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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Drug-stories

6 thèmes | 20 oeuvres
Des paradis artificiels de Baudelaire aux portes de la perception d'Aldous Huxley, jusqu'aux écrits sous ecstasy d'un Beigbeder, les psychotropes auront balisé bon nombre de chemins littéraires et poétiques. Au-delà du seul concept « Sex, drugs & rock 'n' roll », la plupart des contre-cultures nées dans les marges ont joué avec les stupéfiants, et la véritable utopie des années hippies fut peut-être de proposer le droit de planer pour tous, du clochard céleste au hobo perdu dans les bas-fonds des villes. Ce qui n'a pas eu pour seul effet de libérer les mœurs, mais aussi de lâcher une meute d'artistes et d'écrivains sauvages et subversifs. On s'est alors demandé si on pouvait vraiment faire confiance au fameux adage : « Vivons heureux, vivons perchés... »

Descentes et redescentes

Quand elle a dû évacuer Saïgon, l'Amérique a rapatrié son lot de jeunes soldats qui avaient découvert la drogue. Elle s'est alors lancée dans une autre guerre, sur plusieurs fronts, à l'intérieur et hors de ses frontières, contre les cartels, une guerre impossible à gagner... Loin de tout glamour, la lutte entre flics et voyous, comme aux grandes heures de la « French connection », est en elle-même à la source d'une autre mythologie, largement exploitée par les romanciers. Où la difficile redescente du camé croise parfois la descente de police...

L'Idole des camés

Salué comme un chef-d'œuvre par Norman Mailer, c'est le portrait poignant, basé sur une histoire vraie, d'une jeune femme emprisonnée pour trafic de drogues, qui avait été élevée en Angleterre et qui, revenue à New York, a été happée par la « mafia hippie » et est devenue dealeuse de stars. L'écrivain a lui-même fait ses « classes » dans l'univers des trafics, et a été incarcéré sept ans. Spécialiste des « mob stories », il ne se contente pas de raconter des histoires et il affirme : « "une bonne œuvre de fiction est toujours stimulée par une ligne politique" ». Oui, c'est bien de l'Amérique capitaliste, dont il veut parler.

Envoie-moi au ciel, Scotty

« "Je m'appelle Ed et je suis un sale crétin alcoolique et drogué" » : Ed fréquente les DDA -Drogues Dures Anonymes-, parce que le crack -« Scotty »-, qui a le pouvoir d'envoyer au ciel, l'a perdu. Il a décroché, mais est toujours prêt à rechuter. Alors il se met à tuer des dealers, un par un, soit la meilleure thérapie de substitution possible, mais en oubliant que le crime est aussi une forme de psycho-dépendance... Un roman noir ovniesque, par un écrivain qui fut aussi chauffeur de gangsters et garde du corps de strip-teaseuses, et qui révèle surtout l'ampleur du delirium tremens de cette cité monstrueuse qu'est New York.

Drugstore Cowboy

Bob (Matt Dillon) en toxico et pilleur de drugstores romantique, au début des années 1970. Avec sa bande, il se fait les pharmacies de Portland pour assurer la défonce suivante. Un vrai film noir en forme d'impasse, avec ce moment de grâce comme le cinéma en connaît parfois : Burroughs en vieux prêtre toxico... Sa diatribe pour « aider » Bob à décrocher est un monument : « "Le fait que chacun puisse utiliser les drogues pour échapper à un épouvantable destin leur apparaît comme un anathème, à ces crétins" ».

Junk littérature

De Thomas de Quincey qui, en 1822, publie ses "Confessions d'un mangeur d'opium anglais" à l'écrivain de polars américain Jerry Stahl, en passant par des James Lee, William Burroughs ou Donald Goines, toute une littérature s'est développée à partir de l'expérience de la prise de drogues, qui relève autant du récit initiatique en quête de la liberté absolue que du séjour en enfer... C'est presque devenu un genre à part entière, constitué d'œuvres bâties sur une langue et un mode de narration décousus et chaotiques, à l'image du monde qu'elles révèlent.

Acid test

L'une des aventures -avec les Diggers de San Francisco- les plus démentes des années psychédéliques... Une bande d'artistes, musiciens et poètes, les Merry Pranksters, embarqués par Ken Kesey à bord d'un bus bariolé qui taille la route en distribuant des acides et en délivrant des diplômes - les « acid-tests graduations ». Suivie et narrée par l'adepte du « new journalism » Tom Wolfe, qui ne prend pas de LSD, lui, l'épopée devient savoureuse : « "Depuis cette expérience", a-t-il ensuite raconté, "j'ai toujours adopté, pour mes reportages, la stratégie d'approche du mec débarquant de Mars, du genre, je n'ai aucune idée de ce que vous êtes en train de faire, mais ça m'intéresse beaucoup" ».

