7 au 22 février avec les jeux Olympiques d’hiver controversés de Sotchi, cité balnéaire sur les bords de la mer Noire où la Formule 1 stationnera à la fin de la saison pour le Grand Prix de Russie. Puis l’été sera brésilien avec la Coupe du monde de foot qui retrouvera là son pays d’adoption. Une actualité riche qui, sans même parler des championnats en tout genre, nous a donné envie d’enfiler nos shorts pour refaire un point sur les liens entre culture et sport. Match en 15 reprises à l’occasion de la sortie du n°3 de la revue littéraire "Desports". Attention aux claquages et aux crampes...

Exercices d’admiration

Comment aimer un sport, ou le sport, sans écarquiller les yeux et plonger sa plume dans l’encre admirative face à un dunk de Jordan, un dribble de Maradona, un enchaînement d’Hagler ou un amorti de McEnroe ? Une seule réponse ; le (d)écrire avec talent sans jouer aux hagiographes, sans chercher à raboter les angles, sans rendre la chose lisse.

Maradona

L’icône absolue du foot n’est pas Pelé mais Maradona. Surdoué, enfant terrible et rebelle impénitent, Diego Maradona s’est laissé ausculter, disséquer par Emir Kusturica. Si le réalisateur d’"Underground", s’est quelque peu laissé « manger » par son sujet, reste la présence et les mots de Pibe Del Oro. Fan de Che Guevara et ami de Fidel Castro, Maradona, co-fondateur (avec Eric Cantona) d’un syndicat international des joueurs qui a suscité peu d’enthousiasme, ne lâche rien. Plus qu’un hommage, le film de Kusturica est un éloge du caractère.

De la boxe

Lorsque "De la boxe" est paru, en 1988, on se demandait bien ce qu’une femme pouvait comprendre au « Noble art ». Ou même de quel droit Joyce Carol Oates se permettait d’en parler. Les sarcasmes ont été vite ravalés. La plus célèbre romancière américaine contemporaine (l’auteure de "Blonde" son roman sur Marilyn Monroe) connaît son sujet, mue par cette saine curiosité : « Il y a là un mystère que j’essaie de percer ». Certes la boxe a changé depuis 1988, Tyson n’était alors qu’à l’aube de sa carrière, et les champions s’appelaient alors Hagler, Hearns, Leonard, Duan, Camacho. Mais la pertinence de Joyce Carol Oates n’a pas pris une ride.

L’Amateur de tennis

De 1980 à 1990, Serge Daney a talentueusement irradié la chose tennistique dans les pages de "Libération". Deux ans après sa mort, P.O.L. a publié le gratin de ses articles qui firent dire à Marguerite Duras : « Daney devient écrivain ». Son œil acéré, formé au cinéma, capable de voir le caché derrière les apparences, a passé au scanner les jeu des champions de l’époque. Insistant maniaquement sur le service, qu’il considérait comme le coup majeur car il nécessite un retour. Pour lui, le tennis était, aussi, un sport de combat.

He Got Game

Fidèle parmi les fidèles des matchs de la NBA en général et des Knicks de New York en particulier, Spike Lee ne pouvait pas ignorer le basket dans ses films. Il le traite sous son aspect social dans "He Got Game" qui décrit les affres d’un jeune prodige des paniers, Jesus Shuttleworth joueur vedette de son lycée, pris entre deux feux ; intégrer l’équipe universitaire à la demande du gouverneur et ainsi aider son père à sortir de taule, ou accepter l’offre d’un des grands clubs de NBA qui le convoitent. Magnifique emploi de la musique d’Aaron Copland qui rythme les différentes scènes sur les playgrounds.

Le geste et la plume

Les observateurs passionnés ont une obsession : expliquer le beau geste. Tantôt un service canon ou lifté, tantôt un braquet hors norme ou une ascension de col. Parfois la courbe invraisemblable d’un ballon. Ils sont à l’affût de la fameuse note bleue, celle que la simple technique ne suffit pas à produire. Autre chose qui ajoute à la gamme. C’est pour essayer de comprendre cet autre chose que nous, simples mortels, nous lisons encore et encore ce que ces hérauts ont entendu dans la musique des dieux.

Desports

Créé en 2003 "So Foot" a relevé et gagné le pari que l’on pouvait aimer le foot, l’écrire et en parler avec esprit, humour et élégance. Dix ans plus tard, "Desports" creuse un peu plus le sillon. Il s’agit d’une revue littéraire (la petite sœur de la revue "Feuilleton") au format livre, traitant de tous les sports avec un regard décalé, du style, et cette saine curiosité d’aller voir derrière le rideau du spectacle et des simples résultats des matchs de la veille. Des plumes et des témoignages de poids (Woody Allen, Nabokov, Chambaz, Denis Grozdanovitch, Sepulveda...), une maquette impeccable, un papier épais... Trois numéros déjà parus. Indispensable dans tous les sacs de sport et les bibliothèques.

