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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

La nuit de la lecture

4 thèmes | 12 oeuvres
Ce samedi 14 janvier des médiathèques resteront ouvertes plus tard, des libraires ne fermeront pas leur porte, on coupera même la musique et on éteindra la télé dans certains cafés. Tout ça pour mettre la lecture en majesté. Muni de votre brosse à dents et de votre robe de chambre, vous pourrez vous installer pour bouquiner, rencontrer des auteurs, assister à des conférences et discuter du dernier livre que vous avez détesté avec votre voisin. A cette occasion, nous vous proposons une sélection de livres choisis par nos invités. Entre parenthèses, leur ouvrage le plus récent. La nuit promet d’être belle.

Au loin

Peut-être, un jour, la Nuit de la lecture sera t-elle reprise dans d’autres pays. En attendant, les autres pays sont ici avec leurs auteurs.

Quartier lointain

« J’ai découvert Taniguchi au travers de ses BD, il y a quelques années. Je les adore. Il a ouvert une voie, à la fois très japonaise et universelle, qui s’adresse à tout le monde. Il a développé quelque chose qu’on ne retrouve que chez les auteurs japonais, cette manière dont le fantastique entre dans le récit. La base du récit est réaliste et à un moment, il y a une échappée vers un univers très fantastique. Une ambiance hors du réel qu’on ne retrouve pas chez Disney ou Pixar, par exemple. En revanche, on la retrouve chez Maupassant ou Edgar Poe. Ce sont des moments de bascule magnifiques. » Cédric Klapisch

Anthologie de la poésie chinoise

Plonger dans les flots, se cacher dans les herbes, voir le soleil mourir, la montagne bouger, la mort et la vie advenir, l’absence de l’ermite dans la cabane, le départ des amis, la nudité de l’être aimé. De minuscules événements. Quatre cents ans de poésie chinoise, art populaire et souverain, mille deux cents pages de pensées mêlées aux sensations : une cruche de vin parmi les fleurs. » Céline Minard (Le Grand jeu, 2016 Rivages)

Lezama Lima

« Le Proust cubain, asthmatique et obèse, inverti et prismatique, prince de la métaphore et des ères imaginaires. Paradiso, c’est Cent ans de solitude corrigé à merveille et réécrit dans la langue des oiseaux par un dieu cubain enfermé dans sa chambre-bibliothèque. Ce livre énorme abolit les frontières entre le roman et la poésie, le traité esthétique et celui de théologie. Une écriture dense et amoureuse, difficile et limpide. Gadda l’Italien et Lima le Cubain sont les grands oubliés du panthéon littéraire français où Joyce et Musil ont pris les places les mieux établies. » Philippe Bordas (Cœur-Volant, 2016 Gallimard)

C’était demain

Sans jamais occuper les meilleures places des classements des ventes, la science-fiction - bannière derrière laquelle on regroupe de nombreux sous-genres - continue d’irriguer l’imaginaire des auteurs.

Les robots

« Difficile de sous-estimer l’importance de ces neuf nouvelles dans laquelle Asimov (un scientifique de formation) jette les fondements de la robotique. Son idée la plus géniale : astreindre les robots à trois lois fondamentales et imaginer leurs réactions en cas de conflit. Rappelons les trois lois : 1) Un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni, en restant passif, permettre qu'un être humain soit exposé au danger. 2) Un robot doit obéir aux ordres qui lui sont donnés par un être humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la première loi. 3) Un robot doit protéger son existence tant que cette protection n'entre pas en conflit avec la première ou la deuxième loi. » Antoine Bello (Ada, 2016 Gallimard)

Westworld

Westworld est le nom d’un parc d’attraction peuplé de robots corvéables à merci et censés assouvir les fantasmes des humains qui veulent se divertir. Mais petit à petit les androïdes commencent à remettre en question le pouvoir de leurs créateurs. Vous n’avez pas envie de lire ? Pas de problème, voici plus dix heures de ce qui se fait de mieux dans le monde des séries.

Poésie et monuments

Avouons-le, nombre d’ouvrages dits incontournables nous ont fait fuir. Abordés trop tôt, pour de mauvaises raisons… Histoire de contexte, souvent. Alors, comme le dit Régis Jauffret, il faut lire ces auteurs « en vous disant simplement qu’on va vous raconter une histoire. » On a toute la nuit pour cela.

