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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Le polar selon James Sallis

6 thèmes | 20 oeuvres
Spécialiste de Queneau et de Pouchkine, biographe de Chester Himes, musicien de folk music, James Sallis est avant tout aujourd’hui un des plus passionnants auteurs américains du moment. Et ses livres sont à son image : complexes, subtils et définitivement inclassables. À l’occasion de la sortie récente de "Le tueur se meurt" – sans aucun doute un des grands polars de l’année – balade dans l’univers d’un orfèvre du roman noir.

De New Orleans à Phoenix

Né dans l’Arkansas, James Sallis a passé beaucoup de temps à la Nouvelle-Orléans, même s’il refuse obstinément d’y remettre les pieds depuis les ravages de l’ouragan Katrina. C’est au cœur de Crescent City que se situe d’ailleurs une part non négligeable de son œuvre romanesque, à commencer par les volumes du cycle Lew Griffin. Phoenix, monstrueuse mégapole (et quatrième ville des États-Unis) s’étalant en plein désert d’Arizona, sous un soleil de plomb, est une nouvelle étape, et le théâtre très présent de ses derniers romans noirs.

Le Faucheux

En 1992, James Sallis s’attaque avec "Le Faucheux" à un cycle de polars dont Lew Griffin – privé noir solitaire et un temps alcoolique, enquêtant dans les rues sales de New Orleans – est le héros. Divisé en quatre partie, ce livre sombre, où l’ombre de Chester Himes plane souvent, présente quatre facettes du personnage à quatre moments clé de sa vie et constitue une introduction assez incontournable à un pan entier de l’œuvre de Sallis.

Treme

Trois mois après l’ouragan Katrina, la Nouvelle-Orléans est ravagée, laminée, et une partie de la population a été déplacée. Face à ce désastre, des habitants d’un des quartiers les plus vieux de la ville, musiciens, cuisiniers, professeurs, Indiens de Mardi gras, tentent de reconstruire non seulement leur maison, mais surtout leur culture, leur vie. Un hymne à Crescent City à travers une galerie de personnages animés d’une profonde foi en leurs racines, et une série télé exceptionnelle, où l’on pourrait à tout moment croiser la silhouette de Lew Griffin.

Cajun Album

James Sallis connaît bien le Pays cajun et ses airs traditionnels, égrenant sur fond de violon et d’accordéon de vieilles chansons en français gorgées de nostalgie. Marc Savoy (luthier à Eunice, un village du côté de Lafayette) et son épouse Ann (auteur d’ouvrages de référence sur la culture cajun) font partie des « institutions » de cette enclave culturelle et s’affirment depuis des années comme les porte-parole d’une musique rurale unique en son genre, démarquée de la country américaine et du folk, dont le mot d’ordre est : « Laisse bon temps rouler. »

L’Épreuve de force

L’ami Clint doit ramener une prostituée (incarnée par Sondra Locke) de Las Vegas à Phoenix, afin qu’elle témoigne contre un parrain de la mafia. Mais évidemment, les truands ne l’entendent pas de cette oreille... Un prétexte en or pour un "road movie" très mouvementé, couronné par un final aux petits oignons : le flic intègre et son précieux témoin traversent le centre de Phoenix sous le tir nourri de centaines de policiers (plus de 8000 balles seront tirées pour cette séquence !). Une occasion en plomb de visiter la ville.

Old Time Music

Quand il n’écrit pas, James Sallis joue de la guitare, du banjo ou du fiddle avec deux vieux complices. Disques autoproduits, tournées dans les festivals et les bars du coin, son groupe Three-Legged Dog tricote un mélange de folk blues et de musique traditionnelle américaine, des vieux airs de l’Arkansas aux rengaines entêtantes du Pays cajun. "Roots" !

Treme

Trois mois après l’ouragan Katrina, la Nouvelle-Orléans est ravagée, laminée, et une partie de la population a été déplacée. Face à ce désastre, des habitants d’un des quartiers les plus vieux de la ville, musiciens, cuisiniers, professeurs, Indiens de Mardi gras, tentent de reconstruire non seulement leur maison, mais surtout leur culture, leur vie. Un hymne à Crescent City à travers une galerie de personnages animés d’une profonde foi en leurs racines, et une série télé exceptionnelle, où l’on pourrait à tout moment croiser la silhouette de Lew Griffin.

Texas Campfire Tapes

Avec ses faux airs de garçon manqué, Michelle Shocked débarque en 1986 en Europe avec un album « brut de décoffrage », enregistré sur un matériel de fortune : "The Texas Campfire Tapes" révèle alors une jeune chanteuse texane un brin rebelle, ranimant la flamme de vieilles "protest songs". "Short Sharp Shocked" deux ans plus tard (avec le tube « Anchorage »), et "Arkansas Traveller" en 1992, l’imposeront comme un grande voix du folk. Comme une artiste inspirée dont James Sallis et ses compères de Three-Legged Dog n’hésitent pas à reprendre les compositions, sur scène comme sur disque.

