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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Angoulême à la folie

4 thèmes | 12 oeuvres
Du 26 au 29 janvier, le 44e Festival international de la BD prend ses quartiers à Angoulême. Cette démonstration de force d'un secteur dynamique (en 2015, son chiffre d'affaires a crû de 10,6% à 459 millions d'euros !) est régulièrement agité de polémiques – sur le mode d'attribution des récompenses, sur la surreprésentation de la BD «classique» et des gros éditeurs, ou encore, comme l'an dernier, sur la place des femmes au palmarès. Mais c'est surtout un paradis pour fans (dédicaces, débats, expos...) et la preuve que les «petits mickeys» sont bien devenus le 9ème Art.

À tout prix

Parallèlement au Fauve d'or qui récompense le meilleur album paru, le Festival distingue chaque année depuis 1974 un auteur pour l'ensemble de son œuvre. En 2017, dans la "short list" des nominés il y avait : un Américain au style ambitieux, un Français formé à l'école de Fluide Glacial et un Suisse qui approche des 50 ans de carrière. C’est finalement Bernard Cosey, auteur notamment de la série "Jonathan" et récemment d’un Mickey revisité "Une Mystérieuse mélodie, "qui raconte la première rencontre entre Mickey et Minnie, qui a remporté le Grand Prix.

Building Stories

Ce dessinateur américain de 49 ans s'est fait connaître dans les années 90 avec la série Jimmy Corrigan («le gamin le plus intelligent du monde»). Nostalgique des "comics" d'antan, il n'en révolutionne pas moins la narration traditionnelle de la BD avec ce roman graphique en 14 livrets, sans début, fin ou personnage principal. Sous un titre à double sens, il raconte la vie d'un immeuble de Chicago (coupes du bâtiment, saynètes intimes ou dans les parties communes...) tout en menant une réflexion sur la «construction des histoires», qu'il laisse ici au lecteur.

Le Combat ordinaire

L'histoire d'un photographe en panne d'inspiration, pour qui, à vrai dire, rien ne va plus : son couple bat de l'aile, sa dépression le handicape, ses parents vieillissent mal, la ville de son enfance est frappée par la crise... Entré à "Fluide Glacial" dès 1994, Manu Larcenet, 47 ans, s'éloigne avec cette série de l'humour potache de ses débuts, le dessin se durcissant en même temps que le propos. Le premier tome éponyme avait été élu meilleur album à Angoulême 2004. Trois autres ont suivi et l'ensemble est réuni ici.

Go West

Avant de lancer sa série phare consacrée à l'errance d'un jeune homme dans l'Himalaya ("Jonathan", seize tomes depuis 1975), Cosey a été l'assistant de Derib (à l'époque son seul compatriote dans le métier), en particulier sur cette série de 10 épisodes consacrée à la conquête de l'Ouest. On y suit une famille de new-yorkais dans leur épopée vers la Californie, en 1886. Sous une apparence de BD western traditionnelle, elle dynamite (comme, au même moment, le "Blueberry" de Jean Giraud) la plupart des clichés du genre, notamment sur le sort des Noirs et des Indiens dans cette Amérique mythique.

Aux grands hommes, la BD reconnaissante

Dans les allées d'Angoulême plane l'ombre ricanante de Marcel Gotlib. Décédé le 4 décembre 2016, l'auteur de "La" "Rubrique-à-brac" avait reçu le Grand Prix en 1991. C'est que tout en récompensant les jeunes talents et les auteurs alternatifs, le Festival n'oublie jamais de saluer les grands anciens, auteurs ou personnages. Cette année, on souffle les bougies pour Gaston Lagaffe, mais aussi Valérian, dont les aventures seront adaptées au cinéma l'an prochain par Luc Besson.

J'existe, je me suis rencontré

Avant de connaître la gloire ("Les Dingodossiers, La Rubrique-à-brac") puis de créer des journaux qui ont changé la BD française ("L'Echo des savanes, Fluide Glacial"), Marcel Gotlib (1934-2016) a été un titi parisien, fils de Juifs hongrois installés à Montmartre. Il raconte ici sa jeunesse dramatique (son père est mort en déportation et lui-même, après avoir porté l'étoile jaune, a été caché à la campagne jusqu'en 1944) mais aussi, avec beaucoup de tendresse, le Paris de l'époque, le pensionnat et les colonies de vacances gérés par la diaspora hongroise, ses premères amours... Le récit s'arrête en 1950, l'année de ses 16 ans, juste avant qu'il ne se lance dans le dessin.

Gaston au-delà de Lagaffe

Le temps du Festival, Angoulême fête les 60 ans du «héros sans emploi» par une expo sur la place de l'Hôtel de Ville. Celle du Centre Georges Pompidou est ouverte à tous, à la bibiothèque, jusqu'au printemps. On peut notamment y admirer de près des planches originales qui révèlent le génie d'André Franquin (1924-1997), dont de nombreuses citations servent de fil rouge à ce superbe catalogue. Il raconte la naissance du célèbre gaffeur, créé pour perturber les pages du magazine "Spirou", puis son évolution vers des thèmes plus «adultes» - Gaston, à la fin des années 70, devient ouvertement écologiste et antimilitariste.

