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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Aux sources de la modernité

6 thèmes | 20 oeuvres
Pour fêter ses soixante ans Le Livre de Poche nous a proposé de faire un parcours en puisant dans son immense catalogue. Nous avons donc proposé un thème, choisi les œuvres et rédigé nos textes en toute liberté et sans aucune intervention de leur part. Bonne lecture.

Le début du XXème siècle est à la fois celui de la naissance de courants artistiques d’une modernité extraordinaire – cubisme, Dada, Bauhaus… –, mais aussi de la première grande entreprise de destruction massive qui raya de la surface de la terre vingt millions de femmes, d’hommes, d’enfants et traumatisa d’autres millions de survivants pour le restant de leur vie. Ce traumatisme fut si fort qu’il suinte aujourd’hui encore dans les romans de Pierre Lemaître ou de Ken Follett. Et pourtant des cendres de cette boucherie, « la der des ders », allaient sortir des œuvres d’une puissance qui résonne encore aujourd’hui. Reflet en quinze œuvres d’une époque paradoxale.

Avant la catastrophe

Avant la catastrophe tous les espoirs étaient permis. La puissance des machines et les constructions modernes étaient sources d’inspiration pour les Léger, Apollinaire, Picasso, Braque... Le cubisme, les ready-made, le futurisme étaient en marche, le jazz remontait le Mississipi. Dans les cafés toutes les idées étaient brassées et les écrivains qui allaient marquer le siècle préparaient leurs grandes œuvres. Mais voilà...

Gens de Dublin

Quand paraissent ces nouvelles, en juin 1914, l'Europe bascule vers le meurtrier affrontement des nationalismes. Le moins exacerbé n'est pas celui qui travaille l'Irlande du futur auteur d'"Ulysse". La révolte de 1916 et la proclamation de la République en 1919 conduiront à la partition de l'île entre le Sud, catholique indépendant, et le Nord, protestant et fidèle à la couronne britannique. Dans un style simple, sans juger ni conclure, Joyce chante Dublin (qu'il a déjà quitté et ne reverra plus) et ses habitants, comme pour montrer que l'on peut aimer ses racines tout en se tenant à distance des affrontements politico-confessionnels. In english.

  Livre Fiction
Dubliners
Auteur: Joyce, James (1882-1941)
Edition: Livre de poche
Collection: Livre de poche

Dictionnaire des idées reçues

L'auteur de "Madame Bovary" a travaillé trente ans, jusqu'à sa mort en 1880, sur ce recueil d'aphorismes en forme de définitions conçu comme une annexe à l'inachevé "Bouvard et Pécuchet", et complété son tour d'horizon de la bêtise et des hypocrisies. La première édition posthume ayant attendu la veille du conflit mondial, l'entrée « Guerre » vaut le détour. Elle tient en une injonction de deux mots : « Tonner contre », comme pour annoncer le prompt revirement des pacifistes aux premiers bruits de bottes de l'été 1914...

Le Grand Meaulnes

Comme Guillaume Apollinaire ou Louis Pergaud, Alain-Fournier fait partie des cinq cent soixante écrivains officiellement « morts pour la France » en 1914-1918, dont une plaque dresse la liste au Panthéon, fauché dès septembre 1914, à 27 ans, après cet unique roman qui vaut bien mieux que son statut de « classique obligé » des classes de collège. Quand Augustin Meaulnes s'échappe de son pensionnat, ses trois jours de fugue et de fête au fond d'une forêt onirique, dans un château sans nom où il découvrira l'amour, sont un rêve éveillé, dont le souvenir et les évocations forment la matière de la troisième partie, proustienne en diable. À relire d'urgence !

Le Monde d'hier, souvenirs d'un Européen

Ce livre envoyé à son éditeur la veille de son suicide en 1942 au Brésil, où il s'était exilé pour fuir les persécutions nazies, est à la fois l'autobiographie et le testament de l'écrivain autrichien. Il y raconte la Vienne du début du XXème siècle, où il fréquenta Freud et Strauss, mais embrasse aussi la Grande Guerre et ses conséquences, d'une plume précise forgée dans de multiples genres puisqu'il fut aussi bien essayiste, biographe, poète et dramaturge qu'auteur de célèbres nouvelles ("Vingt-quatre heures de la vie d'une femme").

Cent ans déjà

Une œuvre moderne c’est une œuvre qui ne cède rien à la mode. Il n’y a pas de flatterie, pas de tentative de séduction, pas de recherche de compromis dans la démarche de son créateur. C’est pourquoi une œuvre moderne rayonne toujours auprès des publics qui la croisent longtemps après qu’elle ait été imaginée par son auteur. Comme une onde de choc qui se propagerait à l’infini. C’est pourquoi on lit et on écoute aujourd’hui encore Fournier, Virginia Woolf, Proust, Stravinsky. Moderne un jour, moderne toujours.

