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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

De Gotan Project à Salif Keita

6 thèmes | 18 oeuvres
Carte blanche à Philippe Cohen Solal.
Musicien, compositeur, producteur, cofondateur du groupe d’électro tango Gotan Project il y a déjà une dizaine d’années, Philippe Cohen Solal a réalisé le dernier album du grand Salif Keita, Talé, dans la chaleur des nuits de Bamako. Au moment où le chanteur malien prend la route pour une tournée qui devrait durer tout l’été, l’artisan de ce beau disque métissé nous livre en exclusivité quelques-uns des ingrédients qui ont inspiré son élaboration.

Afrique, mère de toutes les dance music

Historiens et musicologues s’accordent sur le fait que toutes les musiques dansantes occidentales, dès le xixe siècle, ont l’Afrique dans leur ADN. Tango, mambo, rumba, jazz, rock’n’roll, cha cha cha, hip hop, house, techno, salsa, cumbia, jungle, dubstep, n’en jetez plus ! Cela dit, la musique est affaire de mélange, de noires et de blanches, alors pas de culpabilité et dansez-vous les uns les autres.

Talé

Ceux qui ont pensé à moi pour réaliser le nouvel album de « The Golden Voice of Africa », l’ont fait car ils m’ont vu m’aventurer en certaines terres étrangères comme le tango argentin (Gotan Project) ou le country & bluegrass du Tennessee ("The Moonshine Sessions"), entre autres escapades. Alors, pourquoi pas l’Afrique, mère de toutes les dance music ? La carte blanche que m’a offerte l’artiste noir le plus blanc du Mali m’a désinhibé au point d’aller inviter tous mes pères et mères musicaux, parfois inconsciemment, aujourd’hui en toute conscience avec ce parcours.

Shakara/London Scene

On m’avait prévenu. Le jour où je rentrerais dans la musique de Fela Kuti, je n’en ressortirais pas indemne. J’ai mis le temps, mais effectivement il y a quelques années, je me suis pris son afro beat dans la gueule. Un ami autrichien qui l’avait fait tourner à sa grande époque m’a raconté qu’ils arrivaient à soixante-dix personnes de Lagos à Vienne via Moscou. Son kilo d’herbe passait par Paris en valise diplomatique. Un étage de l’hôtel était réservé à Fela et ses trente femmes dont quatre dormaient dans sa chambre, son cuisinier achetait des énormes sacs de riz et de piments – ce qui lançait la rumeur sur sa présence en ville – et un petit garçon de 12 ans, toujours à ses cotés, lui roulait inlassablement ses joints, main dans la besace, sans regarder. "Highlife" !

Afro, une célébration

Ce livre, écrit par une douce et belle bretonne et préfacé par Oxmo Puccino, raconte à travers de super témoignages (Gaultier, Goude, Agnès B., Saul Williams, etc.) et moult photos bien cool, toute l’épopée afro dans la mode telle qu’elle a été vécue de Kinshasa à Barbès, des sapeurs congolais aux créateurs parisiens. Difficile en parcourant ce livre, comme Nino Ferrer, de ne pas vouloir être noir.

Guerres de religion

Même si les islamistes me les « brisent » menu, j’adore le chant du muezzin. Même si Oum Kalsoum a chanté, « égorgez les juifs », je suis toujours hypnotisé par sa voix. Que celui qui n’a jamais « tripé » sur Wagner jette la première Pierre à Boulez.

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C’est d’ailleurs grâce à Rachid Taha que j’ai découvert Francis Bebey avec sa reprise diwanesque d’« Agatha ». Rachid est un beau mystère. Bien que fan de Carte de Séjour dans les années quatre-vingts, Rachid et moi nous sommes pris la tête à chacune de nos rencontres du début à cause de nos désaccords moyen-orientaux. Mais, comme nous sommes tous deux orientaux moyens, lui Oranais, de Saint-Denis-du-Sig, de naissance, moi de père tunisien, on a fini par s’adorer. Mais là n’est pas le mystère. Comment Rachid, qui n’a pas la voix de « son » Elvis et que je croise déchiré à chaque bonne fête, arrive-t-il à faire des albums toujours bons et à chaque fois meilleurs ? Là est le mystère et ça s’appelle la Grâce.

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GAM
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Auteur: Taha, Rachid (1958-....)
Edition: Naïve

Would You Have Sex With an Arab ?

Avec sa petite caméra et sa fausse candeur, Yolande Zauberman a demandé à des jeunes Israéliennes et Israéliens s’ils coucheraient avec un ou une Arabe... et inversement. Le résultat est un film qui parle sans complexe d’un problème complexe et qui devrait sérieusement faire douter ceux qui ne croient plus en la paix. La politique par le sexe ou comment faire l’amour sur le lit de Camp David.