  Livre doc
Desports
Edition: Ed. du sous-sol

Les terrains

Surtout connu pour ses films, Pier Paolo Pasolini a été assassiné dans la nuit du 1er au 2 novembre 1975. Une douzaine d’heures plus tard, le dimanche après-midi, il devait disputer un match de foot avec l’équipe des gens du spectacle. Seule la mort pouvait faire rater une entrée sur le terrain à cet intellectuel polyvalent. Peu de temps avant sa mort, il assurait : « Après la littérature et l’éros, pour moi le football est l’un des plus grand plaisir. » Un plaisir communicatif que l’on ressent dans ses articles, publiés pour la plupart dans "L’Unita", le quotidien communiste. Spectateur, c’est la boxe qu’il préférait.

L’Amateur de tennis

De 1980 à 1990, Serge Daney a talentueusement irradié la chose tennistique dans les pages de "Libération". Deux ans après sa mort, P.O.L. a publié le gratin de ses articles qui firent dire à Marguerite Duras : « Daney devient écrivain ». Son œil acéré, formé au cinéma, capable de voir le caché derrière les apparences, a passé au scanner les jeu des champions de l’époque. Insistant maniaquement sur le service, qu’il considérait comme le coup majeur car il nécessite un retour. Pour lui, le tennis était, aussi, un sport de combat.

Forcenés

Fils naturel d’Albert Londres et Louis-Ferdinand Céline, l’auteur présente son projet ainsi : « Je veux donner l’entr’aperçu d’un monde avant sa fin. Passer le chiffon, une dernière fois, dans la Salle des Illustres. Mettre un peu d’ordre parmi mes forcenés, mes champions insensés – renommer les poètes et les irréguliers qui suivent à travers champs. Rien n’obsède comme ces histoires fabulées, ces portraits amoureux, ces mythologies usinées par le peuple, ces étincelles d’Eurovision. Ce que Benjamin nomme « illuminations profanes ». Ces croyances minimes. Ces noblesses inventées. » Philippe Bordas est également l’auteur de "L’invention de l’écriture".

Lectures tous terrains

Rien de plus passionnant que les textes de ces non-spécialistes qui subliment leur passion. Ils n’ont aucune qualification pour donner leur avis sur la composition d’une équipe – ce qu’ils ne se privent pas de faire – mais ils savent surtout voir plus loin qu’un simple tableau d’affichage et rapporter ce qui se cache derrière une manifestation ou une performance bonne ou mauvaise. Ils voient des choses qu’on ne voit pas et nous le raconte avec talent.

Desports

Créé en 2003 "So Foot" a relevé et gagné le pari que l’on pouvait aimer le foot, l’écrire et en parler avec esprit, humour et élégance. Dix ans plus tard, "Desports" creuse un peu plus le sillon. Il s’agit d’une revue littéraire (la petite sœur de la revue "Feuilleton") au format livre, traitant de tous les sports avec un regard décalé, du style, et cette saine curiosité d’aller voir derrière le rideau du spectacle et des simples résultats des matchs de la veille. Des plumes et des témoignages de poids (Woody Allen, Nabokov, Chambaz, Denis Grozdanovitch, Sepulveda...), une maquette impeccable, un papier épais... Trois numéros déjà parus. Indispensable dans tous les sacs de sport et les bibliothèques.

  Livre doc
Desports
Edition: Ed. du sous-sol

Les terrains

Surtout connu pour ses films, Pier Paolo Pasolini a été assassiné dans la nuit du 1er au 2 novembre 1975. Une douzaine d’heures plus tard, le dimanche après-midi, il devait disputer un match de foot avec l’équipe des gens du spectacle. Seule la mort pouvait faire rater une entrée sur le terrain à cet intellectuel polyvalent. Peu de temps avant sa mort, il assurait : « Après la littérature et l’éros, pour moi le football est l’un des plus grand plaisir. » Un plaisir communicatif que l’on ressent dans ses articles, publiés pour la plupart dans "L’Unita", le quotidien communiste. Spectateur, c’est la boxe qu’il préférait.

