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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Bernard Lehut

4 thèmes | 12 oeuvres
Bernard Lehut  a toujours été bercé par le son de la radio. Rien d’étonnant donc, qu’après des études de journalisme, il pousse un jour de 1982 la porte de RTL... où il est encore. En 2001, il participe à la création du service culture et, peu à peu, est devenu le Monsieur livre de la station. On le retrouve le matin dans « Laissez-vous tenter », le rendez-vous culturel quotidien de l’antenne, et le dimanche, où il anime l’émission « Les livres ont la parole ». Il a trouvé le temps d’être notre invité.

Chantons sous la Pluie

Pour moi, cette comédie musicale est le meilleur des antidépresseurs et pas seulement grâce à « Singing in the Rain ». Tout le film est ponctué d’airs formidables, notamment « Good Morning, good Morning » avec le fameux trio Gene Kelly, Debbie Reynolds et Donald O’Connor. Cela vaut toutes les cures de remise en forme ! Je l’ai vu des dizaines de fois, avec une jubilation et un plaisir chaque fois intacts. Tout y est perfection : les chorégraphies de Gene Kelly, la mise en scène de Stanley Donen. Ce film marque l’apogée de la comédie musicale à une époque où Hollywood était une machine à rêver puissante et encore insouciante.

2001 : l’odyssée de l’espace

"Je suis un fan absolu de Stanley Kubrick qui, à mes yeux, est un des plus grands cinéastes de par sa capacité à aborder tous les genres et tous les types de cinéma avec le même génie artistique et la même maîtrise technique. « 2001 » est sans doute son film qui me m’impressionne le plus. Je suis né avec la conquête spatiale qui m’a toujours fasciné. Sur un plan cinématographique, ce film est hors norme car il va jusqu’à une forme d’hermétisme… Peu importe l’interprétation que l’on peut donner à cette œuvre, je suis subjugué par sa beauté formelle. Sans parler du rôle envoûtant de la musique, du « Beau Danube bleu » à « Ainsi parlait Zarathoustra ». Kubrick l’utilise comme le véritable support de la narration, bien plus que les dialogues qui, dans ce film,  sont très succincts voire absents."

La Femme d’à côté

Dans la vieille querelle typiquement française qui oppose Truffaut à Godard, j’ai une préférence pour le réalisateur des « 400 coups ». Car là où Godard est devenu inintelligible, Truffaut porte le romanesque au plus haut, à l’universel. Et ce film résume bien cela à mon sens : une histoire d’amour banale et tragique qui s’avère être l’une des plus belles du cinéma français grâce à la sobriété, au dépouillement de la mise en scène et aux interprétations de Gérard Depardieu et Fanny Ardant qui n’ont jamais été aussi beaux. Et comme souvent chez Truffaut il y a cette phrase clé qui résume son propos : "« ni avec toi, ni sans toi »." Elle fait écho à une autre phrase d’un autre de ses films : "« vous aimer est à la fois une joie et une souffrance »" prononcée par Catherine Deneuve dans « le Dernier Métro ».

Grandes figures

La Danse

Au-delà du chauvinisme régional, Carpeaux est originaire de Valenciennes comme moi et cette sculpture est, à mes yeux, un prodige car Carpeaux a réussi ce tour de force de donner chair et mouvement à la pierre. Cette œuvre est une commande de Charles Garnier pour orner la façade de son opéra. Située sur la droite de la façade, elle représente un jeune homme nu avec un tambourin : le génie de la danse. Il est entouré d’une farandole de jeunes femmes qui dansent. Son réalisme suscita la controverse et bien qu’étant l’un des sculpteurs officiels du Second Empire, Carpeaux dut faire face à une fronde très vive qui ira jusqu’à une pétition exigeant le retrait de son œuvre pour atteinte aux bonnes mœurs. La guerre de 1870 l’a sûrement sauvée de la disparition. L’original est aujourd’hui au Musée d’Orsay après avoir été exposé au Louvre pour le préserver des ravages du temps.

La Jeune fille à la perle

La découverte de ce tableau est liée au souvenir de ma visite, en 1996, de la rétrospective Vermeer au Mauritshuis de La Haye. Vermeer a peu peint, une quarantaine de tableaux. Ils avaient tous été réunis pour la première fois dans cette exposition. C’était exceptionnel ! Ce tableau est un peu “La Joconde du Nord”. Cette légère rotation de la tête, ce regard en coin fixé sur le spectateur, la bouche entrouverte, l’éclat de la perle, les plis du turban : Vermeer réussit à nous donner l’impression que le tableau va s’animer et que la jeune fille va en sortir. Ce portrait, c’est un peu une version de l’idéal féminin comme le sera Marilyn plus tard.

Marie Curie

Portée à cette excellence, la science relève de l’art. Quel personnage ! Première femme à recevoir un prix Nobel, la seule à en avoir reçu deux, première femme à entrer au Panthéon. Et ce qu’elle incarne est exceptionnel : un immense génie scientifique issu d’une double culture – polonaise et française ; une faculté d’intégration, d’accueil de l’autre et un féminisme chevillé au corps. Marie Curie incarne l’émancipation des femmes, une émancipation professionnelle, intellectuelle et scientifique. Et du point de vue de la vie privée, ce couple qu’elle forma avec Pierre Curie ! Ils sont ensemble au Panthéon ! Et cette phrase dont elle fit sa devise : "« rien n’est à craindre, tout est à comprendre »." On devrait l’avoir en tête tous les jours. Elle nous éviterait bien des désagréments.

