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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Gay savoir !

6 thèmes | 18 oeuvres
Sur fond de mariage pour tous, d’adoption et de PMA, la « Marche des fiertés » des lesbiennes, gays, bi et trans a encore cette année une connotation politique. Mais, comme lors des éditions précédentes, elle prend surtout les allures d’une célébration un peu partout en France, le calendrier des Marches se concluant par l’EuroPride à Marseille, cette année capitale européenne de la culture. Dans le domaine culturel justement, la thématique de l’homosexualité colore l’œuvre de nombreux artistes, depuis l’Antiquité en littérature, jusqu’aux années soixante au cinéma et à la décennie suivante dans la musique... Évocation de quelques œuvres qui ont marqué l’histoire de la communauté gay.

Gaysploitation

La liste des cinéastes qui se sont penchés sur le thème de l’homosexualité est longue, mais malgré quelques exceptions (Bresson, Genet...), la thématique ne s’est imposée au cinéma que tardivement – à partir des années soixante. Mankiewicz, Visconti, Fellini, Pasolini, Fassbinder, Morrissey, Losey, Oshima, Frears, Almodóvar, Wong Kar-Wai, Jarman, Ang Lee, Téchiné, Ozon, Honoré, Collard, Dolan, Todd Haynes pour ne citer qu’eux… Entre érotisme et militantisme, néoromantisme, réalisme et surinterprétation, l’homosexualité a fait son chemin au cinéma en embrassant à peu près tous les genres : tragédies, drames et comédies, films érotiques et même cinéma fantastique.

Sebastiane

En l'an 303 avant J.-C., l'empereur Dioclétien persécute les chrétiens. Le jour de la fête du Soleil, Sebastiane prend la défense d'un jeune page accusé d'homosexualité. Le soldat est alors déchu et envoyé en plein désert où il devient l’objet du désir d’un centurion cruel... En 1976, Derek Jarman est celui par qui le scandale arrive avec son film "Sebastiane" et sa vision homo-érotique de la vie et du martyre de saint Sébastien. Le film, dialogué en latin, exalte la beauté du corps masculin sur fond de rapports de force entre foi et désir jusqu’au supplice de la sagittation du saint sur sa croix. À chaque flèche lancée par les archers, Sébastien crie : « Encore ! »

Even Cowgirls Get the Blues

Sissy (Uma Thurman) souffre d'une malformation des pouces et va profiter de ce handicap pour se consacrer à sa passion... l'auto-stop ! Chemin faisant, elle devient mannequin et débarque dans un ranch de remise en forme pour tourner une pub. Elle y tombe amoureuse d'une cowgirl rebelle qui ne se lave pas, vit à cheval et souhaite prendre possession des lieux avec sa bande. Tourné deux ans après "My Own Private Idaho", "Even Cowgirls Get the Blues" (1994) est une comédie psychédélique drôle et décalée, aujourd’hui devenu un film culte du cinéma gay et lesbien.

Les Amants passagers

Pedro Almodóvar revient à ses premières amours – la comédie, le burlesque – et nous entraîne dans le huis-clos d’un avion qu’un problème technique empêche de se poser. Que faire quand la dernière heure semble arriver ? Les passagers classe affaire du vol Madrid-Mexico ont choisi de faire feu de tout bois et de s’adonner à une orgie tous azimuts – accouplements hétéros, bi, homos – tandis que l’équipage leur prépare des cocktails de champagne, de vodka et de mescaline avant de se lancer dans une chorégraphie sur le « I’m So Excited » des Pointer Sisters. Une parenthèse réjouissante et très "gay friendly" dans la carrière du réalisateur.

Icônes et créatures

La communauté LGBT a ses propres icônes, choisies pour leur liberté, leur courage, leur créativité, leur sens du glamour et bien sûr aussi, souvent, pour leur beauté. Parmi eux, saint Sébastien, martyr romain du ive siècle et, plus tard, Marlène Dietrich, Judy Garland, Joan Crawford, Harvey Milk, Divine, Klaus Nomi, etc. À partir de la fin des années soixante-dix, l’explosion du "nightclubbing" et l’avènement de la disco enfantent ensemble de nouvelles créatures : Donna Summer, Sylvester, Grace Jones, Village People, Amanda Lear...

