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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Madeleine Louarn

4 thèmes | 12 oeuvres
Madeleine Louarn a fait son entrée dans le monde du théâtre par la pratique de la mise en scène avec des acteurs handicapés mentaux. Elle apprend le théâtre en le faisant, convaincue par son pouvoir d’émancipation, persuadée que la question de l’Art, la question du Beau peuvent devenir celle de tous, quels que soient les individus, leur histoire, leur extraction, leurs déficiences. Entre les mains de ces interprètes qui ne savent ni lire ni écrire, Madeleine Louarn pose pourtant les mots de Beckett, Tchekhov, Shakespeare, Ibsen, Novarina. Elle place la barre haut. Cette année, elle signe la mise en scène d’un spectacle qui puise dans l’œuvre de Franz Kafka. La pièce "Le grand théâtre d’Oklahama," se jouera du 7 au 12 juillet au Festival d’Avignon, et Madeleine Louarn est notre invitée.

COMPAGNONNAGE

I did it my way

"Hélène Delprat est une plasticienne qui a fait les décors de notre dernier spectacle. Son travail a été reconnu dès ses débuts dans les années quatre-vingt. Hélène a une œuvre étonnante parce qu’elle travaille sur des choses horribles comme elle dit. Et en fait, c’est assez beau. Il y a quelque chose de l’art brut dans son travail. C’est vraiment une artiste qui suit son instinct, et c’est sa liberté qui la conduit. Il y des correspondances imaginaires entre nos acteurs handicapés et elle. Hélène qui a une folle énergie, nous propose des décors tout en gardant son univers. En fait, elle n’est pas que scénographe, elle nous propose aussi des éléments de jeu, des objets. On a des statues d’anges, et de diables… c’est magnifique. Elle avait arrêté d’exposer depuis une quinzaine d’années, et elle revient avec une vigueur, une joie, une jeunesse, plein de choses très, très belles. Elle expose jusqu’au 26 août au Musée des Beaux-Arts de Caen."

Good

"Rodolphe, c’est l’ami avec qui on a travaillé sur le précédent spectacle. C’était magnifique de travailler avec lui. Dans le nouveau spectacle, il est présent sous la forme d’une des voix "off".  On va aussi  reprendre « Lenz » un morceau de son dernier album "Good "qui est vraiment magnifique."

Carne

Le chorégraphe Bernardo Montet est quelqu’un de très important pour nous dans le théâtre de l’Entresort, et pour  la compagnie Catalyse. C’est un compagnon de route depuis 25 ans. Je l’ai connu quand il était au Centre Chorégraphique de Rennes. Sa dernière pièce, "Carne", traite du Code noir de Louis XIV. Bernardo Montet avait déjà fait une superbe pièce qui s’appelait "O.More. "C’est un très grand chorégraphe et un très grand danseur. C’est quelqu’un d’important dans la danse contemporaine.

LES AUTEURS QUE J’EMMENE AVEC MOI

A Suspicious River

Je relis Laura Kasischke, une auteure américaine dont l’écriture est assez distanciée. Un peu comme Kafka, très simple. Il y a une poétique, des images qui se dégagent. C’est souvent le regard de femmes qui sont prises dans des mécanismes de domination assez  lourds, dans une Amérique d’aujourd’hui assez dure,  pauvre. C’est assez dur, très féministe. Mais c’est vraiment magnifique. Elle fait surgir l’émotion non pas par les larmes mais par la tension de son écriture. J’aime vraiment cette auteure que je trouve très puissante.

François Villon

J’ai toujours aimé Villon. Je ne me lasse pas. J’aime beaucoup la dernière traduction de la Pléiade, parce que l’œuvre de Villon est protéiforme, il passe de la grâce presque divine à, au contraire, des poèmes d’une crudité incroyable, où on est dans la fange la plus improbable. Dans son "Testament", il a des détestations, des exaltations, et une langue qui change, qui passe de la trivialité, de la grossièreté, de l’insulte à une langue sublime. C’est Jacqueline Cerquiglini-Toulet qui a remarquablement traduit ces poèmes tout en gardant la rythmique, la versification de la langue originale. C’est remarquable.

Wielopole Wielopole

Tadeusz Kantor est un choc théâtral premier. J’avais 20 ans et je ne connaissais rien au théâtre. J’ai eu la chance de voir plusieurs de ses pièces, à Brest, et je pense que c’est lui qui m’a fait prendre conscience qu’on pouvait faire du théâtre un peu autrement. Je n’avais pas de culture sur ce terrain, j’avais donc une image du théâtre assez classique : Molière et les classiques français. Avec Tadeusz Kantor, qui vient de l’art plastique, j’ai découvert un univers scénique absolument formidable. Wielopole, c’est le nom de son village natal en Pologne. Je connais peu de metteurs en scène de théâtre qui ont un sens du théâtre aussi puissant, très spectaculaire, avec un sens du rythme, de la musique, de la dramaturgie unique. Je pense qu’il y a beaucoup de metteurs en scène de ma génération pour qui ça a été très important.