Le Grand Meaulnes

Comme Guillaume Apollinaire ou Louis Pergaud, Alain-Fournier fait partie des cinq cent soixante écrivains officiellement « morts pour la France » en 1914-1918, dont une plaque dresse la liste au Panthéon, fauché dès septembre 1914, à 27 ans, après cet unique roman qui vaut bien mieux que son statut de « classique obligé » des classes de collège. Quand Augustin Meaulnes s'échappe de son pensionnat, ses trois jours de fugue et de fête au fond d'une forêt onirique, dans un château sans nom où il découvrira l'amour, sont un rêve éveillé, dont le souvenir et les évocations forment la matière de la troisième partie, proustienne en diable. À relire d'urgence !

Romans et Nouvelles 1917-1941

On la disait insensible au monde, concentrée sur sa création et sa vie intérieure. L'œuvre de la romancière anglaise d'"Orlando" est pourtant riche d'informations sur les premières décennies du siècle (dès 1905, à 23 ans, elle était régulièrement publiée), et notamment sur la vie qui continuait à l'arrière pendant la Grande Guerre. Elle s'attaque ainsi à la satire sociale et aux affres de l'adolescence ("La Traversée des apparences", 1915) ou bien à la cause des femmes ("Nuit et Jour", 1919) tandis que la guerre sert de toile de fond aux livres qui suivent le conflit, comme "La Chambre de Jacob" (1922) ou "Mrs Dalloway" (1925).

Du côté de chez Swann

La Grande Guerre, pour Marcel Proust, aura duré de 1913 à 1919. À la première date, il est contraint de publier à compte d'auteur ce premier tome d’"À la recherche du temps perdu", refusé chez Gallimard par André Gide. À la seconde, il reçoit le prix Goncourt pour "À l'ombre des jeunes filles en fleurs", le deuxième volume, qui l'emporte contre le roman des tranchées de Roland Dorgelès, "Les Croix de bois". Entre les deux, il se bat avec son texte, qui ne cesse d'enfler. Pour finir, il faudra attendre 1927 pour lire l'ensemble du roman. Mais toute l'œuvre est déjà dans ce premier livre, dès les soixante premières pages, qui débutent par un souvenir (l'anxiété du Narrateur enfant au moment du coucher) et finissent par le célèbre accès de « mémoire involontaire » né de l'odeur d'une madeleine...

Conséquences de la guerre

Morts par millions, vies dévastées, villes rasées, paysages ravagés… les conséquences directes de la guerre sont terribles. Elle aura également des conséquences tout aussi terribles sur le psychisme des survivants. Certains se turent et ne purent jamais exprimer l’horreur de ce qu’ils ont vécu. D’autres en réaction en tireront des œuvres magistrales.

Le Monde d'hier, souvenirs d'un Européen

Ce livre envoyé à son éditeur la veille de son suicide en 1942 au Brésil, où il s'était exilé pour fuir les persécutions nazies, est à la fois l'autobiographie et le testament de l'écrivain autrichien. Il y raconte la Vienne du début du XXème siècle, où il fréquenta Freud et Strauss, mais embrasse aussi la Grande Guerre et ses conséquences, d'une plume précise forgée dans de multiples genres puisqu'il fut aussi bien essayiste, biographe, poète et dramaturge qu'auteur de célèbres nouvelles ("Vingt-quatre heures de la vie d'une femme").

Concerto pour la main gauche

Maurice Ravel composa ce concerto pour violon et orchestre en 1929, commandé par le pianiste virtuose Paul Wittgenstein, qui perdit son bras au cours de la Première Guerre mondiale sur le front russe. C’est une œuvre d’une grande complexité technique puisque seule la main gauche parcourt le clavier d’un bord à l’autre. Avec ce concerto Ravel composa une œuvre violente et sombre dont on peut trouver les racines dans sa propre expérience de la guerre dont il reviendra blessé.

La guerre

Si les guerres ont toujours été meurtrières, aucun esprit sain n’aurait pu imaginer que la puissance industrielle mise au service d’une entreprise de démolition allait provoquer la mort de vingt millions de personnes et faire trembler le concept même de civilisation. La férocité des combats, la vie dans les tranchées, les gueules cassées, les ordres ineptes allaient aussi mettre à mal l’idée de nationalisme des deux côtés de la frontière. Plus jamais ça, qu’ils diront...