Sebastiane

En l'an 303 avant J.-C., l'empereur Dioclétien persécute les chrétiens. Le jour de la fête du Soleil, Sebastiane prend la défense d'un jeune page accusé d'homosexualité. Le soldat est alors déchu et envoyé en plein désert où il devient l’objet du désir d’un centurion cruel... En 1976, Derek Jarman est celui par qui le scandale arrive avec son film "Sebastiane" et sa vision homo-érotique de la vie et du martyre de saint Sébastien. Le film, dialogué en latin, exalte la beauté du corps masculin sur fond de rapports de force entre foi et désir jusqu’au supplice de la sagittation du saint sur sa croix. À chaque flèche lancée par les archers, Sébastien crie : « Encore ! »

Diamant brut

Beth Ditto n’a pas tardé à imposer son groupe Gossip et son personnage XXL dans le paysage médiatique dont elle a au passage révolutionné les codes : elle pose nue pour les magazines de mode, défile pour Jean-Paul Gaultier, monte sur scène en sous-vêtements, etc. Mais avant d’être une icône de la mode, Beth Ditto est une fabuleuse chanteuse qui donne au punk rock de son groupe des inflexions soul. C’est aussi une militante du droit à la différence (physique, sexuelle) qui refuse d’avoir à se justifier sur ce qu’elle est, mais se livre volontiers dans son émouvante autobiographie parue en 2012.

Bob l’éponge

Quel rapport entre Bob l’éponge et la communauté gay ? Aucun à première vue, sauf pour la commission nationale ukrainienne chargée de la protection de la moralité publique qui envisageait récemment d’interdire le film – les relations troubles entre Bob et Patrick, son ami l’étoile de mer, représentant d’après une étude « scientifique » une menace pour les enfants du pays. Le célèbre personnage jaune n’est pas le seul a être visé : les Simpsons et les Télétubbies sont également soupçonnés d’œuvrer à « la destruction de la famille »... Sans rire !

Le langage du corps

De Platon à Sappho en passant par Ovide, Homère, Virgile, et même… la Bible, l’homosexualité est présente dans les textes depuis l’Antiquité. Plus tard, à la Renaissance, des maîtres comme Michel-Ange et Léonard de Vinci exaltent – dans leurs peintures mais aussi dans leur carnets et poèmes – le langage du corps. Puis les œuvres littéraires se multiplient : elles sont notamment signées Villon, Shakespeare, Rimbaud, Verlaine, Melville, Wilde, Lorca, de Beauvoir, Bory, Burroughs, Ginsberg, Mishima, Genet, Gide, Yourcenar, Green, Cocteau, Tournier, Guibert, Dustan... Des auteurs qui ont fait de leur différence la matière de leur écriture, entre confession et revendication, subversion et autofiction, singularité et universalité.

Sonnets & madrigaux

« Mon désir ne réside qu'en votre vouloir, mes pensées ne se forgent que dans votre cœur, mes paroles ne naissent que de votre souffle. » Amoureux fou de Tommaso dei Cavalieri, jeune noble romain, Michel-Ange écrit pour lui plus de 300 sonnets et madrigaux passionnés qui ne seront publiés qu’après sa mort. Et encore, ils seront entre-temps réécrits pour paraître s’adresser à une femme, la poétesse Vittoria Colonna, que l’artiste aima aussi mais qui n’était pas la destinatrice de ces sonnets enflammés. Après avoir lu les poèmes du maître, on ne regardera plus jamais les corps masculins des "Ignudi" de la chapelle Sixtine de la même façon !

