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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Road Stories

6 thèmes | 21 oeuvres
La route a longtemps été synonyme d’exodes et d’exils, avant que le « hobo » et autre « clochard céleste » ne deviennent des figures romantiques. Avec Kerouac, le fait de tailler la route a acquis cette dimension mystérieuse et fascinante, mêlant soif de liberté et quête de beauté : elle nous libère du poids de la norme. L’errance devient un défi à l’ordre social et un acte d’insoumission. La route, c’est le dernier territoire partagé, celui des marginaux, des exclus. Comme nous sommes peut-être tous des nomades contrariés, on profitera de la réédition du premier texte de Cendrars, "Mon voyage en Amérique", pour s’offrir une bonne ventrée d’asphalte. A Long Way from Home...

Du hobo au clochard céleste

Jack London avait rendu hommage au « hobo », ce déclassé célébré par Woody Guthrie, qui voyage en « brûlant le dur » - sur les essieux des trains. Kerouac, lui, a célébré le « clochard céleste », vagabond et poète. Mais le voyage n’est plus seulement un « agrément » : on est sorti du romantisme de Rimbaud, pour qui la bohème était idéale. Désormais, le routard revendique son déracinement et, lorsqu’il croise d’autres égarés, c’est l’errance, pas toujours heureuse, qui est en partage. Pour l’écrivain, la route est une page blanche qu’il faut remplir, et écrire consiste alors aussi à « trouver le passage ».

La route : Les Vagabonds du rail

Après avoir commencé à bosser dans une conserverie à treize ans, Jack London vouera une haine inextinguible au travail à l’usine auquel il préférera le dénuement et l’aventure. Comme des millions d’Américains victimes de la crise, il se jette sur la route en 1893. Il n’a alors que dix-huit ans. La mythologie de la Route, c’est quasiment London qui l’invente, en montrant qu’elle a libéré l’Amérique d’elle-même. « "Mieux vaut vivre dans la forêt sauvage et le désert, dans les cavernes et les huttes, que d’être une créature de la machine et de l’Abîme." »

Première jeunesse

Le héros de "Sur la Route" a eu une vie folle, entre un père hobo qui le trimballait partout, et une mère qui survivait grâce aux trafics d’alcool. Il est d’ailleurs né sur la route, alors que ses parents migraient vers la Californie. Sa jeunesse est déjà un roman, dans les quartiers chauds de Denver, où il apprendra à fréquenter autant les bibliothèques que les cellules de prison. Il a gardé, de ses errances avec son père entre deux camps de hobos chassés par la Grande Dépression, deux principes fondateurs : « "Toujours marcher, même la nuit, plutôt que d’attendre le miracle ; et mieux vaut un petit détour qu’une ligne droite déserte." »

Rolling Thunder

Sur la route avec Bob Dylan. À l’automne 1975, Sam Shepard prend place dans le convoi qui trimballe Bob Dylan et ses potes (T-Bone Burnett, Bob Neuwirth, Joan Baez, Ramblin’ Jack Elliott, Allen Ginsberg… ) pour une tournée dans des petites villes de Nouvelle-Angleterre, pour des spectacles mêlant théâtre et musique : « "Il fallait vivre en mouvement perpétuel, six semaines sur la route à voyager, à créer de la musique et à la filmer sur fond d’histoire inconstante de l’Amérique, au cœur de l’hiver." » Des stations balnéaires vides aux impros délirantes de Ginsberg, en passant par les courses-poursuites avec les flics. C’est joliment épique !

La Vallée des réputations

Le plus débridé et inventif des folk-rockeux québécois a conçu ici l’une des plus belles bandes-son de l’errance, un hommage sublime à la route qui nous happe, nous aime et nous cabosse, et parfois nous engloutit. Il y est question de sorties de prison et de nouveaux départs, de périples oniriques vers des terres promises, de grands espaces, d’amours et de meurtres. «" J’traîne ma carcasse sur le bord de la route/Tel un cadavre à cacher/Tel un renard, un vieux héros en rade/Un motard explosé/Raton laveur sur le bord de la route/ N’est jamais seul à mourir." »

En cavale

Pour le fuyard, la route devient parfois un périple sans fin. Des romans et films de « traque » et de « cavale », de "La Nuit du Chasseur" à "Rambo", on retient que le chasseur peut devenir la proie. Pour d’autres, "Bonnie et Clyde", "Butch Cassidy" et "Le Kid", la cavale, c’est un air de liberté farouche, quasiment un art de vivre. Car la route est aussi le royaume des desperados, pirates et autres Hells Angels. Un territoire hors des lois...