La Peur

Publié aux début des années trente, le roman que tire Gabriel Chevallier – l’auteur de "Clochemerle" – de son expérience des tranchées dénote dans la production de l’époque qui faisait la part belle au courage des troupes galvanisées par des discours patriotiques censés gonfler les poitrines avant de sortir des tranchées. Dans "La Peur", il n’est question que de l’horreur du quotidien sur le front dont on ne parle pas à l’arrière pour ne pas révéler l’ampleur du carnage. Neuf millions de soldats seront tués et ceux qui en reviendront garderont au fond d’eux l’horreur de ce qu’ils ont vécu. « Il n'y a ni vainqueurs ni vaincus, parce qu'il n'y a que des cadavres. Être vainqueur ? C'est vivre. »

Le Monde d'hier, souvenirs d'un Européen

Ce livre envoyé à son éditeur la veille de son suicide en 1942 au Brésil, où il s'était exilé pour fuir les persécutions nazies, est à la fois l'autobiographie et le testament de l'écrivain autrichien. Il y raconte la Vienne du début du XXème siècle, où il fréquenta Freud et Strauss, mais embrasse aussi la Grande Guerre et ses conséquences, d'une plume précise forgée dans de multiples genres puisqu'il fut aussi bien essayiste, biographe, poète et dramaturge qu'auteur de célèbres nouvelles ("Vingt-quatre heures de la vie d'une femme").

À l'ouest, rien de nouveau

La Grande Guerre, vue du côté allemand, par un écrivain qui fut mobilisé à l'âge de 18 ans, en 1916. Il ne nous épargne rien du bourrage de crâne qui précéda le conflit, ni des abominations de la vie dans les tranchées, marquée par la souffrance physique et une douloureuse remise en cause de tous les repères moraux. Le succès immédiat de ce classique du pacifisme fit de lui une cible privilégiée des nazis avant même leur accession au pouvoir. Ses livres figurant en bonne place dans les autodafés hitlériens, il s'exilera dès 1933 vers la Suisse, puis vers les États-Unis.

  Livre Fiction
A l'ouest rien de nouveau
Auteur: Remarque, Erich Maria (1898-1970)
Edition: LGF
Collection: Le Livre de poche

Charlot soldat

Sorti aux États-Unis trois semaines avant l'armistice, ce film est un triomphe public, artistique et critique. Même succès à sa sortie en France, au printemps 1919 : Chaplin est déjà une vedette internationale, mais sa présence continuelle sur les quatre cents écrans itinérants de la Section cinématographique de l'armée (le « cinéma aux Poilus », créé en 1915) ont fait de lui la star des tranchées françaises. Depuis quatre ans qu'il incarne Charlot, l'ex-bateleur anglais parti trouver fortune à Hollywood maîtrise son personnage fétiche jusqu'au bout des tatanes. En quarante-six minutes, il multiplie les morceaux de bravoure comiques (notamment quand il se déguise en arbre pour tromper l'ennemi), sans rien cacher de la dure vie au front, de la malnutrition aux rats qui pullulent. Un cocktail comico-dramatique qui fera la réussite de ses longs métrages des années vingt et trente.

Même Histoire

Avant la guerre ce n’est pas la guerre et les préoccupations des uns ne sont pas celles des autres. Regarder ce qui se passe avant août 1914 en oubliant un instant ce qui va suivre, c’est comme feuilleter un album de photos sur lesquelles on verrait des gens occupés à différentes activités. Chanel s’affaire à libérer la silhouette de la femme, Louis Pergaud raconte une histoire de gamins espiègles et Hermann Hesse travaille sur ce qui deviendra une œuvre majeure. On peut facilement imaginer que, chacun plongé dans son œuvre d’un côté et de l’autre de la frontière, ils ne partageront jamais rien. L’Histoire en décidera autrement.

La Guerre des boutons

De ce classique signé du prix Goncourt 1910, son dernier livre avant la guerre où il périra en 1915, on connaît les qualités de chronique rurale (Pergaud a été instituteur dans le Doubs) et la langue délicieusement fleurie permise par un récit mené du point de vue des enfants. Mais vu l'époque, cette histoire de rivalité éternelle entre les gamins de deux villages empêtrés dans l'esprit de revanche fait résonner, l'air de rien, le climat franco-allemand de 1870 à 1914...