Les Tribulations d'un opiomane (1895-1915)

Né dans le Nord de l'Angleterre victorienne en 1872, l'homme fut ingénieur des mines en Asie. À 62 ans, il publie le récit de ses voyages doublés d'une quête effrénée des plaisirs interdits, soit des descriptions hautes en couleurs des maisons de passe et autres fumeries d'opium. Il a essayé, une fois initié aux drogues, d'en user le plus « scientifiquement » possible. On lui doit ces commentaires un tantinet enthousiastes : « "Toutes ces drogues narcotiques, qu'on identifie comme étant des drogues dangereuses, sont en réalité un don de Dieu à l'homme. Au lieu de lui nuire, elles devraient être un moyen de préserver sa santé et de faire de sa vie un bonheur continuel" ».

Paradoxia

Il n'y a guère plus brûlante autobiographie... Au milieu des années 1970, la poétesse et performeuse punk arpentait les bas-fonds new-yorkais en quête effrénée de sexe, d'argent et de dope : « "J'étais obsédée par leurs sexes, aussi longtemps qu'il fallait pour m'en faire passer le goût (...). Je voulais les posséder, leur arracher des petits morceaux d'âme, m'en gaver jusqu'à m'étrangler (...) Vomir, puis de nouveau me nourrir, comme une bête sauvage" ». C'est l'histoire d'une prédatrice sexuelle « repentie », qui n'a pas inventé le fameux « Too fast to live, too young to die » des punks les plus extrêmes, mais l'a juste salement vécu.

L 'expérience des limites

Depuis que le poète -Rimbaud en l'occurrence- a lancé son fameux « Je est un autre », l'artiste moderne n'a eu de cesse de rechercher de nouveaux moyens de pousser plus loin l'exploration de son imaginaire. Du peyotl à l'opium, en passant par le haschish, on connaissait l'usage souvent sacré et ritualisé des drogues, des Amérindiens aux Chinois, sans oublier les Rastas jamaïcains... Les anthropologues furent des pionniers, qui ramenèrent de leurs pérégrinations, expériences de trips et produits interdits, jusqu'à ce que des scientifiques occidentaux un peu allumés, comme Timothy Leary, fabriquent des drogues de synthèse, les testent -souvent sur eux-mêmes- et décident que le vrai progrès social, c'est le droit pour tous de planer.

L'Herbe du diable et la petite fumée

Le plus gonzo des anthropologues des années 1960 -un Péruvien installé en Californie- qui, alors que l'Amérique se gavait de LSD, cherchait à comprendre le pouvoir « sacré » des drogues naturelles avec l'aide d'un chaman yaqui, Don Juan, dans le désert mexicain. Un peu comme les Indiens partaient en quête de leur « vision »...

Acid test

L'une des aventures -avec les Diggers de San Francisco- les plus démentes des années psychédéliques... Une bande d'artistes, musiciens et poètes, les Merry Pranksters, embarqués par Ken Kesey à bord d'un bus bariolé qui taille la route en distribuant des acides et en délivrant des diplômes - les « acid-tests graduations ». Suivie et narrée par l'adepte du « new journalism » Tom Wolfe, qui ne prend pas de LSD, lui, l'épopée devient savoureuse : « "Depuis cette expérience", a-t-il ensuite raconté, "j'ai toujours adopté, pour mes reportages, la stratégie d'approche du mec débarquant de Mars, du genre, je n'ai aucune idée de ce que vous êtes en train de faire, mais ça m'intéresse beaucoup" ».

Les Tribulations d'un opiomane (1895-1915)

Né dans le Nord de l'Angleterre victorienne en 1872, l'homme fut ingénieur des mines en Asie. À 62 ans, il publie le récit de ses voyages doublés d'une quête effrénée des plaisirs interdits, soit des descriptions hautes en couleurs des maisons de passe et autres fumeries d'opium. Il a essayé, une fois initié aux drogues, d'en user le plus « scientifiquement » possible. On lui doit ces commentaires un tantinet enthousiastes : « "Toutes ces drogues narcotiques, qu'on identifie comme étant des drogues dangereuses, sont en réalité un don de Dieu à l'homme. Au lieu de lui nuire, elles devraient être un moyen de préserver sa santé et de faire de sa vie un bonheur continuel" ».