Première jeunesse

Le héros de "Sur la Route" a eu une vie folle, entre un père hobo qui le trimballait partout, et une mère qui survivait grâce aux trafics d’alcool. Il est d’ailleurs né sur la route, alors que ses parents migraient vers la Californie. Sa jeunesse est déjà un roman, dans les quartiers chauds de Denver, où il apprendra à fréquenter autant les bibliothèques que les cellules de prison. Il a gardé, de ses errances avec son père entre deux camps de hobos chassés par la Grande Dépression, deux principes fondateurs : « "Toujours marcher, même la nuit, plutôt que d’attendre le miracle ; et mieux vaut un petit détour qu’une ligne droite déserte." »

La Terre sous les ongles

Au volant de sa voiture, le narrateur traverse la France, direction Cadix, d’où est originaire son père, alors que celui-ci vient de mourir. Dans le coffre, un cadavre. En descendant vers le Sud, il fait le trajet inverse de celui de son père, monté jadis à Paris pour une vie d’ouvrier pauvre ; il s’arrête pour boire des coups et payer des tournées à des inconnus. Il cherche à comprendre comment il a pu trouver une place dans l’Histoire du père et, finalement, la seule place qui soit tenable, c’est derrière son volant. La route, oui, mais pleins phares.

  Livre Fiction
La terre sous les ongles
Auteur: Civico, Alexandre (1971-....)
Edition: Editions Payot & Rivages
Collection: Littérature francophone

Macadam à deux voies

Le « road-movie à voiture », c’est un peu comme le rock à guitares… Plus intense, bruyant et fulgurant que les balades à pied. C’est devenu, dans les années 1960 et 1970 un genre à part entière, dans lequel les productions indépendantes rivalisaient largement avec Hollywood. Ce Macadam à deux voies est à lui seul un résumé de tous les autres, un condensé de toutes les références et symboles ultimes du genre : deux coureurs automobiles taillent la Route 66 sur une Chevrolet 1955. Aucun des personnages n’a de nom : le mythe de la « Highway » américaine est forgé par et pour les anonymes. Seule compte l’obsession de la ligne jaune.

Impasses et terminus

L’aventure tourne parfois au roman – ou au film - noir, et la route devient le tombeau de ceux qui s’imaginent pouvoir goûter à la liberté sans se brûler les ailes, comme Thelma et Louise. Mais c’est aussi l’errance qui nous révèle ce qui nous fixe et nous attache : c’est la leçon que tire Travis, le personnage de Paris, Texas . Le vrai héros, ou le vrai « sage », n’est-il pas celui qui réussit à voyager immobile ? Pascal le formulait ainsi : « "Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne pas savoir demeurer en repos, dans une chambre" »…

Broadway, la Grande Voie blanche

Nik Cohn a décidé en 1975 de tailler la route en plein cœur de Manhattan, de rallier Battery au Bronx à pied ou en taxi, pour dire l’histoire de ces anonymes qu’il croisait au hasard des carrefours, dans les bars ou dans l’hôtel de Times Square où il a établi son camp de base. Il se lie avec des junkies, des travelos, des traders de Wall Street, des détrousseurs qui opèrent sur le ferry qui mène à la statue de la Liberté et qui se font appeler les « Voleurs de la Liberté ». « "Le moteur de Broadway, écrit-il, ce n’est pas la consolidation des acquis, comme ailleurs, mais le désir d’aventures."»

Carnets de voyages

Le film de Walter Salles est tiré du propre récit de celui qui n’était encore qu’un étudiant en médecine, parti à la découverte de son continent en moto avec son ami Alberto Granado. « "Ce qui rend le personnage si contemporain est lié à l’idée de révolution permanente et de voyage, au fait que Guevara est un homme qui ne s’est jamais arrêté de tailler la route" », dit Walter Salles du Che. Le film montre qu’il faut être constamment en mouvement pour demeurer insaisissable. Où même le Che, asthmatique, est lucide : « "Cette vie est merdique, il faut lutter pour chaque bouffée d’air." »

Au bord du monde

Loin de l’imagerie romantique liée à la route, ce documentaire -qui a raflé de nombreux prix- suit au plus proche des hommes et des femmes SDF. Une plongée émouvante et éprouvante dans le Paris des « clodos », où ceux qui pensent s’en être sortis sont ceux qui ont laissé tomber les tentes et qui ont monté leur cabane avec des cartons sous un pont. Où le Caddie -lié à la consommation- devient l’image emblématique des exclus qui battent inlassablement le pavé et qui nous questionnent : n’est-ce pas notre société qui se serait, à un moment, perdue en route ?