Oum

Il y a des chanteurs et des chanteuses et puis il y a des Voix. Comme Piaf, Callas, Presley, Billie Holiday, Johnny Cash, Salif Keita ou Ella Fitzgerald, Oum Kalsoum, elle l’a, elle a ce petit supplément d’âme... Et c’est ce que raconte merveilleusement Selim Nassib (par ailleurs coscénariste et compagnon de Yolande Zauberman) dans le roman "Oum". Quitte à faire grincer quelques dents en or, il évoque l’homosexualité de El Sett (La Dame) et raconte avec poésie comment Khadafi a reporté son coup d’État, car le monde arabe s’est arrêté ce jour-là pour écouter à la radio un concert de la « cantatrice du peuple ».

Impressions d’Afrique

Bamako 2.0, c’est une ville en ébullition, en terre battue et sacs plastique. Les Maliens à l’humour malin rendent vos problèmes bien dérisoires face aux leurs, et n’en font pas des « caisses ». L’Afrique nous apprend l’humilité par son immensité. Son chaos nous met KO, mais c’est OK, c’est "bath" et c’est "in"...

Afro, une célébration

Ce livre, écrit par une douce et belle bretonne et préfacé par Oxmo Puccino, raconte à travers de super témoignages (Gaultier, Goude, Agnès B., Saul Williams, etc.) et moult photos bien cool, toute l’épopée afro dans la mode telle qu’elle a été vécue de Kinshasa à Barbès, des sapeurs congolais aux créateurs parisiens. Difficile en parcourant ce livre, comme Nino Ferrer, de ne pas vouloir être noir.

Comptoir Général Ghetto Museum

Si vous voulez justement croiser un défilé de sapeurs, visiter un petit musée de la Françafrique corrompue, vous faire une petite frayeur dans un cabinet de sorcellerie, ou tout simplement passer un bon moment dans un lieu « afro-centré »… allez au Comptoir Général sur le canal Saint-Martin et si l’expo "L’Art digital du Sahel" est finie, chopez la prochaine. Salif y a eu son week-end hommage rien que pour lui. Le Comptoir Général

African Electronic Music 1975-1982

Alors franchement si vous voulez rigoler en « groovant », procurez-vous fissa cette compilation. Les mecs, faites écouter à votre compagne « La Condition Féminine », ça va la rendre dingue. Si vous avez des doutes sur la paternité de votre enfant, « Agatha », femme noire suspectée d’infidélité à l’arrivée de son bébé blanc, devrait vous rendre philosophe et magnanime. Et si vous pensez à la séparation, le « Divorce Pygmée » vous en apprendra sur ce qu’il faut savoir parfois perdre en tristesse pour gagner en gaieté.

Remain in Light

En musique, je crois énormément en l’intuition, et le son de "Remain in Light", ce génial album, m’est spontanément venu à l’esprit en écoutant pour la première fois certaines chansons maquettées par Salif dans son studio Mofou, et l’envie de télescoper encore une fois le son de New York City années quatre-vingt avec celui de Bamako 2.0. Un an après les B-52’s, les tout aussi new-yorkais Talking Heads enregistraient ce chef-d’œuvre réalisé par un Brian Eno tout juste revenu du Bowie berlinois, mixant le black funk poitrail ouvert de Parliament et la new wave blanche à col fermé. Avec pour influence majeure, un certain Fela.

Le grand mix

On peut imaginer aisément cette magnifique partouze musicale que devait être New York City à l’aube des années quatre-vingts. B-52’s et Talking Heads faisant suer le CBGB’s quand Fela essorait le SOB’s. "Initials baby"...

The B-52’s

J’ai imaginé mettre un sample de « Planet Claire » avant même d’avoir écouté la moindre note des nouvelles chansons de Salif. Je ne sais toujours pas pourquoi, mais j’ai été le premier surpris quand cela s’est intégré si naturellement dans « Samfi ». Et je l’ai été encore plus en découvrant que les B-52’s avaient eux-mêmes créé en 1979 « Planet Claire » à partir du « Peter Gunn Theme » de Henry Mancini, le compositeur de "La Panthère rose" parmi d’autres merveilles. Retour à l’envoyeur ?

Shakara/London Scene

On m’avait prévenu. Le jour où je rentrerais dans la musique de Fela Kuti, je n’en ressortirais pas indemne. J’ai mis le temps, mais effectivement il y a quelques années, je me suis pris son afro beat dans la gueule. Un ami autrichien qui l’avait fait tourner à sa grande époque m’a raconté qu’ils arrivaient à soixante-dix personnes de Lagos à Vienne via Moscou. Son kilo d’herbe passait par Paris en valise diplomatique. Un étage de l’hôtel était réservé à Fela et ses trente femmes dont quatre dormaient dans sa chambre, son cuisinier achetait des énormes sacs de riz et de piments – ce qui lançait la rumeur sur sa présence en ville – et un petit garçon de 12 ans, toujours à ses cotés, lui roulait inlassablement ses joints, main dans la besace, sans regarder. "Highlife" !

