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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Electrochoc

6 thèmes | 19 oeuvres
Depuis trente ans qu’il parcourt le monde comme DJ, ou pour interpréter la musique qu’il compose, Laurent Garnier est devenue une des figures incontournables de la musique électro. Reconnu aux quatre coins de la planète, ce qui angoisse le plus Lolo comme l’appelle ses fans, c’est le surplace, les étiquettes, les placards dans lesquels on essaye de le ranger. « J’ai jamais voulu être rattaché à une ville. Les étiquettes c’est toujours réducteur. DJ techno ça m’emmerde aussi. » Alors que sort une nouvelle édition d’"Electrochoc", l’épopée électro coécrite avec David Brun-Lambert et augmentée de plus de cent pages, Laurent Garnier a fait sa sélection et nous raconte à la première personne une histoire musicale pleine d’éclectisme.

Berlin

Depuis les années vingt, Berlin à toujours occupé une place à part sur la carte des villes où se développaient les alternatives culturelles. Après la guerre, sa position de dernier îlot de l’Ouest en territoire communiste, et donc la première ville à être rayée de la carte en cas de conflit, a renforcé ce sentiment de vie au jour le jour qui fait tomber les barrières de l’inhibition. Aujourd’hui, après que la ville a accueilli les grands noms du rock des années soixante-dix et quatre-vingts, ce sont la musique électronique et la techno qui irriguent la ville de leur énergie.

Electrochoc

"Electrochoc" est un voyage dans la musique électronique racontée par un de ses principaux acteurs. Tout y est. Les moments clés, les personnages importants, les histoires secrètes, les enjeux, les débordements pharmaceutiques… Pour accompagner le Xème anniversaire de sa première publication, Laurent Garnier et David-Brun Lambert ont ajouté plus de cent pages à cette édition pour raconter les transformations qui ont marqué la musique électronique au cours des dix dernières années. L’arrivée du MP3, la place prise par Berlin sur la scène mondiale, le poids des réseaux sociaux, l’effondrement du marché du disque… tous ces changements profonds dont ils ont été les témoins. "Last night the DJ saved my life".

Der Klang der Familie

Dans la nouvelle édition d’"Electrochoc" on consacre un grand passage à Berlin, depuis les années vingt et les Swing Kids des années trente – ces gamins fans de fringues anglaises et de jazz américain persécutés par les nazis – au Berlin d’aujourd’hui qui est devenu la Mecque de la techno. "Der Klang der Familie" est un essai remarquable qui ne parle que de la techno et de la conséquence de la chute du mur sur cette musique. Arte prépare un documentaire sur le sujet. Attention, on est sur un truc de spécialistes de l’histoire de la techno, mais c’est passionnant.

Rêves syncopés

Cette BD porte très bien son nom. C’est pas l’histoire de la techno en BD. Il y a des bouts d’histoire, mais on n’explique rien. On est sur des climats, des impressions. Par exemple on se retrouve à la fin d’une des premières soirées du Rex, à Berlin dans la boite de Dimitri qui s’appelait le Trésor... c’est le temps des débuts de cette musique, à l’époque des questionnements et des incertitudes. C’est un voyage un peu flouté, sublimement dessiné, et c’est la première fois que je retrouve en image ce que je connais de la nuit et des ambiances des clubs. Laurent, le dessinateur, a très bien su capter les émotions des danseurs. C’est un très très beau travail.

Des influences

C’est bien connu, on se construit au contact des autres. Les artistes aussi. Ils s’inspirent, puisent, copient, transforment, concassent... pour finir par produire une œuvre à leur goût. Parfois les influences sont évidentes et reconnaissables, parfois elles ne sont ni audibles ni visibles, mais tout aussi importantes dans le processus de création. Laurent lève le rideau et donne deux trois indices.

The Trax Records Box Set

Trax, c’est le label qui est arrivé au tout début, qui a fait découvrir cette musique à un nombre incroyable de gens. Mais Larry Sherman, son fondateur, était tellement dingue que la légende dit qu’il pouvait jeter ses godasses dans la machine à pressage. Résultat, les disques étaient souvent mal pressés, tellement crados que tu ne pouvais même pas les jouer. Ils se sont finalement rendu compte de l’importance de ce catalogue et ont tout ressorti nettoyé et remasterisé. Pour tous ceux qui ont découvert cette musique à travers ce label, ce coffret est vraiment important.