Electra Glide In Blue

L’Electra Glide Blue, c’est d’abord le nom d’une moto. Le film, sorti en 1973, est une sorte d’écho, de réponse à "Easy Rider". C’est un flic, amérindien, qui passe ses journées sur les routes d’Arizona en moto -il enquête sur un meurtre- alors que les bikers hippies sont « sédentarisés » et vivent dans une communauté. Ce n’est plus l’histoire d’une traversée de l’Amérique en Harley, joint à la bouche, mais celle d’un « terminus hippie » assez déconcertant, plus proche de la crasse et de la violence que du paradis peace & love. Presque un anti-road movie...

Labyrinthes urbains

Voies archi-balisées, surpeuplées, sillonnées par des milliers d’anonymes : les routes urbaines sont noyées dans des enchevêtrements de passerelles et de buildings, elles semblent mener nulle part. Elles disent l’aspect concentrationnaire et aliénant de la ville, où chacun doit se débrouiller pour tracer son propre sillon. La ville est aussi un espace de nomadisme, d’errances et de parcours initiatique. Là où le "Macadam Cowboy" s’y perd, d’autres arpenteurs et poètes-explorateurs, comme Fernando Pessoa ou Nik Cohn, en ont fait leur espace de prédilection.

Broadway, la Grande Voie blanche

Nik Cohn a décidé en 1975 de tailler la route en plein cœur de Manhattan, de rallier Battery au Bronx à pied ou en taxi, pour dire l’histoire de ces anonymes qu’il croisait au hasard des carrefours, dans les bars ou dans l’hôtel de Times Square où il a établi son camp de base. Il se lie avec des junkies, des travelos, des traders de Wall Street, des détrousseurs qui opèrent sur le ferry qui mène à la statue de la Liberté et qui se font appeler les « Voleurs de la Liberté ». « "Le moteur de Broadway, écrit-il, ce n’est pas la consolidation des acquis, comme ailleurs, mais le désir d’aventures."»

Au bord du monde

Loin de l’imagerie romantique liée à la route, ce documentaire -qui a raflé de nombreux prix- suit au plus proche des hommes et des femmes SDF. Une plongée émouvante et éprouvante dans le Paris des « clodos », où ceux qui pensent s’en être sortis sont ceux qui ont laissé tomber les tentes et qui ont monté leur cabane avec des cartons sous un pont. Où le Caddie -lié à la consommation- devient l’image emblématique des exclus qui battent inlassablement le pavé et qui nous questionnent : n’est-ce pas notre société qui se serait, à un moment, perdue en route ?

Mon voyage en Amérique

Histoire de ne pas rester horloger suisse, et désormais prêt à échanger son vrai nom -Frédéric Sauser- contre le pseudo de Blaise Cendrars, le futur poète au long cours et écrivain-bourlingueur embarque pour l’Amérique en 1911, pour le premier d’un de ces périples qui l’occuperont toute son existence. Il fréquente les vauriens, et fait son baptême des bas-fonds… En débarquant, il ne cache ni sa candeur ni son éblouissement : « "C’est une nouvelle naissance. Je vois des feux briller, comme à travers l’épaisseur de la chair (…). Vais-je crier comme un nouveau-né ?" » Soit son premier texte, qui ne fut édité qu’après sa mort.

Les chemins du savoir et de la création

Avant les autoroutes de l’information, celui qui taillait la route, du cavalier du «Pony Express » au musicien de blues, était porteur de nouvelles, mais aussi de cultures : il disait l’immensité du monde en faisant le lien avec les communautés éloignées. Le routard est aussi cet individu éclairé qui rend le monde intelligible. La route est en elle-même un lieu de création, pour les artistes, musiciens, gens de cirque, peintres et plasticiens. Des Banksy et autres Andy Goldsworthy changent notre perception de la route : elle devient alors quasiment un parcours d’expo sauvage, et la voie proposée, c’est celle de l’imaginaire de l’artiste.

Du bon usage de la lenteur

Une ode au temps dit « perdu », parce que le monde globalisé va trop vite. « "J’ai choisi mon camp, celui de la lenteur" », écrit Pierre Sansot. Il se méfie des « infatigables », dont l’énergie ne s’épuise jamais, il plaide pour la sieste et pour un « urbanisme retardataire », et surtout, il réhabilite la contre-performance, l’ennui et la flânerie. Avec quelques conseils à l’appui : « "Un excès de vigilance nuit à la flânerie." »

Rivers and Tides

Partout où il passe, Andy Goldsworthy, chantre -anglais- du land art, crée des sculptures éphémères avec ce qu’il trouve, bouts de bois, feuilles mortes, pétales de fleurs qui, assemblés pour former une tige ondulante, serpentent en descendant la rivière, portés par le courant. L’artiste montre que ce qui fait la beauté d’une œuvre, comme la lumière du soleil traversant une sculpture de stalactites et la rendant étincelante, est aussi ce qui va la détruire, en la faisant fondre. De quoi nous guérir de notre besoin de vouloir comprendre les mystères et les mouvements de la Nature, alors qu’il nous suffit de les accompagner.