Cajun Album

James Sallis connaît bien le Pays cajun et ses airs traditionnels, égrenant sur fond de violon et d’accordéon de vieilles chansons en français gorgées de nostalgie. Marc Savoy (luthier à Eunice, un village du côté de Lafayette) et son épouse Ann (auteur d’ouvrages de référence sur la culture cajun) font partie des « institutions » de cette enclave culturelle et s’affirment depuis des années comme les porte-parole d’une musique rurale unique en son genre, démarquée de la country américaine et du folk, dont le mot d’ordre est : « Laisse bon temps rouler. »

Quand les tueurs à gages tuent le temps

Le polar a toujours soigné les tueurs à gages, professionnels du crime, syndiqués ou pas. Il faut dire que leurs exploits (et surtout leurs états d’âme) semblent illimités. D‘Alain Delon en froid "Samouraï" au routinier Keller, tueur philatéliste de Lawrence Block, le cinéma et la littérature policière en ont fait un incontournable héros. Salarié de la mafia, "free lance" prospère du gros calibre ou vieux loup fatigué par un 357 Magnum devenu trop lourd à porter, le flingueur attend une retraite qui n’arrive jamais.

Le tueur se meurt

Dans la chaleur malsaine de Phoenix, Arizona, trois personnages – un tueur à gage glissant vers la mort, un flic fatigué, dont la femme gravement malade a préféré disparaître, et un enfant abandonné par ses parents dans la maison familiale – se débattent avec leur solitude, reliés entre eux par des liens invisibles. Avec ce thriller aux allures d’ovni littéraire, James Sallis signe une bouleversante réflexion sur le désespoir et la mort dans un milieu urbain hostile.

La Mémoire du tueur

Il n’y a pas que le tueur à gage du roman de James Sallis qui se meurt. Celui de ce film très noir d’Erik Van Looy (2004) sait que ses jours sont comptés et que le contrat pourri qu’il est censé honorer sera le dernier. Victime de la maladie d’Alzheimer, le vieux pro, manipulé dans une sordide affaire de pédophilie, va alors retourner la situation en donnant à la police de précieux indices, à la recherche d’une improbable rédemption. Le blues profond du tueur solitaire, au crépuscule de sa vie, dans la nuit froide et mouillée d’Anvers.

Il faut tuer Lewis Winter

Dans l’ombre, le tueur à gages prépare calmement son boulot. Minutieusement, il étudie les lieux et observe sa proie. Le travail doit être irréprochable et ne laisser aucun indice. Les ennuis viendront plus tard, si cet assassinat déclenche une guerre des gangs, par exemple... Le ton est sec, clinique, sans états d’âme. Tout au long de ce premier volet d’une trilogie policière barbotant dans la nuit de Glasgow, Malcom Mackay ne s’embarrasse d’aucun effet de manche pour faire l’autopsie d’un meurtre et de ses conséquences sur le Milieu local, ni pour décrire le travail tout juste un peu spécial d’un pro de la liquidation.

Références

Traducteur de nombreux auteurs français, russes ou espagnols (et non des moindres : Cendrars, Queneau, Ponge, Pleynet, Neruda, Pasternak, Pouchkine ...), connaisseur de l’œuvre de Jean-Patrick Manchette, James Sallis est également l’auteur d’une imposante biographie de Chester Himes ("Chester Himes : une vie", Rivages/Écrits noirs), considérée comme une référence en la matière. Ces lectures (entre autres !) abreuvent largement ses romans noirs.

Le tueur se meurt

Dans la chaleur malsaine de Phoenix, Arizona, trois personnages – un tueur à gage glissant vers la mort, un flic fatigué, dont la femme gravement malade a préféré disparaître, et un enfant abandonné par ses parents dans la maison familiale – se débattent avec leur solitude, reliés entre eux par des liens invisibles. Avec ce thriller aux allures d’ovni littéraire, James Sallis signe une bouleversante réflexion sur le désespoir et la mort dans un milieu urbain hostile.

Cercueil et Fossoyeur : le cycle d’Harlem

« Ces dernières années, Chester Himes, qui était tombé dans l’oubli aux États-Unis, a commencé à réapparaître, tel un corps lesté de pierres qui refait surface ; ses yeux sont toujours tournés vers ses compatriotes, comme pour leur signifier, à propos des ghettos urbains, des tensions raciales et de la violence en Amérique, “Je vous l’avais bien dit”. » (James Sallis.) Un écrivain solitaire et maudit, écorché vif exilé loin de chez lui, qu’il est urgent de régulièrement redécouvrir.

La Position du tueur couché

Certains livres échappent aux règles pour magistralement imposer leur singularité. Ce court roman de Jean-Patrick Manchette (le dernier publié de son vivant, sorti en 1981) résonne aujourd’hui comme le testament d’un « néo-polar » qui allait secouer durablement le genre. Martin Terrier, jeune tueur à gage rêvant de raccrocher (et héros de ce « classique »), pourrait être un lointain écho, en version junior, du tueur à bout de souffle de James Sallis, spolié de son dernier contrat par un inconnu.