Nina Simone

Quand on a commencé à travailler sur "Electrochoc", David réfléchissait déjà à un livre sur Nina Simone dont nous sommes tous les deux de grands fans. Pendant les deux années de travail sur le livre, on écoutait Nina tout le temps et à chaque fois qu’on se voyait, notre petit jeu c’était de se faire découvrir des enregistrements que l’autre ne connaissait pas. Ce livre raconte les choses comme elles se sont passées, sans pathos mais sans les enjoliver. C’est une absolue merveille. Une anecdote : pour la promo d’"Electrochoc" on était invités à la radio. Sans rien dire à David, j’ai demandé à ce qu’on passe une version sublime ultrarare de « Plain Gold Ring ». Cette version est tellement forte qu’alors que dans le studio l’ambiance était légère et détendue, avec ce titre j’ai complètement plombé l’ambiance !

Fantaisie militaire

Il faut savoir que dès mes débuts j’ai été labélisé techno, mais je n’ai jamais été à l’aise avec les étiquettes, quand je suis enfermé dans un paquet de lessive. J’ai eu très vite envie de toucher à des choses différentes. "Fantaisie militaire" a été un pivot dans ma vie et ma carrière. Grâce à cet album j’ai assumé le fait d’aller autre part musicalement, hors de l’espace techno. On venait de finir "Electrochoc", j’étais dans un grand questionnement, les grandes questions fondamentales qu’on à tous de temps en temps. C’est en écoutant "Fantaisie militaire" que j’ai assumé mon envie de faire des musiques de films, des trucs plus introspectifs, sombres et que j’ai produit "The Cloud Making Machine".

  CD
Fantaisie militaire
Auteur: Bashung, Alain (1947-2009)
Edition: Barclay

Sextant

Derrick May, un des grands acteurs de la techno, a dit un jour que la techno c’était la rencontre de Funkadelic et de Kraftwerk dans un ascenseur. Mais une des prémices de cette musique se retrouve dans cet album expérimental d’Herbie Hancock, un mélange dans lequel tu sens l’Afrique, le jazz, la musique électronique, le funk... Tu as aussi la notion de l’espace que les Noirs américains développaient dans leur musique en réaction à leurs conditions aux États-Unis. Ils se disaient : « On ne sait pas à quoi ça peut ressembler là-haut, mais ça ne peut pas être pire qu’ici. » Très, très beau disque, très important dans ma carrière. Le genre d’album que tu réécoutes en te disant que le mec était gonflé, donc je peux y aller moi aussi.

Les images

La musique circule aussi par les images. Qu’il s’agisse d’une bande son ou bien que la musique soit le sujet de ces films. Être introduit dans l’univers des musiques qui irriguent Istanbul, (re)vivre les heures déjantées du Manchester des années Hacienda, ou dévaler les pentes d’un volcan sur des troncs de bananiers, la musique circule aussi à la vitesse de la lumière.

Nina Simone

Quand on a commencé à travailler sur "Electrochoc", David réfléchissait déjà à un livre sur Nina Simone dont nous sommes tous les deux de grands fans. Pendant les deux années de travail sur le livre, on écoutait Nina tout le temps et à chaque fois qu’on se voyait, notre petit jeu c’était de se faire découvrir des enregistrements que l’autre ne connaissait pas. Ce livre raconte les choses comme elles se sont passées, sans pathos mais sans les enjoliver. C’est une absolue merveille. Une anecdote : pour la promo d’"Electrochoc" on était invités à la radio. Sans rien dire à David, j’ai demandé à ce qu’on passe une version sublime ultrarare de « Plain Gold Ring ». Cette version est tellement forte qu’alors que dans le studio l’ambiance était légère et détendue, avec ce titre j’ai complètement plombé l’ambiance !

