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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Culture et politique

4 thèmes | 15 oeuvres
Dans son "François Mitterrand", l'historien Michel Winock raconte le premier déjeuner du futur Président avec Michel Rocard, en 1974. Enarque, inspecteur des Finances, féru de chiffres, ce dernier confie à ses amis, à la sortie : «Quelle incompétence !» Mitterrand, lui, dit à son entourage : «Quelle inculture...» Tout est dit : «Tonton» a toujours préféré la littérature et l'histoire à l'aridité économico-administrative, s'inscrivant ainsi dans cette tradition française selon laquelle nous respectons plus, chez nos dirigeants, le savoir que le savoir-faire, les grands orateurs qu’incarne à merveille Jean Gabin dans "Le Président" d’Henri Verneuil... Consacré par la Révolution française puis par l'affaire Dreyfus, ce lien particulier entre culture et politique, entre intellectuels et gouvernants, n'est pourtant pas exempt d'effets pervers. Et ce n'est pas autant qu'on le croit une spécificité française...

L'exception française, un mythe ?

Une Révolution née des Lumières, des intellectuels engagés, la figure du souverain lettré... Il y a bien une exception française dans les rapports entre culture et politique. Mais attention au complexe de supériorité ! Pour ne citer que lui, Winston Churchill (1874-1965) n'avait rien à envier à nos Présidents si pénétrés d'histoire et de littérature, de De Gaulle à Mitterrand. Le premier livre d'un Barack Obama alors débutant, il y a vingt ans, montre une envergure (et une plume) à faire pâlir Sarkozy ou Hollande. Et dans les années 70, aux Etats-Unis comme dans le bloc soviétique, intellectuels et artistes ont pesé sur le cours des événements comme cela n'est pas arrivé depuis fort longtemps en France.

Les écrivains qui ont fait la République

«L'identité politique de la France, la seule que l'on puisse définir, réside dans sa littérature», affirme cet éditorialiste du "Figaro" et ancien chroniqueur à France Culture, en préambule de cette trilogie dont la publication reste à achever. Pour lui, depuis le Moyen-Age, l'histoire du pouvoir et celle des Lettres se ressemblent au point de se confondre – mêmes débats, mêmes hommes, d'où cette double spécificité française qui nous a donné à la fois des dirigeants lettrés et des écrivains engagés.

Les Rêves de mon père

Lorsqu'il publie cette autobiographie en 1995, le futur premier Président noir des Etats-Unis n'a pas 35 ans et n'est qu'à l'aube d'une carrière politique locale à Chicago : il sera élu sénateur de l'Illinois l'année suivante. Mais oubliez le tout-venant des livres de campagne électorale : cette «histoire d'un héritage en noir et blanc» conte, d'une belle plume, l'éducation d'un métis, fils d'un Kenyan et d'une blanche américaine, dans une société marquée par la ségrégation. De l'enfance modeste à Hawaii jusqu'à la prestigieuse Harvard en passant par un voyage initiatique au Kenya, le parcours vaut d'être relu à l'heure où Obama vit les derniers mois de son mandat : la voix et les engagements n'ont guère changé.

  Livre doc
Les rêves de mon père
Auteur: Obama, Barack (1961-....)
Edition: Presses de la Cité
Collection: Document

Les Hommes du Président

Une affaire de «plombiers» (des espions découverts en juin 1972 au Watergate, siège du Parti démocrate à Washington) devenue affaire d'Etat (la démission du Président républicain Richard Nixon, impliqué, en 1974) une fois révélée par deux journalistes du «Washington Post», Bob Woodward et Carl Bernstein, dont le livre a été adapté dans ce classique avec Robert Redford et Dustin Hoffmann. Ode au contre-pouvoir journalistique, le film reste remarquable par sa mise en scène minutieuse du travail d'enquête et de ses coulisses (pressions politiques et financières, «Deep throat» la source confidentielle du FBI qui informe mais aussi manipule les reporters...). On rêverait d'une telle reconstitution de l'affaire du Rainbow Warrior ou de l'affaire Karachi...

Egon Bondy's Happy Hearts Club

Ce groupe underground actif de 1968 à 1989 en Tchécoslovaquie, c'est-à-dire de l'écrasement du Printemps de Prague par l'URSS jusqu'à la Révolution de Velours qui libéra le pays du joug soviétique, a joué un rôle-clé dans la contestation du régime par les intellectuels, incarnée par le dramaturge et futur président Vaclav Havel. Harcelés par des autorités, les Plastic People of the Universe ont suscité de nombreuses manifestations de soutien, notamment lors d'arrestations qui ont suivi la sorti de ce disque, clin d'œil aux Beatles, en 1974. De ce mouvement naîtra la pétition «Charte 77», dans laquelle Havel et les autres dissidents demandent le respect des Droits de l'homme. Comme quoi un curieux petit groupe de rock, autant qu'un grand écrivain, peut infléchir le cours de l'histoire politique...