Les 110 pilules

Une histoire de sexe et de drogue bien avant l'invention du rock 'n' roll -puisqu'il s'agit de la Chine sous la dynastie des Sung, au XVIe siècle. Celle d'un riche marchand qui se fait refiler par un moine 110 pilules qui décuplent la puissance sexuelle. Seules recommandations : n'en prendre qu'une à la fois, à chaque nouvelle lune. Où la vraie trame, en dehors de l'exploration sexuelle à multiples facettes, demeure : que se passera-t-il après l'absorption de la dernière pilule ?

Le « tox-hero », anti-icône ultime

Le rocker déchu, c'est finalement celui qui a arrêté de se camer, dit-on dans les coulisses... De Janis Joplin à Sid Vicious, en passant par John Belushi ou Tim Buckley, c'est parfois hélas la mort par overdose qui confère et conforte le statut de légende, et le public garde une sorte de respect pour ceux qui crament la chandelle par les deux bouts. Il fut toujours fasciné par la superpuissance du roi-lézard Jim Morrison autant que par les frasques d'un Keith Richards sniffant les cendres de son père. Si le Bad Lieutenant incarné par Harvey Keitel est une figure tragique, le « working class hero » de Lennon a été depuis longtemps détrôné par l'écrivain hipster toxico, glamour et sexy, soit le Hank Moody de la série "Californication".

Cheap Thrills

Ah! la voix féline et éraillée de Janis Joplin... Avec la pochette géniale dessinée par Crumb, et Summertime au menu, c'est un petit bijou. Un mélange de country, de blues, de sexe et d'énergie psyché. D'ailleurs, quand les Hells Angels organisaient leur bal du vendredi au Carousel Ballroom, dans Haight-Ashbury à San Francisco, Big Brother, leur groupe fétiche, était souvent convié... Janis est « cool » : elle fume de l'herbe, couche avec des filles et boit du bourbon. Mais la diva hippie mourra d'une overdose en 1970 au Chelsea, l'hôtel des stars cabossées.

Paradoxia

Il n'y a guère plus brûlante autobiographie... Au milieu des années 1970, la poétesse et performeuse punk arpentait les bas-fonds new-yorkais en quête effrénée de sexe, d'argent et de dope : « "J'étais obsédée par leurs sexes, aussi longtemps qu'il fallait pour m'en faire passer le goût (...). Je voulais les posséder, leur arracher des petits morceaux d'âme, m'en gaver jusqu'à m'étrangler (...) Vomir, puis de nouveau me nourrir, comme une bête sauvage" ». C'est l'histoire d'une prédatrice sexuelle « repentie », qui n'a pas inventé le fameux « Too fast to live, too young to die » des punks les plus extrêmes, mais l'a juste salement vécu.

Pimp

Le bouquin, sous-titré en France "Mémoires d'un maquereau" a fait un raffut du diable quand il est sorti aux Etats-Unis : il s'est rapidement vendu à plusieurs millions d'exemplaires. Pimp, ce n'était pas une voix noire « correcte », c'était écrit dans le langage cru et ordurier de la rue, et son auteur racontait ses frasques de toxico et de proxo quand, dans les années 1940 et 1950, il régnait sur les bas-fonds et les trottoirs des ghettos de Chicago, soit un univers taillé dans la violence pure.

Un flirt avec les classes dangereuses

C'est dans les ruelles glauques ou sur les grands boulevards du crime que la vie des « sans » est liée irrémédiablement à la came, dans un univers interlope ou se côtoient les freaks et les exclus, les travelos, proxos et autres gigolos. L'écrivain Bruce Benderson, arpenteur des quartiers chauds de New York, le résumait ainsi : « "La libido des grandes villes a toujours été concentrée entre les mains des classes dangereuses" ». C'est la rue toxique qui fabrique les plaisirs que viennent goûter les membres de la bourgeoisie et des classes moyennes. Un imaginaire bien loin du bon vieux rêve hippie de Laurel Canyon.

Trainspotting

L'auteur du roman -paru en 1993-, Irvine Welsh, est devenu un véritable monographe de la ville d'Edimbourg, dont il dépeint les mœurs et les -mauvaises- habitudes d'une jeunesse prise entre hooliganisme et violences conjugales, chômage et dope... En racontant les drames de la vie quotidienne au cœur des classes post-ouvrières, c'est finalement de la violence sociale dont il s'agit.