L'homme qui voulait changer le monde

À l'approche de la Grande Guerre, le futur prix Nobel de littérature 1946 est déjà bien établi dans la littérature allemande, mais il est encore bien loin des romans des années vingt et trente ("Siddartha, Le Loup des steppes, Narcisse et Goldmund"...) qui lui apporteront la consécration. "L'homme qui voulait changer le monde", marque cependant un tournant dans sa carrière : le parcours solitaire d'un jeune homme s'échappant peu à peu du monde moderne correspond à la vie de l'auteur, qui s'est alors retiré à la campagne, et brasse tous les thèmes de son œuvre future. Hesse était hostile à la guerre, mais le tumulte qui s'annonce est ici absent, au profit de la quête spirituelle et personnelle.

L'Irrégulière, l'itinéraire de Coco Chanel

Ses pièces les plus célèbres – tailleur de tweed et sac à main matelassé – datent de la réouverture de sa maison en 1954. Mais Gabrielle « Coco » Chanel a alors 71 ans, et une riche histoire derrière elle : dès 1910, le Tout-Paris se presse dans sa première boutique de la rue Cambon, à la Concorde ; son mythique N°5, premier parfum lancé par un créateur de mode, date de 1921 ; surtout, pendant la guerre, le tissu manquant, elle en profite pour créer des robes simples et fluides, à partir de tricots de corps militaires, qui libèrent la silhouette féminine. Les Années folles et ses « garçonnes » aux cheveux courts s'annoncent. C'est tout le mérite de l'auteure, présidente de l'Académie Goncourt, que d'avoir retracé ces premières années, jusque-là mal connues.

Une modernité en marche

Être moderne c’est être légèrement en avance sur son temps. C’est prendre un pari sur l’avenir. C’est ce qui caractérise les grands créateurs qui défrichent un nouveau chemin et modifient le regard qu’on porte sur le monde qui nous entoure, voire la façon dont on va y prendre part. C’est ce que feront dans leur domaine respectif Chaplin au cinéma, Chanel dans la mode, Cocteau dans les lettres et Stravinsky dans la musique. Comme le feront aussi Picasso, Braque, Ravel...

Le Cap de Bonne-Espérance

Déjà connu des milieux littéraires avant-guerre, le futur auteur des "Parents terribles" a 25 ans en 1914. Réformé lors de son service, engagé malgré tout comme ambulancier, il est vite démobilisé pour raisons de santé. Mais il en a vu assez pour que cela radicalise son œuvre. Pendant le conflit, il fricote avec toutes les avant-gardes parisiennes. Et aussitôt après, il publie ce long texte, dans lequel il utilise aussi bien la versification contraignante de la poésie classique que des formes plus libres, sans rien s'imposer. Cocteau sort de la hantise de la guerre par l'audace créative, et en ayant trouvé sa voie.

L'Irrégulière, l'itinéraire de Coco Chanel

Ses pièces les plus célèbres – tailleur de tweed et sac à main matelassé – datent de la réouverture de sa maison en 1954. Mais Gabrielle « Coco » Chanel a alors 71 ans, et une riche histoire derrière elle : dès 1910, le Tout-Paris se presse dans sa première boutique de la rue Cambon, à la Concorde ; son mythique N°5, premier parfum lancé par un créateur de mode, date de 1921 ; surtout, pendant la guerre, le tissu manquant, elle en profite pour créer des robes simples et fluides, à partir de tricots de corps militaires, qui libèrent la silhouette féminine. Les Années folles et ses « garçonnes » aux cheveux courts s'annoncent. C'est tout le mérite de l'auteure, présidente de l'Académie Goncourt, que d'avoir retracé ces premières années, jusque-là mal connues.

Le Sacre du printemps

Pour l’inauguration du Théâtre des Champs-Élysées en 1913 (premier théâtre construit en béton armé qui permet d’éviter les poteaux dans la salle), Gabriel Astruc, le directeur du théâtre, invite Igor Stravinsky. Il présentera "Le Sacre du printemps", avec les Ballets russes de Serge Diaghilev sur une chorégraphie de Nijinski. Cette œuvre d’une grande modernité qui fait la part belle à une musique et des danses syncopées, brutales, primitives inspirées du folklore païen russe, sera conspuée par le public. Il n’empêche, l’année suivante Stravinsky sera acclamé par ses admirateurs et "Le Sacre du printemps" est aujourd’hui considéré comme une œuvre capitale du XXème siècle.

Concerto pour la main gauche

Maurice Ravel composa ce concerto pour violon et orchestre en 1929, commandé par le pianiste virtuose Paul Wittgenstein, qui perdit son bras au cours de la Première Guerre mondiale sur le front russe. C’est une œuvre d’une grande complexité technique puisque seule la main gauche parcourt le clavier d’un bord à l’autre. Avec ce concerto Ravel composa une œuvre violente et sombre dont on peut trouver les racines dans sa propre expérience de la guerre dont il reviendra blessé.

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