Rolling Thunder

Sur la route avec Bob Dylan. À l’automne 1975, Sam Shepard prend place dans le convoi qui trimballe Bob Dylan et ses potes (T-Bone Burnett, Bob Neuwirth, Joan Baez, Ramblin’ Jack Elliott, Allen Ginsberg… ) pour une tournée dans des petites villes de Nouvelle-Angleterre, pour des spectacles mêlant théâtre et musique : « "Il fallait vivre en mouvement perpétuel, six semaines sur la route à voyager, à créer de la musique et à la filmer sur fond d’histoire inconstante de l’Amérique, au cœur de l’hiver." » Des stations balnéaires vides aux impros délirantes de Ginsberg, en passant par les courses-poursuites avec les flics. C’est joliment épique !

Routes mythiques

La route, une fois tracée, permet de relier les hommes entre eux et de favoriser les échanges : avec ses caravanes et ses convois, la Route des Indes ou celle de la Soie sont devenue des épopées hautes en couleurs. D’autres routes célèbres tirent leur aura du fait qu’elles façonnent et transforment littéralement les voyageurs qui les empruntent comme celle qui mène (encore) les hippies à Katmandou, ou comme le chemin de Compostelle ; elles charrient autant d’aventures utopiques que de périples spirituels et initiatiques... Dis-moi quelle route tu as prise, je te dirai qui tu es.

Mexico City Blues

C’est sans doute l’écrivain Thomas McGuane qui a rendu à Kerouac le plus bel hommage : « "Si vous le lisiez et que vous étiez un Américain un peu spécial, vous aviez l’impression que tout le pays était à vous. Il nous a inculqué cette idée épique que notre région, c’était l’Amérique et qu’on n’était pas forcément obligé d’en baver jusqu’à ce que mort s’ensuive dans un bled paumé de l’Ohio sous prétexte qu’on y avait vu le jour. Cela s’appelait Sur la route."» Quand ce recueil est sorti, Kerouac venait de passer dix ans sur la route, entre San Francisco, Mexico et New York, n’ayant juré que par l’alliance du sac à dos et de la machine à écrire...

Rolling Thunder

Sur la route avec Bob Dylan. À l’automne 1975, Sam Shepard prend place dans le convoi qui trimballe Bob Dylan et ses potes (T-Bone Burnett, Bob Neuwirth, Joan Baez, Ramblin’ Jack Elliott, Allen Ginsberg… ) pour une tournée dans des petites villes de Nouvelle-Angleterre, pour des spectacles mêlant théâtre et musique : « "Il fallait vivre en mouvement perpétuel, six semaines sur la route à voyager, à créer de la musique et à la filmer sur fond d’histoire inconstante de l’Amérique, au cœur de l’hiver." » Des stations balnéaires vides aux impros délirantes de Ginsberg, en passant par les courses-poursuites avec les flics. C’est joliment épique !

Le Marin, l’Actrice et la Croisière Jaune

Après son idée de « Croisière Noire », qui traversait le Sahara en 1925, André Citroën lance une nouvelle expédition entre Paris et Pékin, qui doit suivre la Route de la Soie tracée par Marco Polo. Le scénariste Régis Hautière et le dessinateur Arnaud Poitevin se sont emparés de cette épopée qui dura plus d’un an pour y glisser des personnages fictifs, aventuriers et autres femmes fatales, et imaginer une formidable série d’aventures. Parce que le mythe de la route, c’est aussi celui de la bagnole !

Mon voyage en Amérique

Histoire de ne pas rester horloger suisse, et désormais prêt à échanger son vrai nom -Frédéric Sauser- contre le pseudo de Blaise Cendrars, le futur poète au long cours et écrivain-bourlingueur embarque pour l’Amérique en 1911, pour le premier d’un de ces périples qui l’occuperont toute son existence. Il fréquente les vauriens, et fait son baptême des bas-fonds… En débarquant, il ne cache ni sa candeur ni son éblouissement : « "C’est une nouvelle naissance. Je vois des feux briller, comme à travers l’épaisseur de la chair (…). Vais-je crier comme un nouveau-né ?" » Soit son premier texte, qui ne fut édité qu’après sa mort.

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