Ecrits sur le sport

Il ne faut pas forcément prendre Per Olov Enquist au pied de la lettre. Cet écrivain là, labélisé « Dernier monstre sacré de la littérature scandinave » publie des romans-documentaires où la fiction dispute à la réalité et où tout peut se mélanger sans que l’on y prenne garde. Il n’hésite pas à inventer des dialogues, des faits. Mais n’est-ce pas dans la fiction que l’on approche au plus près la réalité ? Pour le journal "Expressen", Il a « couvert » les deux plus grandes manifestations sportives : les JO ensanglantés de Munich en 1972; la Coupe du monde de foot au Mexique en 1986. Seul le premier événement avait auparavant fait l’objet d’une publication littéraire.

Les grammairiens

Jamais pleinement satisfaits, ces Pénélopes de la performance remettent sans cesse leur ouvrage sur le métier en quête d’un système, d’une trajectoire, d’une grammaire qui leur permettrait d’atteindre une perfection qu’ils frôlent parfois. Le commun des mortels essaie de s’en inspirer mais eux ont déjà fait le pas de côté qui leur permet de garder leur avance. Souvent copiés, jamais égalés.

Les Experts : Une tribu d'hommes libres

Le 26 janvier, l’équipe de France de handball a remporté le championnat d’Europe en laminant le Danemark 41-32. Nikola Karabatic a été élu meilleur joueur du tournoi, mais cette victoire est avant tout celle d’une tribu complice et solidaire. S’il y avait un trophée des entraîneurs il reviendrait sans conteste à Claude Onesta, l’entraîneur des « Experts », dont c’est le 7e titre international. Lui qui parle si bien de « grammaire du jeu » sait conjuguer le succès. En toute modestie mais avec une rare lucidité.

  Livre doc
Les experts
Auteur: Chovelon, Jean-Luc
Edition: Ramsay

Rush

La saison 1976 de Formule 1 fut l’une des plus palpitantes de l’histoire, rythmée par le duel entretenu de course en course par l’Autrichien Niki Lauda (Ferrari) et le Britannique James Hunt (McLaren), deux pilotes que tout oppose dans la vie. Champion du monde en titre, Lauda sera victime d’un terrible accident. Il en ressortira vivant mais pas indemne, grièvement brûlé, et laissera le titre à Hunt. Le film de Ron Howard ("Apollo 13") retrace cette saison de duellistes respectueux l’un de l’autre mais guerriers avant tout. La caméra vous embarque dans des plans vertigineux. A ranger à côté de "Le Mans", avec Steve McQueen.

Le stratège

Comment construire une équipe de baseball quand on n’a pas l’argent pour acheter des vedettes ? La victoire peut-elle se mettre en équation ? "Le Stratège", est un film sur le bon usage des mathématiques pour parvenir à compenser le manque de moyens. Que cela parvienne à marcher (histoire vraie), c’est beau comme une utopie. De celles dont les sports les plus fortunés sont particulièrement friands. Là, le sujet est le baseball, sport incrusté dans les gènes nord-américaines, mais auquel les Français n’ont jamais rien compris. Peut-être la présence de Brad Pitt et de Philip Seymour Hoffman aidera t-elle à un rapprochement ?

  Dvd Fiction
Le stratège
Auteur: Miller, Bennett (1966-....)
Edition: Sony Pictures Home Entertainment

Rebelles et rebellions

Il y a les bons sportifs, les très bons et ceux qui sont au-dessus du lot. Ceux-là évoluent à des altitudes où l’oxygène se fait rare. Hors des terrains aussi il y a des êtres au comportement exceptionnel. Ils ont tous en commun de négliger les interdits et passent outre. Qu’il soit feu, carton ou prison, le rouge qui veut les arrêter ne leur inspire qu’un salutaire bras d’honneur. C’est pour ça qu’on les aime ou les méprise. L’indifférence n’est pas de leur monde.

Pussy Riot

Avec les XXIIème Jeux Olympiques d’hiver de Sotchi, Vladimir Poutine tient un bel outil de propagande. A double tranchant puisque sous le regard du monde démocratique. Deux membres des Pussy Riot, groupe punk dans la plus pure tradition du genre, héritières des Sex Pistols et de Clash, condamnées à deux ans de camp de travail en août 2012, Nadejda Tolokonnikova et Maria Alekhina, ont été libérées en décembre 2013. Les Pussy Riot finalisent actuellement leur premier album mais n’ont pas désarmé pour autant.