Adieu, rêve américain

C'est l'autre anniversaire du Festival : Valérian et Laureline, les agents spatio-temporels du XXVIIIe siècle, ont été créés en 1967 dans "Pilote" par Jean-Claude Mézières et le scénariste Pierre Christin. La science-fiction n'était pourtant pas la tasse de thé de ces deux amis d'enfance, fous de western, mais le créneau était encombré ("Blueberry, Luky Luke"...). C'est cette passion de l'Ouest que l'on découvre dans cette correspondance de l'auteur avec son dessinateur (et quelques autres), au travers de l'évocation de leurs séjours américains des années 60.

Histoires à suivre

La BD mène à tout, il suffit d'en sortir. Art du cadrage, maîtrise d'une narration complexe, sens de la concision, les talents des auteurs leur ouvrent bien des portes du côté du cinéma, de la littérature ou de la chanson. La preuve – si quelqu'un en doutait encore ! - que les dessinateurs de «petits mickeys» sont de véritables artistes...

Le Magasin des suicides

Réalisateur de courts-métrages et de pubs, Patrice Leconte ne se fera connaître au cinéma qu'avec "Les Bronzés", en 1978. On oublie souvent qu'il a entretemps été l'un des piliers du magazine "Pilote", où Gotlib, qu'il admire, le fait entrer et où il dessine jusqu'en 1975. Comme pour faire le lien entre la BD et le cinéma, Patrice Leconte réalise en 2012 un… film d’animation adapté d’un roman de Jean Teulé, qui lui aussi fit ses premières armes dans le monde du neuvième art. BD un jour…

Bloody Mary

Romancier à succès, abonné aux listes de bestsellers depuis une dizaine d'années, Jean Teulé, 63 ans, a pourtant connu une première vie de dessinateur d'avant-garde. Après des débuts au sein de la bande de "Charlie Hebdo", il devient l'un des piliers de "L'Echo des Savanes" où ses procédés graphiques (il utilise des photos retravaillées) le placent dans la lignée du groupe de graphistes Bazooka (Olivia Clavel, Kiki et Loulou Picasso...).

Le Grand Huit

Disparu en mai 2016 à 53 ans, Hubert Mounier signait Cleet Boris comme chanteur de l'Affaire Louis' Trio, mais aussi comme dessinateur, dans le style «ligne claire» cher à Hergé et redevenu en vogue, en France, dans les années 80. En 1985 paraissait son premier album de BD deux ans avant "Chic Planète", le premier disque du groupe. Ces dernières années, il avait repris les crayons sans abandonner sa carrière de chanteur solo, entamée par cette superbe collaboration avec son ami Benjamin Biolay. Entre séparation de l'Affaire Louis' Trio et arrêt de l'alcool, le climat est sombre mais laisse place à de petits bijoux pop, dont «Nelson», écrit pour Vanessa Paradis, qui n'aurait pas dû le refuser !

Les frustrées

Clin d'œil aux "Frustrés" de Claire Brétécher, grand nom de la BD depuis les années 60 et jamais récompensée à Angoulême... L'an dernier, l'absence de dessinatrices parmi les nominés pour le Grand Prix avait suscité une vive polémique. Le Collectif des créatrices contre le sexisme avait détourné l'acronyme du Festival en «FIBD : Femmes Interdites de Bande Dessinée» et la star Riad Sattouf, par solidarité, s'était retiré de la sélection, vite imité par de nombreux auteurs masculins. Cette année, elles sont là, et bien là.

La Légèreté

Arrivée en retard à la conférence de rédaction de "Charlie Hebdo", où elle travaillait depuis dix ans, Catherine Meurisse a échappé au massacre du 7 janvier 2015. Dans cet album sélectionné pour le Fauve d'or, l'un des prix décernés à Angoulême, elle raconte comment après avoir tout perdu – ses amis, l'inspiration et même la mémoire – elle est partie en quête de sa «légèreté» envolée en s'installant à la Villa Médicis, à Rome. La chronique bouleversante d'un salut par l'art.

  Livre Fiction
La légèreté
Auteur: Meurisse, Catherine (1980-....)
Edition: Dargaud

Trois Etoiles

Avant d'écrire en 2004 son premier roman "Des Poupées et des Anges" (qu'elle portera elle-même à l'écran en 2008), Nora Hamdi avait dessiné cette BD sur un scénario de Virginie Despentes. Pour mettre en images les fulgurances de l'auteure de "Baise-moi" (ici, l'instinct de survie de trois filles dans un univers de viol, de prostitution et de pornographie), la future cinéaste adopte un trait dur, une narration graphique hachée et étouffante.

Vive les femmes !

Fondateur de "Hara Kiri" dès 1960 avec Cavanna et le professeur Choron, puis pilier du "Charlie Hebdo" des années 70, Jean-Marc Reiser (1941-1983) aimait les femmes. Dans la vie, mais surtout en dessin. Car si son trait nerveux a créé une réjouissante galerie de personnages «bêtes et méchants» ("Gros dégueulasse" en tête), il a tout au long de son œuvre mis en scène de belles femmes pétillantes, drôles et libres, souvent à rebours du climat misogyne auquel n'échappait pas l'équipe du journal.

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