Mécènes et hommes de cour

Paradoxe français : nos valeurs doivent beaucoup aux artistes, mais s'ils les ont souvent imposées en bataillant contre le pouvoir, ils entretiennent avec lui une relation de dépendance. Dans notre Etat centralisé et interventionniste en matière culturelle, le poids de la commande publique (et plus largement le nombre de postes à occuper et des récompenses à recevoir) conditionne plus qu'ailleurs le travail des intellectuels. Et il n'y a qu'un pas de «l'intellectuel engagé» à «l'artiste de cour», qui par conviction ou fascination se met au service du gouvernement.

La Désobéissance de l'architecte

Comment exercer son art quand il consiste à élever des bâtiments voulus par un Etat puissant, et surveillés de près par ses chefs ? En la matière, l'architecte italien de 78 ans (toujours actif puisqu'il a conçu le futur Palais de justice de Paris, en chantier) en connaît un rayon : auteur du centre Beaubourg, voulu par Pompidou, un temps désavoué par Giscard mais finalement ouvert en janvier 1977, il signe dans ce récent livre d'entretiens un beau plaidoyer en faveur de la liberté artistique, opposant sa curiosité et sa passion aux contraintes de la commande publique.

Les écrivains qui ont fait la République

«L'identité politique de la France, la seule que l'on puisse définir, réside dans sa littérature», affirme cet éditorialiste du "Figaro" et ancien chroniqueur à France Culture, en préambule de cette trilogie dont la publication reste à achever. Pour lui, depuis le Moyen-Age, l'histoire du pouvoir et celle des Lettres se ressemblent au point de se confondre – mêmes débats, mêmes hommes, d'où cette double spécificité française qui nous a donné à la fois des dirigeants lettrés et des écrivains engagés.

Les intellectuels en France depuis l'affaire Dreyfus

L'intelligentsia n'avait pas attendu la fin du XIXe siècle pour descendre dans l'arène politique. Mais c'est l'affaire Dreyfus, de l'accusation de trahison portée contre cet officier juif en 1894 jusqu'à sa réhabilitation en 1906, qui a forgé la figure très française de «l'intellectuel engagé». Il faudra la campagne d'Emile Zola interpellant le pouvoir («J'accuse !») pour obtenir la révision du premier procès et la furia de Maurice Barrès défendant «l'honneur de l'armée» pour la faire échouer. L’affaire Dreyfus a servi de «modèle» à près d'un siècle de duels de penseurs – Brasillach contre Malraux sur le fascisme, Aron contre Sartre sur le communisme, l'engagement contre la torture en Algérie ou pour les dissidents soviétiques...

Grand amour

Comme tant d'autres jeunes intellectuels de l'époque, le futur romancier, alors chercheur-enseignant en économie, se met au service du nouveau pouvoir socialiste en 1981. Devenu conseiller culturel de François Mitterrand, il sera aussi sa «plume», l'auteur de ses discours, de 1983 à 1985. Enième exemple du goût de nos puissants pour les conseillers lettrés (à commencer par De Gaulle, qui recruta Pompidou le normalien féru de poésie et le romancier Malraux), le parcours raconté dans ce roman est cependant singulier – celui d'une proximité extrême, jusqu'à l'effacement qui consiste à donner anonymement sa voix à un Président.

Mitterrand l'artiste

Vingt ans après sa mort, le 8 janvier 1996, l'évocation des légendes mitterrandiennes bat son plein. Dont celle-ci, qu'il forgea lui-même de son vivant : celle du fin lettré, du politique qui préférait la littérature ou l'histoire à l'économie et menait une vie secrète avec Anne Pingeot, conservatrice au musée d'Orsay et spécialiste de la sculpture du XIXe siècle. Pourtant, dans les rapports de Mitterrand avec la culture, la politique n'est jamais loin : les nominations à la tête des institutions culturelles, comme les grands projets, sont des instruments du pouvoir. Et les écrivains servent avant tout à lui écrire des discours...

La Captive de Mitterrand

Dans cette enquête sur Anne Pingeot, compagne longtemps cachée de François Mitterrand, aucun détail scabreux mais le parcours d'une discrète historienne de l'art. Et, en creux, l'histoire politique d'un des plus célèbres musées parisiens, Orsay, dont la création, quoique menaçant la suprématie du Louvre, aura toujours eu le soutien du pouvoir, avec une belle continuité : initié sous le gaulliste Pompidou, poussé par le libéral Giscard, le projet d'un établissement consacré au XIXe siècle dans cette ancienne gare sera confirmé et finalement inauguré par Mitterrand le socialiste, en 1986.

  Livre doc
La captive de Mitterrand
Auteur: Le Bailly, David
Edition: Stock

Grand amour

Comme tant d'autres jeunes intellectuels de l'époque, le futur romancier, alors chercheur-enseignant en économie, se met au service du nouveau pouvoir socialiste en 1981. Devenu conseiller culturel de François Mitterrand, il sera aussi sa «plume», l'auteur de ses discours, de 1983 à 1985. Enième exemple du goût de nos puissants pour les conseillers lettrés (à commencer par De Gaulle, qui recruta Pompidou le normalien féru de poésie et le romancier Malraux), le parcours raconté dans ce roman est cependant singulier – celui d'une proximité extrême, jusqu'à l'effacement qui consiste à donner anonymement sa voix à un Président.