Le Portrait de Dorian Gray

Ce fut l’unique roman du sulfureux Oscar Wilde, dont la presse écrivait à l’époque qu’il s’agissait « d’un conte né de la littérature lépreuse des décadents français, un livre toxique dont l’atmosphère est pleine des odeurs méphitiques de la putréfaction morale et spirituelle ». Un livre qui eut fait davantage scandale encore si la version éditée n’avait subi les coupes des censeurs. Ainsi, dans la version jusqu’alors imprimée, une remarque purement spirituelle de Basil à Dorian – « Vous avez sur moi une singulière influence » – s’avère être, dans le texte originel, nettement plus homo explicite : « Il est vrai que je vous ai adoré avec beaucoup plus de romantisme que ce qui devrait se faire entre amis. D’une certaine façon, je n’ai jamais aimé une femme. »

Confession d’un masque

Le langage du corps et le culte de la beauté sont omniprésents dans l’œuvre de Yukio Mishima qui s’astreint lui-même à des exercices physiques permanents pour transformer son apparence chétive et se sculpter une musculature généreuse. L’écrivain fréquente les bars homosexuels, collectionne les amants et l’homosexualité est au cœur de son œuvre. C’est le cas dans "Confession d’un masque" où l’auteur découvre son homosexualité et se livre à une réflexion sur la morale et le désir, le vice, la beauté et la quête d'absolu.

Thérèse et Isabelle

Ce récit autobiographique censuré dans les années 1950 par Gaston Gallimard n’a été publié dans son intégralité qu’en 2000. Il décrit une passion charnelle entre deux collégiennes dans une langue « aussi crue que du Genet », estimait Simone de Beauvoir. Reconnue par Jean Genet justement « comme une sœur en écriture », Violette Leduc évoque les amours saphiques dans une langue fiévreuse et suggestive : « Je creusais dans son cou avec mes dents, j'aspirais la nuit sous le col de sa robe : les racines d'un arbre frissonnèrent. Je la serre, j'étouffe l'arbre, je la serre, j'étouffe les voix, je la serre, je supprime la lumière. »

Oiseaux de nuit

À la fin des années soixante-dix, le "nightclubbing" explose dans toutes les métropoles du monde. Les gays s’approprient les lieux et en font des temples de la nuit ouverts aux nantis et aux fauchés, aux homos et aux hétéros, aux créatures et aux artistes – une faune hétéroclite et flamboyante qui réenchante la nuit de l’époque, notamment grâce à la disco, qui électrise les "dancefloors" et préfigure l’explosion de la dance music des trente années à venir...

Œuvres 1

Après avoir raconté « un an en cent cinquante pages » dans son premier roman, "Dans ma chambre", Guillaume Dustan décide de narrer « sept heures en cent pages » dans "Je sors ce soir". Une immersion dans un lieu longtemps emblématique de la nuit gay, le Palace : un univers ultra-codifié, où les BPM prennent le relais de la parole, où les boissons et les drogues sont omniprésentes et où le club devient le centre du monde, au plus près du corps du narrateur.

Studio 54

Ouvert en 1977, le Studio 54 était le temple hédoniste de la scène new-yorkaise : on y croisait toutes les stars et les "beautiful people" de la ville aimantés par un fascinant mélange de drogue, de sexe débridé et de disco. Né dans l’underground gay, cette musique hautement érogène électrisait l’époque en concassant funk, soul, pop à grand renfort de tempo rapide et de synthés, pianos et autres rivières de cordes. La fantastique B.O. en deux volumes du film de Mark Christopher consacré au légendaire club de Manhattan rend justice à un courant musical d’une incroyable créativité qui enfanta notamment la house et l’électro...

Queer

« Étrange », « louche», « tordu »… Le terme « "queer" » était à l’origine utilisé de façon péjorative pour désigner des individus gays, lesbiennes, transsexuels... Par provocation, il fut récupéré à partir des années quatre-vingts par des militants et intellectuels gays, bisexuels, transsexuels, travestis, qui revendiquent leur « anormalité » et cherchent à redéfinir les questions de genres.

Diamant brut

Beth Ditto n’a pas tardé à imposer son groupe Gossip et son personnage XXL dans le paysage médiatique dont elle a au passage révolutionné les codes : elle pose nue pour les magazines de mode, défile pour Jean-Paul Gaultier, monte sur scène en sous-vêtements, etc. Mais avant d’être une icône de la mode, Beth Ditto est une fabuleuse chanteuse qui donne au punk rock de son groupe des inflexions soul. C’est aussi une militante du droit à la différence (physique, sexuelle) qui refuse d’avoir à se justifier sur ce qu’elle est, mais se livre volontiers dans son émouvante autobiographie parue en 2012.