Macadam Cowboy

En redécouvrant le film, on gage que, finalement, le personnage principal n'est pas Joe Buck, ce pauvre bouseux venu du Texas, mi-redneck, mi-étalon, qui rêve de gagner sa vie en jouant les gigolos... C'est la ville, tentaculaire, qui abrite tout un peuple de miséreux dont Ratso, le petit arnaqueur et clochard infirme, joué par Dustin Hoffman. Un western crépusculaire, où l'avenir des cowboys, dans les années 1970, c'est de s'occuper des camés malades.

Paradoxia

Il n'y a guère plus brûlante autobiographie... Au milieu des années 1970, la poétesse et performeuse punk arpentait les bas-fonds new-yorkais en quête effrénée de sexe, d'argent et de dope : « "J'étais obsédée par leurs sexes, aussi longtemps qu'il fallait pour m'en faire passer le goût (...). Je voulais les posséder, leur arracher des petits morceaux d'âme, m'en gaver jusqu'à m'étrangler (...) Vomir, puis de nouveau me nourrir, comme une bête sauvage" ». C'est l'histoire d'une prédatrice sexuelle « repentie », qui n'a pas inventé le fameux « Too fast to live, too young to die » des punks les plus extrêmes, mais l'a juste salement vécu.

Marseille sur héroïne

De la fin de la guerre au milieu des années 1970, Marseille s'est illustrée dans l'exportation d'héroïne en direction du marché américain. Arrivée de Turquie, la morphine-base était raffinée dans une vingtaine de labos répartis entre Marseille et Aubagne. Soit une production de près de 150 kg par mois, au milieu des années 1960. Les raisons du succès de la French connection ? McCoy montre comment la CIA aurait, dans les années 1950, contribué à rétablir la pègre corse pour que celle-ci prenne le contrôle des quais du port en réduisant au passage le pouvoir -et les grèves- de la CGT...

Un monde psychédélique

Au milieu des années 1960, Jefferson Airplane et Grateful Dead font office de bande-son d'une nouvelle contre-culture, soutenue par la « Free Press »- et par des peintres, graphistes et artistes comme Rick Griffin. C'est le rêve de « la grande nation arc-en-ciel », avec ses communautés hippies, l'amour libre et le Flower Power brandis contre la guerre du Vietnam. Parmi tous ses chantres et acteurs, un certain John Sinclair, qui conçoit le LSD comme un « amplificateur cosmique » et qui, en manageant le MC5 et en créant les White Panthers, radicalisera le mouvement avec un programme assez simple : « Dope et baise dans la rue ».

L'Herbe du diable et la petite fumée

Le plus gonzo des anthropologues des années 1960 -un Péruvien installé en Californie- qui, alors que l'Amérique se gavait de LSD, cherchait à comprendre le pouvoir « sacré » des drogues naturelles avec l'aide d'un chaman yaqui, Don Juan, dans le désert mexicain. Un peu comme les Indiens partaient en quête de leur « vision »...

Mémoires d'un bison

L'auteur n'est autre que l'acolyte d'Hunter Thompson dans « Las Vegas Parano ». Un drôle de personnage, avocat et défenseur, à la fin des années 1960 sur la côte Ouest, de la cause des Chicanos alors victimes de toutes les discriminations et violences -ce qu'il raconte dans La Révolte des cafards- et qui disparut mystérieusement en 1974. Mais Acosta, c'est aussi une voix littéraire irrésistible : « "Alors qu'on planait dans les volutes de mon premier joint, par un après-midi nuageux sur San Francisco, Cynthia m'a montré ses dessins d'Egyptiens à corps de chien qui dévalaient des pyramides de glace au chocolat en patins à roulettes" ».

Call The Cops

Le chanteur Shaun Ryder résume ainsi l'aventure des Happy Mondays : « Nous étions tous défoncés en permanence. On dansait partout. Imagine des types complètement tarés qui dansent dans les pâtisseries ou dans la rue, après être sortis de leur caisse au feu rouge. On trouvait ça complètement naturel ». Le groupe a loyalement servi la « Madchester » en mode « revival » d'un « summer of Love » qui se prolongea sur plusieurs saisons, à la fin des années 80, sur fond d'ecstas : « C'est vraiment bizarre de se dire que les gens se sont mis à comprendre notre musique parce qu'une nouvelle drogue est apparue ». Puis, en 1990, il y eut cette épopée déglinguée, la tournée américaine de 1990, dont il est question ici... Un grand moment.

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