Fantaisie militaire

Il faut savoir que dès mes débuts j’ai été labélisé techno, mais je n’ai jamais été à l’aise avec les étiquettes, quand je suis enfermé dans un paquet de lessive. J’ai eu très vite envie de toucher à des choses différentes. "Fantaisie militaire" a été un pivot dans ma vie et ma carrière. Grâce à cet album j’ai assumé le fait d’aller autre part musicalement, hors de l’espace techno. On venait de finir "Electrochoc", j’étais dans un grand questionnement, les grandes questions fondamentales qu’on à tous de temps en temps. C’est en écoutant "Fantaisie militaire" que j’ai assumé mon envie de faire des musiques de films, des trucs plus introspectifs, sombres et que j’ai produit "The Cloud Making Machine".

  CD
Fantaisie militaire
Auteur: Bashung, Alain (1947-2009)
Edition: Barclay

Sextant

Derrick May, un des grands acteurs de la techno, a dit un jour que la techno c’était la rencontre de Funkadelic et de Kraftwerk dans un ascenseur. Mais une des prémices de cette musique se retrouve dans cet album expérimental d’Herbie Hancock, un mélange dans lequel tu sens l’Afrique, le jazz, la musique électronique, le funk... Tu as aussi la notion de l’espace que les Noirs américains développaient dans leur musique en réaction à leurs conditions aux États-Unis. Ils se disaient : « On ne sait pas à quoi ça peut ressembler là-haut, mais ça ne peut pas être pire qu’ici. » Très, très beau disque, très important dans ma carrière. Le genre d’album que tu réécoutes en te disant que le mec était gonflé, donc je peux y aller moi aussi.

Manchester

Après un passage par l’ambassade de France à Londres comme valet de pied (authentique), Laurent Garnier a migré à Manchester, charmant petit port de pêche du Nord-Ouest de l’Angleterre. C’est sous ce climat doux et tempéré qu’à la fin des années soixante-dix allaient fleurir Joy Division (New Order), Buzzcocks, The Smiths, The Fall… qui marqueront l’histoire du rock. Dix années plus tard, après que les "beats" de la house ont débarqué de Detroit, ce sont les Stones Roses et autres Happy Mondays qui ont donné le tempo en mélangeant rock et house dans une orgie de pilules à faire pâlir le corps médical.

24 Hour Party People

"Un des deux films absolument cultes sur Manchester. "24 Hour Party People" explique extrêmement bien ce que peut-être la folie de manager des groupes au moment où ils prennent tous de la dope et que ça devient cauchemardesque pour les mecs qui essaient de les gérer. Mais le film raconte aussi très bien la folie des années Hacienda. J’ai bossé pour Tony Wilson quand il a ouvert un lieu qui s’appelait le Dry. Je m’occupais de la partie restauration et c’est moi qui ai commandé les fourneaux, les assiettes et les couverts ! C’était une période où la ville était vraiment gangrenée par les gangs et la mafia, mais où il y avait une énergie folle. Très belle image colorée de Manchester."

Control

Si "24 Hour Party People" montre une image folle et très colorée de Manchester, Control en montre la face noir et blanc, son côté extrêmement dur. C’est un très beau tableau de ce que peut aussi être aussi la ville de Manchester, mais le film est d’une « sombritude » totale. J’y ai vécu quatre ans, je connais bien. Il pleut, il fait gris, la vie n’est pas "funky", eh bien le week-end les mômes pètent totalement les plombs. Pas étonnant que Joy Division soit sorti de là-haut !

Fresh Meat

"Une série délicieuse sur des étudiants dans une maison qui ressemble typiquement à une maison occupée par des étudiants dans les quartiers un peu chauds de Manchester de nos jours… On va à la fac, on prend de la dope, on fait n’importe quoi. Comme partout dans le monde, mais à Manchester ça prend une autre couleur. C’est très drôle, brillamment écrit."

Musiques venues d’ailleurs

Comme le raconte David Byrne, tout le monde peut faire de la musique. Le dernier endroit le plus isolé sur la planète possède une culture musicale même rudimentaire. Aujourd’hui que les technologies permettent de faire circuler le son à la vitesse d’un clic, il n’est pas surprenant de découvrir du rap turque ou des sons de percussions ancestrales dans des boucles de musique électronique. Profitons-en.