Le roman Mitterrand

En une dizaine d'interviews, le dernier numéro de cette revue trimestrielle conte la vie de François Mitterrand (1916-1996). Fou de livres et écrivain frustré (il confia un jour à Elie Wiesel que cela avait été sa seule ambition), spécialiste de l'intrigue dans tous les sens du terme, cet homme mystérieux semble avoir bâti sa vie comme un récit, constitué son entourage comme une galerie de personnages, usé et abusé de procédés romanesques pour gouverner. Dans l'abondante production marquant le 20ème anniversaire de sa mort, c'est l'un des ouvrages à retenir, et un bel exemple de la vitalité des revues intellectuelles qui, de «Témoignage Chrétien» aux «Temps Modernes» de Sartre, de la «Nouvelle Revue française» au «Débat», ont toujours su en France alimenter et approfondir le débat politique.

Politique-fiction

Pour un pays où écrivains et puissants se côtoient d'aussi près, la France n'a étonnamment inspiré que peu de fictions politiques crédibles et de qualité, alors que le genre prospère depuis longtemps aux Etats-Unis, au cinéma (le classique "Les Hommes du Président" a 40 ans) et désormais à la télévision (House of Cards, mais aussi la méconnue Boss). Deux séries à venir cherchent à inverser la tendance en s'ancrant dans la politique locale, "Baron Noir" (avec Kad Merad en député-maire de Dunkerque) et "Marseille" (avec Gérard Depardieu en maire de la cité phocéenne). L'objectif, dans les deux cas : explorer, au plus près, les bas-fonds du pouvoir.

Grand amour

Comme tant d'autres jeunes intellectuels de l'époque, le futur romancier, alors chercheur-enseignant en économie, se met au service du nouveau pouvoir socialiste en 1981. Devenu conseiller culturel de François Mitterrand, il sera aussi sa «plume», l'auteur de ses discours, de 1983 à 1985. Enième exemple du goût de nos puissants pour les conseillers lettrés (à commencer par De Gaulle, qui recruta Pompidou le normalien féru de poésie et le romancier Malraux), le parcours raconté dans ce roman est cependant singulier – celui d'une proximité extrême, jusqu'à l'effacement qui consiste à donner anonymement sa voix à un Président.

Baron noir

En attendant Depardieu en maire de Marseille sur un scénario de Dan Franck (en mai sur Netflix), Canal + lance le 8 février cette série centrée sur la rivalité entre Philippe Rickwaert, député-maire PS de Dunkerque (Kad Merad), et le nouveau Président Francis Laugier (Niels Arestrup), qui l'a trahi. Puisque Rickwaert doit y redémarrer sa carrière, la série est ancrée dans la politique locale et tient sa crédibilité de son créateur Eric Benzekri, un ex pilier du PS longtemps collaborateur de Julien Dray, Jean-Luc Mélenchon ou Ségolène Royal : dans les scènes de collage d'affiche ou de débats à la section locale, on sent le vécu...

Baron noir
CVS
Baron noir
Auteur: Benzekri, Eric (1973-....)
Edition: Universal Pictures Video (prod.)
Collection: Canal+, créateur original

Les Hommes du Président

Une affaire de «plombiers» (des espions découverts en juin 1972 au Watergate, siège du Parti démocrate à Washington) devenue affaire d'Etat (la démission du Président républicain Richard Nixon, impliqué, en 1974) une fois révélée par deux journalistes du «Washington Post», Bob Woodward et Carl Bernstein, dont le livre a été adapté dans ce classique avec Robert Redford et Dustin Hoffmann. Ode au contre-pouvoir journalistique, le film reste remarquable par sa mise en scène minutieuse du travail d'enquête et de ses coulisses (pressions politiques et financières, «Deep throat» la source confidentielle du FBI qui informe mais aussi manipule les reporters...). On rêverait d'une telle reconstitution de l'affaire du Rainbow Warrior ou de l'affaire Karachi...

Boss

Vous ne jurez que par "A la Maison-Blanche" ou "House of Cards" ? C'est que vous ne connaissez pas cette autre série politique américaine, moins célèbre mais jugée plusieurs coudées au-dessus par les connaisseurs, et qui résonne de surcroît avec l'histoire de la France des années Mitterrand : un homme politique mourant qui s'accroche au pouvoir (alors que les élections se préparent, le maire de Chicago apprend qu'il est atteint d'une maladie dégénérative), de l'hypocrisie (il maintient une union de façade avec sa femme), des secrets intimes (leur fille, une ex-toxico, a été mise à l'écart pour ne pas compromettre la carrière de son père)...

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