NOTRE ACTUALITE

Derniers Cahiers

Cette nouvelle traduction des "Derniers Cahiers," publiée l’année dernière, est vraiment formidable. On retrouve une grande partie des textes dont on s’est inspiré pour notre spectacle "Le Grand Théâtre d’Oklahama". Hannah Arendt disait que si on comparait les auteurs à des boissons, Kafka, ce serait de l’eau tellement c’est simple, pur et limpide, sans aucun effet. Dans cette nouvelle traduction, on comprend ce que disait Hannah Arendt. Ces textes sont extrêmement émouvants, d’un Kafka peu connu. Il y a une cantatrice qui chante, mais c’est une souris et personne n’entend son chant. Il y a un artiste de la faim qui fait d’un jeûne public, une performance … C’est une parabole de l’artiste, et en même temps on n’arrive pas trop à trouver le sens de tout ça. C’est un très beau Kafka et cette édition a énormément de qualités.

Kafka en colère

Pascale Casanova a été productrice à France Culture, où elle animait des émissions sur la littérature que je suivais avec passion parce que j’y apprenais plein, plein de choses. Son livre a été important pour nous parce qu’il présente une vision de Kafka beaucoup plus politique, plus engagée, plus radicale que ce qu’on suppose. Habituellement, on voit en Kafka la victime de l’administration, un coupable présumé… En fait, il a une très grande capacité de révolte, de colère et j’ai trouvé que c’était un angle pour nous, pour le spectacle. Ce livre de Pascale Casanova nous a vraiment aidé parce que la pièce est inspirée des textes de Kafka, mais il a fallu écrire le texte de la pièce. Il fallait retrouver comment on recousait nos petites choses. C’était important qu’on se réinspire d’une sorte de trace, de thématique, de récurrence.

Le Grand Théâtre d’Oklahama

« Je combats ; personne ne le sait ; il y en a qui le sentent, on ne peut pas l'éviter ; mais personne ne le sait. Je m'acquitte de mes devoirs quotidiens, on peut me reprocher un peu d'inattention, mais très peu. » Franz Kafka Avec Madeleine Louarn, Jean-François Auguste et les acteurs handicapés de la troupe Catalyse, la vie pour le beau et l'avènement de la poésie se travaillent, se conquièrent. Reprenant à leur compte les derniers et souvent méconnus écrits de Franz Kafka, les deux metteurs en scène proposent une immersion dans cette pensée bouillonnante. Éminemment lucide, le chemin qu'a toujours proposé l'auteur est un terrain de jeu où la joie et l'inattendu des acteurs font friction avec le sort de l'être humain et son irréductible petitesse. Naviguant avec spontanéité dans ce réseau de textes, Le Grand Théâtre d'Oklahama raconte nos aveuglements, nos désirs d'assimilation et de liberté et comment ils participent trop souvent à nous faire accepter ce qui nous oppresse et nous domine. (Texte de présentation du spectacle du Festival d’Avignon)

PETITS EXERCICES D’ADMIRATION

Hypernuit

Marc Lainé, le précédent scénographe avec lequel on a travaillé, avait fait un spectacle avec Bertrand Belin que je ne connaissais pas, que j’ai découvert, et que j’ai adoré. J’ai adoré sa présence sur scène dans le spectacle de Marc, mais aussi son album "Hypernuit". Il se trouve, en plus, que Rodolphe Burger et Bertrand Belin se connaissent très bien. Ils ont fait plusieurs concerts ensemble. Une autre correspondance sympathique.

Lola Montès

"Lola Montès" comme "L’Aurore "de Murnau, ce sont deux films que j’ai vus de nombreuses fois et qui sont très inspirants théâtralement. A la fois par le lyrisme de Murnau, mais aussi le côté d’exposition de Lola Montès, qui est vraiment bluffant. En général, je suis plutôt attirée par les films contemporains, mais ces deux-là je ne me lasse pas de les voir.

L’Aurore

Ce sont deux films que j’ai vus de nombreuses fois et qui sont très inspirants théâtralement. A la fois par le lyrisme de Murnau, mais aussi  le côté d’exposition de Lola Montès, qui est vraiment bluffant. Pourtant je suis plutôt attirée par les films contemporains, mais ces deux là je ne me lasse pas de les voir.

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