Fay

« Fay, c’est à la fois un roman noir et un roman d’amour, à la fois tendre et violent… Je me perds dans mon admiration ! Je peux le prendre pour en relire vingt pages. Pour simplifier, je dirais que c’est le roman que j’aurais aimé écrire. » Hervé Le Corre (Prendre les loups pour des chiens, 2017 Rivages/Noir)

Ulysse

« J’ai été très ému par les romans de Proust, Faulkner, Dostoïevski, Gogol ou Joyce. Des auteurs qu’on dit « compliqués ». Moi, j’abordais les choses assez simplement, hors de tout parcours intellectuel. Certes, Finnegans Wake est plus difficile qu’Ulysse. On disait, sur Joyce, qu’il y avait un abîme par rapport à Balzac, mais moi je ne voyais pas les abîmes… Quand vous n’êtes pas prévenu de ce genre de choses, vous lisez ces auteurs en vous disant simplement qu’on va vous raconter une histoire. » Régis Jauffret (Cannibales, 2016 Le Seuil)

Exister

« Poète 1903-1971 (écrasé par une auto). L’auteur qui m’a le mieux fait ressentir la beauté des mots. Il les utilisait avec prudence pour parler des choses les plus simples. Les objets. Une table de cuisine. Le souffle d’une femme. La pâleur d’une gorge. Jamais de mots plus hauts que les autres, non ; juste des assemblages, comme des perles, pour faire ressentir la grâce du monde, la lenteur et le temps. Ses mots livrent et délivrent les choses. Dans mon livre Follain a une place centrale. » Grégoire Delacourt (Danser au bord de l’abîme, 2017 J.C. Lattès)

Vies de musiciens

Peut-être est-ce parce qu’ils passent de nombreuses heures dans des trains ou à attendre des avions, nos invités musiciens sont de gros lecteurs. La preuve.

Les Cahiers d'Esther

« Pour moi, c’est l’homme le plus drôle de France. Le premier album que j’ai connu de Sattouf, c’est Le Retour au collège dans lequel il retournait dans une classe de collège. Comme il dessine super bien sur le vif, il change un trait sur un visage, toute l’expression change et tu comprends dix milliards de choses. Après Les Cahiers, il y a eu L’Arabe du futur. C’est fin, c’est subtil, c’est beau, c’est émouvant. Dans Les Cahiers d’Esther, que j’ai dévoré en une soirée, tu retrouves tout ça. C’est hyper touchant et toujours hyper drôle. » Chassol

  Livre Fiction
Les cahiers d'Esther
Auteur: Sattouf, Riad (1978-....)
Edition: Allary éditions

La Rage de Vivre

« Le plus souvent, ce sont les cinéastes américains qui captent le mieux les liens entre les gangsters et le jazz. Mais « Mezz » Mezzrow l’a aussi très bien fait dans La Rage de Vivre, que j’ai relu récemment et qui est un très joli livre. Je suis un croqueur de biographies et d’autobiographies de musiciens de jazz. Je trouve, par exemple, que celle de Dizzy Gillespie est lumineuse. Ce qui m’embête quand même un peu avec le genre, c’est que l’accent est souvent mis sur les histoires de déchéance et de drogue plus que sur la vie du musicien en général ». Erik Truffaz

L’Envers et L’Endroit

« A la même époque, à l’école, on nous fait lire "L’Etranger". Et c’est un choc. J’ai le sentiment que je suis dans ma bulle, ma cité, mon rap, je me sens un peu autiste, je suis seul. Et du coup, la voix de Meursault, c’est comme ma voix intérieure. Puis, à la bibliothèque du foyer des jeunes travailleurs à côté de la cité, je tombe sur "l’Envers et l’Endroit", le premier livre de Camus. Autre choc, notamment avec la préface qu’il a écrit vingt ans plus tard, dans laquelle il explique ce qu’est un écrivain, pourquoi il est devenu écrivain lui-même et surtout à quoi il doit rester fidèle. J’ai l’impression que c’est un grand de ma cité qui me parle. Il a les mêmes références que moi, il parle des petites gens, des pauvres, mal ou pas éduqués, et il dit que son travail, c’est de rester fidèle à ces gens-là. » Abd al Malik

Nina Simone

« Quand on a commencé à travailler sur Electrochoc, David réfléchissait déjà à un livre sur Nina Simone dont nous sommes tous les deux de grands fans. Pendant les deux années de travail sur le livre, on écoutait Nina tout le temps et à chaque fois qu’on se voyait, notre petit jeu c’était de se faire découvrir des enregistrements que l’autre ne connaissait pas. Ce livre raconte les choses comme elles se sont passées, sans pathos mais sans les enjoliver. C’est une absolue merveille. » Laurent Garnier

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