Marie Curie
CVS
Marie Curie
Auteur: Noelle, Marie (19..-.... ; scénariste)
Edition: Arcades (prod.)

Paroles et musiques

Ummagumma

Pink Floyd, plus que les Beatles ou les Stones, a été le groupe rock de ma jeunesse. Et « Ummagumma » notamment, leur quatrième album, m’a fait planer dans ma chambre d’adolescent sans l’aide d’aucune substance chimique ! C’est sans doute l’album le plus audacieux de leur discographie, le plus expérimental et même si ce n’est pas le plus réussi, cela en fait à mes yeux un disque culte. Cet album s’affranchit de tous les codes, de toutes les contraintes avec des morceaux qui, en moyenne, durent 8-10 minutes. Cet album reste indissociable de mes rêveries adolescentes.

Sans entracte

"« Mon Juju »" ! Indissociable de mon adolescence ! Dans cet album figure la chanson « l’Assassin Assassiné », l’un des plus beaux textes contre la peine de mort (l’une de ses premières collaborations avec Jean-Loup Dabadie après sa fâcherie avec Roda-Gil), sublimé par la musique et une interprétation en crescendo déchirante. La fin tombe comme le couperet de la guillotine. A l’époque, alors tout jeune étudiant, je militais à Amnesty International et l’une des grandes causes du moment était la campagne pour l’abolition de la peine de mort. L’album est sorti avant son abolition et la chanson a joué un rôle dans le débat (d’ailleurs Juju reçut ensuite un mot de remerciement de la part de Robert Badinter). C’est formidable qu’une chanson puisse jouer un rôle dans un changement majeur de la société. "«…le sang d’un condamné à mort c’est du sang d’homme c’en est encore… »" et à la fin "«…lorsque le couteau est tombé, le crime a changé de côté… »."

Les Grands classiques

Je suis impressionné par sa virtuosité vocale, son timbre et surtout l’intensité de son jeu dramatique. Son arrivée a marqué une rupture avec les “ Castafiores ”, ces énormes divas incapables de se déplacer sur scène et qui se contentaient juste de chanter. Maria Callas, elle, était également une tragédienne, une actrice qui jouait avec son corps les personnages qu’elle interprétait. Elle trouva ainsi sa place dans l’histoire : « la diva assoluta ».  Elle fit également de sa vie privée, de sa vie de femme amoureuse, une sorte d’opéra tragique. Si je ne devais citer qu’un seul air à écouter, ce serait bien sûr « Vissi d’arte, vissi d’amore » dans la Tosca de Puccini, « J’ai vécu d’art, j’ai vécu d’amour » comme un résumé de sa vie.

Table de chevet

Le Hussard sur le Toit

A la fameuse question : "« si vous ne deviez emporter qu’un livre… »", ce serait celui-là. C’est, pour moi, l’un des plus grands romans du 20e siècle. Il assure la transition avec les grands maîtres du 19e et s’inscrit dans une tradition purement française. Comme dans tous les grands romans, il y a un couple, devenu mythique : ce beau colonel de hussards italien, Angelo Pardi, et Pauline de Théus. Il y a un cadre – les tuiles de Manosque – que l’on ne peut oublier une fois le livre refermé. C’est également un formidable roman d’aventure, une épopée face au danger et à la mort et un roman d’amour sublime (car cet amour restera inavoué). Et puis, ce livre possède une dimension intemporelle et métaphorique : l’épidémie de choléra représente tout ce qui va avilir l’humanité : la guerre et le terrorisme de nos sociétés modernes. Enfin, il y a l’écriture de Giono : puissante, brûlante, colorée. Giono m’a révélé, à moi l’homme du nord, ce qu’était la Provence, un pays écrasé de soleil. Pour lui, le soleil pouvait être dangereux et d’ailleurs, sa Provence n’est pas une carte postale. C’est une région de montagne, un pays rude.

Le Monde selon Garp

J’étais jeune et plutôt familier d’une littérature française, voire européenne, mais classique, et cette lecture a été et reste une expérience unique. J’ai été bluffé par l’inventivité, l’énergie, l’audace et l’exubérance de John Irving tout au long de ce roman. Ce livre est tellement riche, foisonnant, émaillé de moments d’anthologie comme la conception de Garp : sa mère, féministe, qui ne veut pas s’encombrer d’un homme et qui profite de l’érection d’un soldat dans le coma pour passer à l’action ! C’est riche de péripéties, toutes plus rocambolesques les unes que les autres, et John Irving fait “péter” tous les stéréotypes. Ce livre est une planète en folie. La farce, et c’est ce que j’aime beaucoup, y côtoie en permanence la tragédie. Bref, un chef-d'oeuvre, et grande a été ma surprise quand, rencontrant Irving 30 ans plus tard, il m’a fait l’aveu qu’il trouvait cette œuvre de jeunesse pleine de défauts !

Aurélien

Ce qui m’épate chez Aragon est qu’il est passé par toutes les recherches artistiques et esthétiques du 20e siècle, pour aboutir à un classicisme absolu et à la grande tradition de la poésie française. Je suis subjugué par l’évidence et la beauté foudroyante de ses poèmes d’amour. S’il fallait en citer quelques-uns, ce serait « Les mains d’Elsa », « Nous dormirons ensemble » et « L’étrangère » pour sa sensualité. Cette poésie nous est d’autant plus familière qu’elle a été mise en musique par Ferré, Ferrat, Ogeret. Pour terminer, je citerai également « La rose et le réséda », sans doute ce qui a été écrit de plus pertinent et bouleversant sur le combat et le sens du sacrifice des Résistants.

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