Maradona

L’icône absolue du foot n’est pas Pelé mais Maradona. Surdoué, enfant terrible et rebelle impénitent, Diego Maradona s’est laissé ausculter, disséquer par Emir Kusturica. Si le réalisateur d’"Underground", s’est quelque peu laissé « manger » par son sujet, reste la présence et les mots de Pibe Del Oro. Fan de Che Guevara et ami de Fidel Castro, Maradona, co-fondateur (avec Eric Cantona) d’un syndicat international des joueurs qui a suscité peu d’enthousiasme, ne lâche rien. Plus qu’un hommage, le film de Kusturica est un éloge du caractère.

Le marathon d'Honolulu

Hunter S. Thomson est revenu sain et sauf d’Honolulu où un magazine de running l’avait envoyé faire un reportage sur le marathon qui s’y courait, mais on ne saura rien ou presque de la course. En revanche, comme un shaman que les drogues rendent plus clairvoyant, Hunter S. Thomson nous livre une vision prophétique et amère sur les années 80, la disparition de tout esprit contestataire et sur le triste spectacle que nous offrent ces militants devenus joggers. Récit psychédélique, ce texte est le pendant de "Las Vegas Parano" où Thompson était parti couvrir une course de motos. « Comme d’habitude, le reportage est un fiasco, et le récit du fiasco un fabuleux reportage ! »

Le stratège

Comment construire une équipe de baseball quand on n’a pas l’argent pour acheter des vedettes ? La victoire peut-elle se mettre en équation ? "Le Stratège", est un film sur le bon usage des mathématiques pour parvenir à compenser le manque de moyens. Que cela parvienne à marcher (histoire vraie), c’est beau comme une utopie. De celles dont les sports les plus fortunés sont particulièrement friands. Là, le sujet est le baseball, sport incrusté dans les gènes nord-américaines, mais auquel les Français n’ont jamais rien compris. Peut-être la présence de Brad Pitt et de Philip Seymour Hoffman aidera t-elle à un rapprochement ?

  Dvd Fiction
Le stratège
Auteur: Miller, Bennett (1966-....)
Edition: Sony Pictures Home Entertainment

Up and down

Là où Pierre de Coubertin avait raison sans le savoir, c’est qu’il n’y a pas de losers dans le sport. Il y a les vainqueurs et les autres. Tous les autres. Parfois on peut même avoir été vainqueur et se ramasser dans la vie. Mais là encore certains redressent la courbe de leur destin en une autre occasion. Ceux-là n’accusent jamais la météo, l’état de la pelouse ou l’arbitre. Ils tombent, se relèvent et repartent.

Rush

La saison 1976 de Formule 1 fut l’une des plus palpitantes de l’histoire, rythmée par le duel entretenu de course en course par l’Autrichien Niki Lauda (Ferrari) et le Britannique James Hunt (McLaren), deux pilotes que tout oppose dans la vie. Champion du monde en titre, Lauda sera victime d’un terrible accident. Il en ressortira vivant mais pas indemne, grièvement brûlé, et laissera le titre à Hunt. Le film de Ron Howard ("Apollo 13") retrace cette saison de duellistes respectueux l’un de l’autre mais guerriers avant tout. La caméra vous embarque dans des plans vertigineux. A ranger à côté de "Le Mans", avec Steve McQueen.

Quand j’étais Superman

Raphaël Poulain a tout connu du rugby. La lumière du Stade de France avec trois titres de champion et les salaires « mirifiques » du Stade Français. Les voitures de luxe et les groupies. Le « Lomu blanc » a posé nu pour un calendrier... et s’est vite retrouvé à poil sur le trottoir et au RSA après une série de blessures. Il se raconte et au-delà de son vécu ou son ressentiment, on sent bien comment en quelques années on est passé du « rugby village » au « rugby paillettes ». D’un jeu collectif à un chacun pour soi. Dis papa, c’était mieux avant ? Tais-toi et regarde l’essai de Gaël Fickou.

De rouille et d’os

Craig Davidson est un écrivain canadien amateur de boxe. "De rouille et d’os" ("Rust and bones") est un premier recueil de nouvelles, huit histoires de déclassés qui ont en commun de devoir faire face à la violence du monde qui les entoure. Comme ce boxeur qui après s’être cassé la main doit accepter des combats illégaux pour vivre, combats qui se tiennent dans des arrière-cours et qui font l’objet de paris clandestins. Jacques Audiard adaptera deux textes de ce recueil pour construire le scénario de son film éponyme sorti en 2011 avec Marion Cotillard et Matthieu Schoenaerts. L’écriture de Davidson est sèche comme un jab. Pas de gras sur l’os.

  Livre Fiction
Un goût de rouille et d'os
Auteur: Davidson, Craig (1976-....)
Edition: A. Michel
Collection: Terres d'Amérique
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