Wavvy

Dans un milieu hip hop qui revendique crânement son homophobie, une nouvelle vague de jeunes rappeurs affirment une identité sexuelle différente. Alors que Frank Ocean affirmait récemment sa bisexualité et que des rappeurs comme Snoop Dogg, Kanye West et Jay-Z prônaient davantage de tolérance sur la question, des jeunes inconnus comme Le1f, Zebra Katz et Mikky Blanco sont eux aussi sortis du bois, incarnant une possible révolution sexuelle du rap. Le hip hop queer est né à New York et Mykki Blanco qui se surnomme lui-même « la Princesse illuminati » en est le plus impressionnant représentant, entre culture camp, théâtre et défilé de mode... Le hip hop est entré dans sa phase glam.

Life in a Gay Rock Band

Groupe de punk rock fondé à San Francisco en 1991, Pansy Division est à l'origine du genre queercore. Le nom du groupe est un jeu de mots entre le terme allemand « "panzerdivision" » et le mot anglais « "pansy" », qui désigne en argot un homme homosexuel efféminé. La plupart des textes des chansons de Pansy Division sont consacrés aux différents aspects de la vie gay parfois de façon plutôt... explicite comme on dit. En 2008, le groupe a été l’objet d’un documentaire : "Life in a Gay Rock Band", une immersion intime, tour à tour grave et drôle, dans la vie de ce groupe pionnier.

San Francisco

Avec près de cent mille homosexuels, soit quasiment un habitant sur sept, San Francisco n’a pas volé son surnom de « patrie des homos ». Un héritage que la ville doit bien sûr à la contre-culture des sixties mais qui n’alla pas sans drame : on se souvient que le politicien et militant homosexuel Harvey Milk fut assassiné le 27 novembre 1978 et que le sida toucha durement la communauté homosexuelle de la ville. Mais San Francisco perpétue sa tradition de tolérance. Du 12 février au 11 mars 2004, environ quatre mille couples homosexuels ont été mariés à San Francisco par le maire Gavin Newsom (une décision qui sera finalement annulée par la Cour suprême de Californie) et plus récemment, en 2011, la ville a ouvert un musée de l’histoire gay...

Times of Harvey Milk

Premier politicien gay élu à des fonctions publiques aux États-Unis, Harvey Milk fut aussi un militant historique de la cause homosexuelle, mais son combat lui coûta la vie le 27 novembre 1978 lorsqu’il fut abattu avec le maire de San Francisco par un de leurs anciens collègues. Celui qui souhaitait faire sortir la communauté gay du « placard » et faire voler en éclats le conformisme de la société américaine, sur la question des droits civiques notamment, ne résolut bien sûr pas tout, mais contribua à faire évoluer les mentalités. En 1985, Rob Epstein consacrait à Milk ce fascinant documentaire récompensé d’un Oscar la même année.

Chroniques de San Francisco

À l’origine publiées quotidiennement dans la presse locale sous forme de feuilleton, "Les Chroniques de San Francisco" représentent aujourd’hui une saga littéraire à part entière, qui s’apparente à une sitcom ancrée dans le San Francisco des années soixante-dix et quatre-vingts. Une sorte de « comédie humaine » façon "West Coast" réunissant toutes les catégories de la société américaine (les mondes de la télé, de la pub, les vernissages et autres soirées mondaines, etc.) dont une effervescente communauté gay évoluant à une époque qui ressemblait, sans jeu de mots, à quelque chose comme les Années folles.

Life in a Gay Rock Band

Groupe de punk rock fondé à San Francisco en 1991, Pansy Division est à l'origine du genre queercore. Le nom du groupe est un jeu de mots entre le terme allemand « "panzerdivision" » et le mot anglais « "pansy" », qui désigne en argot un homme homosexuel efféminé. La plupart des textes des chansons de Pansy Division sont consacrés aux différents aspects de la vie gay parfois de façon plutôt... explicite comme on dit. En 2008, le groupe a été l’objet d’un documentaire : "Life in a Gay Rock Band", une immersion intime, tour à tour grave et drôle, dans la vie de ce groupe pionnier.

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