Solitudes

Flics ou détectives dévastés par la lourdeur et la dureté de leur tâche, condamnés à une vie privée hantée de fantômes, victimes assommées par le poids de l’injustice et de la douleur, tueurs professionnels maniaques, forcément voués au secret et à la clandestinité, assassins à la recherche d’une impossible rédemption, le polar déroule souvent un long cortège de solitudes.

Le tueur se meurt

Dans la chaleur malsaine de Phoenix, Arizona, trois personnages – un tueur à gage glissant vers la mort, un flic fatigué, dont la femme gravement malade a préféré disparaître, et un enfant abandonné par ses parents dans la maison familiale – se débattent avec leur solitude, reliés entre eux par des liens invisibles. Avec ce thriller aux allures d’ovni littéraire, James Sallis signe une bouleversante réflexion sur le désespoir et la mort dans un milieu urbain hostile.

Drive

Mécanicien et cascadeur le jour, « "driver" » pour des criminels la nuit, un jeune homme solitaire et taciturne (incarné par Ryan Gosling) tombe amoureux de sa voisine pour vite se retrouver au cœur d’un impitoyable affrontement mafieux. En 2011, Nicolas Winding Refn ("Pusher", "Bronson", "Only God Forgives") adapte avec fidélité un roman de James Sallis et projette soudain – grâce à un film spectaculaire (les poursuites en voitures, ou la scène dite « de l’ascenseur », appelée à devenir une séquence quasiment culte du septième art) – l’écrivain américain sur le devant de la scène.

  Dvd Fiction
Drive
Auteur: Winding Refn, Nicolas (1970-....)
Edition: Wild side video

Ce que porte la nuit

Voilà un an que Lucy est morte. Un an que son mari David et leur petit garçon tentent désespérément de combler le vide béant de leur vie. L’enfant, réfugié dans un inquiétant mutisme, est le souffre-douleur de sa classe. Son père, nettoyeur de scènes de crime la nuit, ne parvient pas à effacer ses doutes sur les circonstances de la disparition de sa femme, ravivant sans cesse une blessure béante... Le sujet est âpre. Difficile. Douloureux. Le jeune écrivain américain Scott O’Connor l’embrasse avec une grande humanité et une profonde pudeur, avec cette bouleversante évocation de la douleur et de l’absence.

  Livre Fiction
Ce que porte la nuit
Auteur: O'Connor, Scott
Edition: Belfond
Collection: Littérature étrangère

Vérité

On savait déjà grâce au roman noir que les flics avaient pour la plupart une vie de chien. Le héros de ce thriller nous en donne une nouvelle et édifiante illustration. Ce terrible livre, signé d’un des plus grands auteurs australiens contemporains, est avant tout l’histoire d’un homme seul. D’un mari et d’un père titubant dans les décombres d’une vie familiale ruinée. D’un policier épuisé, miné par des intrigues politiques complexes et obscures, se débattant contre la corruption et le crime dans une ville classée parmi les plus violentes du monde, Sydney. D’un homme errant dans un monde dévasté et brutal, en quête de vérité.

Un zest de fantastique

Ces dernières années ont été marquées part un éclatement des genres romanesques. Conséquence de cette tendance, le polar a laissé entrer une part de fantastique dans son univers noir et violent. Le résultat n’est pas toujours très heureux. Et il faut toute l’habileté d’un écrivain comme John Connolly, par exemple, pour réussir cette curieuse mayonnaise. Mais le cocktail peut s’avérer parfois très subtil, comme dans "Le tueur se meurt", où le surnaturel se concerte sur quelques fils invisibles réunissant les trois personnages principaux.

Le tueur se meurt

Dans la chaleur malsaine de Phoenix, Arizona, trois personnages – un tueur à gage glissant vers la mort, un flic fatigué, dont la femme gravement malade a préféré disparaître, et un enfant abandonné par ses parents dans la maison familiale – se débattent avec leur solitude, reliés entre eux par des liens invisibles. Avec ce thriller aux allures d’ovni littéraire, James Sallis signe une bouleversante réflexion sur le désespoir et la mort dans un milieu urbain hostile.

Mulholland Drive

Une mystérieuse jeune femme victime d’un accident de voiture sur la dangereuse route de Mulholland Drive et devenue amnésique fait la connaissance d’une comédienne en herbe, fraîchement débarquée à Hollywood... Avec ce film primé à Cannes en 2001, Lynch signe une œuvre étrange et déconcertante, un polar onirique, aux limites du genre, baignant dans une ambiance urbaine bizarre, électrique, parfois proche (mais beaucoup plus inquiétante encore) de celle du roman de James Sallis. Atmosphère, atmosphère...

La Nuit des corbeaux

Sur la planète thriller, John Connolly tient une place à part. Attiré par les univers noirs inédits, cet Irlandais prolixe n’hésite généralement pas à épicer les enquêtes de son détective privé d’une bonne dose de fantastique. Ce polar très classique autour de la disparition d’une jeune fille, « rationnel » jusqu’au coup de théâtre final, baignant parfois dans une atmosphère étrange sans jamais s’y abîmer, joue avec les limites d’un genre tenté par le surnaturel.

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