How Music Works

Un "must" pour toute personne qui aime la musique, n’importe quelle sorte de musique. Je pense que c’est le livre de toute une vie, qu’il a dû mettre plus de vingt ans à écrire. On va des opéras wagnériens aux tout petits villages africains, le mec t’explique que partout dans le monde il y a de la musique, qu’elle peut naître de la rencontre accidentelle de deux personnes comme de démarches très réfléchies et très personnelles. David Byrne t’explique que tout le monde peut faire de la musique. C’est le bouquin le plus passionnant que j’aie lu sur la musique. C’est un "must" de "must".

Crossing the Bridge : The Sound of Istambul

"Voilà un film absolument sublime sur la musique. C’est Alexander Hacke, le bassiste d’Einstürzende Neubauten, qui sert de fil rouge et qui part à la rencontre de toutes les musiques qu’on trouve à Istanbul. Fatih Akin, pour qui Hacke a travaillé sur la musique de Head On, le suit avec sa caméra. On voit Alexander Hacke discuter avec toutes sortes de musiciens, jouer avec eux, en enregistrer certains... C’est à pleurer, c’est mortel."

Play

L’album "Cloud Making Machine" c’est la bande son d’un film imaginaire. Avec ce disque j’ai perdu tous mes fans techno, mais je suis allé là où je voulais aller et j’ai attiré des gens avec lesquels j’avais envie de travailler, notamment Marie-Claude Pietragalla, Angelin Preljocaj, et c’est comme ça que j’ai rencontré Manuel Herrero. Son documentaire "Play" est un film sur le sport, dont certains ne sont parfois pratiqués que dans des coins paumés du monde. La musique de ce docu est un peu le résultat de toutes mes recherches hors de la techno, mais en restant très électronique. C’est aussi pour montrer qu’après vingt-cinq ans, notre musique, la musique electro, a évolué et peut très bien illustrer un film sur le sport ou un spectacle de danse.

Paris

Plus belle ville du monde pour certains, centre névralgique culturel à certaines époques, refuge pour auteurs ou musiciens incompris ou persécutés dans leur pays, Paris a été tout ça. Après avoir été le berceau de la French Touch, la ville s’est endormie au profit de Londres, Barcelone, Berlin… D’après Laurent, la ville se réveille et les soirées Concrete, ou celles de La Machine, attirent des milliers de technophiles. Pourvu que ça dure.

Electrochoc

"Electrochoc" est un voyage dans la musique électronique racontée par un de ses principaux acteurs. Tout y est. Les moments clés, les personnages importants, les histoires secrètes, les enjeux, les débordements pharmaceutiques… Pour accompagner le Xème anniversaire de sa première publication, Laurent Garnier et David-Brun Lambert ont ajouté plus de cent pages à cette édition pour raconter les transformations qui ont marqué la musique électronique au cours des dix dernières années. L’arrivée du MP3, la place prise par Berlin sur la scène mondiale, le poids des réseaux sociaux, l’effondrement du marché du disque… tous ces changements profonds dont ils ont été les témoins. "Last night the DJ saved my life".

History of Man

Dans le livre je parle de la nouvelle scène qui depuis deux ans a réveillé Paris, endormi pendant dix ans. Bromance est le label d’un DJ français qui s’appelle Brodinski et qui a vraiment la cote en ce moment. C’est un label qui sort habituellement des disques plutôt durs, techno, sombres. En revanche l’album d’Illangelo est un album d’electronica comme on peut en faire aujourd’hui. C’est vraiment la suite de ce que pourrait faire Aphex Twin. Pas dans le côté compliqué, mais dans le côté mélodique. On entend avec cet album les possibilités de traitement de sons, les sonorités, les palettes de sons que le numérique nous propose aujourd’hui. C’est pas le disque le plus facile, mais c’est un album retournant tellement c’est beau.

Aleph

C’est le deuxième enfant prodige de la techno. C’est un disque absolument fascinant mais vraiment pas facile. On est sur une vision extrêmement sombre du monde, un peu comme dans une bande son d’un film de John Carpenter genre "New York 1997" version 2013. C’est un disque très très lent, ce qui rend les choses encore plus fin du monde. C’est un pavé dans la mare techno. C’est gonflé pour un DJ de techno de sortir un album tellement lent qu’il ne sera pas joué par les DJ. C’est un album de salon, mais vu sa noirceur c’est pas un truc à écouter tous les jours chez toi ! Là, on est sur du lourd.

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