Remain in Light

En musique, je crois énormément en l’intuition, et le son de "Remain in Light", ce génial album, m’est spontanément venu à l’esprit en écoutant pour la première fois certaines chansons maquettées par Salif dans son studio Mofou, et l’envie de télescoper encore une fois le son de New York City années quatre-vingt avec celui de Bamako 2.0. Un an après les B-52’s, les tout aussi new-yorkais Talking Heads enregistraient ce chef-d’œuvre réalisé par un Brian Eno tout juste revenu du Bowie berlinois, mixant le black funk poitrail ouvert de Parliament et la new wave blanche à col fermé. Avec pour influence majeure, un certain Fela.

Le prix de l’art

L’art est affaire de liberté. Quand nous achetons un disque, un livre, un ticket de cinéma, une peinture, nous n’achetons rien d’autre qu’un petit bout de la liberté qu’a pris l’artiste de faire son œuvre. Est-ce pour ça qu’un Picasso coûte une « blinde » ?

Blancanieves

Ce fantastique film fantastique hispano-français est une adaptation de "Blanche-Neige" version « flamencorrida ». Il a reçu l’année dernière dix Goyas, les Césars espagnols, sur dix-huit nominations. Un carnage de récompenses du type "The Artist" et d’ailleurs comme lui en noir et blanc. Mais en mieux. Artiste ? Noir et blanc ? Ça ne vous rappelle rien ? Ben, Salif, pardi !

Blancanieves
CVS
Blancanieves
Auteur: Berger, Pablo (1963-....)
Edition: France Television Distribution (prod.)

Ima Read

Digital. Soul. Minimal. Avec une formation en art performance et un job de danseur chippendales, Zebra Katz est le futur de la musique. Comme Grimes en moins New Age, il dénude ses chansons, fait vibrer vos basses côtes, enlève le persil de vos oreilles, désosse la dance music, en jette le gras et vous sert une gastronomie musicale moléculaire façon Ferran Adria. "Tecnoemoción".

Sex, drugs and rock’n’roll

"Sex and drugs and rock’n’roll" ou le tiercé gagnant. Rocker un jour, rocker toujours. Punk un an, punk souvent, etc. Pour ma part, j’ai arrêté les drogues, mais n’ai pas molli sur le reste… D’ailleurs, le rock et le punk ne traversent pas que la musique binaire... Je connais des "tangueros" en costard plus « "destroys" » que Johnny Rotten-Lydon.

Bowie is @ V&A London

Je crains de ne pas être le seul fan de Bowie au monde, vu le succès de cette expo. Mais ça ne m’empêchera pas de revendiquer son influence dans ma vie et son inspiration dans ma production musicale. Oui, je sais que c’est pas évident à entendre, mais j’vous jure m’sieur, que c’est David qui m’a fait changer de continent comme lui a changé de direction et de style. Sans avoir peur de remettre son titre en jeu, même en plein succès. J’compare pas, j’explique. Bref, tout ça pour dire que j’ai déjà mes billets pour aller passer deux jours entiers à cette expo, et que s’il veut coucher avec moi, je suis prêt à faire une exception sexuelle. Expositions

101 Essential Rock Records

Comme Iggy, Devandra et beaucoup d’autres, Bowie témoigne dans ce livre de son amour pour les vinyles et tout particulièrement pour l’album du Velvet Underground dit « à la banane », qui a changé sa vie (et la nôtre aussi d’ailleurs). Ça ne sert à rien de se répéter entre vieux jeunes et jeunes vieux que les disques, c’était mieux avant, je vous invite plutôt à vous caresser en regardant toutes ces belles pochettes et en lisant les anecdotes qui les accompagnent.

FFF (Fuck For Forest)

Rien à voir avec la Fédération Française de Funk, FFF (Fuck For Forest) est une organisation de pornographie environnementale. Créée en Norvège par un couple éco-militant, cette association réalise depuis plusieurs années des films pornos, ou plutôt « éco-porn », dont les recettes servent directement au reboisement et à la reforestation. Le principe est simple : on baise dans la nature et on la préserve. Un film « docul » vient de sortir, ça s’appelle tout simplement FFF (The Movie). Il a été présenté récemment au festival Cinéma du réel. C’est là que je l’ai découvert en allant voir Blancanieves au Nouveau Latina. Dans le foyer du cinéma des acteurs du film et militants du FFF étaient nus et joyeux. Visitez le site

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