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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Alister

4 thèmes | 13 oeuvres
Il a écrit pour la télévision, il est écrivain, journaliste, auteur-compositeur-interprète (trois albums). Alister est aussi le co-fondateur avec Laurence Rémila de la revue Schnock (La revue des vieux de 27 à 87 ans), dont les fans s’arrachent chaque numéro (rares, 4 numéros par an). Une revue qui, comme le dit si bien Laurent Chalumeau : « (…) arrive à te réconcilier avec les 70’s françaises qui pourtant, il faut bien le dire, ont été un vrai trauma ». En attendant la parution du prochain numéro au printemps, Alister sort un livre sur les femmes dandy. L’occasion pour nous de l’inviter.

Autres temps

Les Célibataires

En termes de littérature, mes goûts se portent vers une littérature française dite classique, et Montherlant en est l’un des meilleurs représentants. Loin derrière Proust ou Balzac, son style est cependant marqué par des descriptions fantastiques et une trace d’humour qui en fait un écrivain reconnu. Bien sûr, "Les Célibataires" n’atteignent pas la saga "Les Jeunes Filles" (1936), son grand classique, mais il se dégage dans cette histoire de deux vieux aristocrates dégradés, presque des pauvres garçons, une légèreté que l’on ne lui connaissait pas, un ton badin presque « woodyallenesque » dans sa description du Montparnasse des années 30.

Le Jouet

Le premier film de Francis Veber est un film très étrange. Pas tant en termes de réalisation mais dans son contenu. Je l’ai vu quand j’étais jeune et j’avais déjà perçu la  violence de son message. Je l’ai revu récemment et rien n’a changé. "Le Jouet" n’est pas un film comme les autres. On croit regarder un film avec Pierre Richard, qui sort d’une suite de films qui ont fait de lui l’un des acteurs français les plus côtés des années 70, et patatra. Le rire est jaune et la gêne perceptible pendant presque toute la durée du film car le message de Francis Veber est complexe : une dénonciation de la société de consommation qui nous déshumanise, la fin d’une certaine innocence. Ce film fait beaucoup réfléchir.

Mémoires d’une fripouille

Encore des mémoires d’acteur mais elles restent une source inépuisable de la connaissance du milieu hollywoodien, fascinant, notamment à cette époque. Les mémoires de Sanders ne font pas exception. Contrairement à celles de Louise Brooks, les mémoires de George Sanders sont très articulées, cohérentes, et d’une cruauté incroyable, donc très proches des personnages que Sanders a interprétés, sans oublier une ravageuse dose d’autodérision. Ce livre n’est plus disponible, totalement épuisé, ce qui n’est pas pour me déplaire, donc je ne le prête jamais. Il faut rester chez moi pour le lire !

Dandy au féminin

La femme est une dandy comme les autres

Pourquoi le mot « dandy » serait-il réservé aux hommes ? Car aucun de ce qu’on pourrait appeler les « dandy commandements » – élégance formelle, esprit, anticonformisme et surtout le fameux "je-ne-sais-quoi", cette arme secrète qui permet de rester insaisissable – n’échappe aux compétences féminines. Des salons parisiens aux cocktails new-yorkais, de Sarah Bernhardt à Dorothy Parker en passant par Marlène Dietrich, de l’art de porter le pantalon à celui de faire scandale, du sens de la répartie aux mille et une façons de claquer son argent, ce livre démontrera que, oui, décidément, les femmes savent y faire.

Et si je m’en vais avant toi

C’est l’un des plus beaux disques français de tous les temps. Il est aussi appelé l’album orange, et la pochette est l’œuvre du grand Jean-Marie Périer. Françoise Hardy est une femme à part dans la chanson française. Elle n’a jamais fait de scène, elle a écrit tous ses textes, n’a jamais changé de genre, et à part "Tous les garçons et les filles" (1962), n’a pas fait de gros tubes. Cet album est la quintessence de son talent vocal entre autres : une voix droite, froide, à l’opposé de beaucoup de chanteuses françaises, et en rupture totale avec la tradition « piafesque » de la voix des faubourgs.

Loulou à Hollywood

En effectuant des recherches autour des dandy girls, j’ai découvert l’autobiographie de Louise Brooks. Ce livre est un objet très surprenant car il a été écrit en 1982, donc longtemps après la fin de sa carrière. Elle vivait isolée, et motivée par des admirateurs, elle décide de raconter son expérience de star hollywoodienne 50 ans après la fin de sa carrière.  La forme est très surprenante car elle ne respecte aucune chronologie. Elle saute du coq à l’âne, gagne du temps, s’attarde pendant un chapitre sur Bogart sans que l’on sache pourquoi. Mais comme toute bonne autobiographie, il y a bien sûr des passages croustillants sur le système hollywoodien des années 20. Louise Brooks est devenue un mythe après "Loulou", et ce mythe dépasse très largement son œuvre, et l’a dépassé en tant que personne. On découvre dans son autobiographie une femme bien loin des canons des starlettes éphémères.

En V.O.

Lola vs Powerman and the Moneygoround

J’aime beaucoup les Kinks et selon l’heure de la journée mon album favori change. Aujourd’hui ce serait "Lola versus Powerman and the Moneygoround". Les Kinks ont eu du mal à conquérir les Etats-Unis après des albums formidables comme "The Kinks Are the Village Green Preservation Society" ou bien "Arthur (Or the Fall and Decline of the Bristish Empire". Lola… c’est l’album de la dernière chance, et Ray Davies va la saisir à pleine main grâce notamment aux deux hits que sont "Lola" et "Apeman". Le juke-box est donc reparti pour un tour et même si les années 80 vont devenir moins défendables, les Kinks intégrant le barnum des groupes de stade, ce succès de 1970 va permettre à Ray Davies de ne pas tomber dans l’oubli. C’est l’un des meilleurs songwriters que la pop anglaise a engendrés. Bowie disait d’ailleurs ne jamais avoir entendu de mauvaise chanson des Kinks.

Nightclubbing

Un résumé implacable du bordel du début des années 80, de la diversité culturelle, Island, le label Island de Chris Blackwell, l’éclosion de Jean-Paul Goude, les fêtes du Palace… Cet album est parfait de bout en bout ; il inclut les tubes tels que "Libertango" et "Bumper" et les rencontres entre le reggae, le tango, la pop sont la quintessence d’un disque extraordinaire. La production de Chris Blackwell et le duo rythmique Sly Dunbar, Robbie Shakespeare vont d’ailleurs marquer durablement les années 80. Et toujours en rapport avec le dandysme, le personnage qu’incarne Grace Jones avec ce disque fait d’elle une femme libre, inspirée, bref très dandy.

Help

Le souvenir que j’ai de ce film est une sortie familiale. Je n’étais pas un fan des Beatles donc les ai accompagnés pour leur faire plaisir et c’est à cette occasion que j’ai vraiment découvert les quatre de Liverpool. Même si j’aime également "A Hard Day’s Night", j’ai une préférence pour "Help". Pour plusieurs raisons. D’abord j’admire Richard Lester. Pour le scénario aussi alors que "A Hard"… est plutôt un documentaire. Le côté pastiche de James Bond, qui annonce le début des Monty Python, et cet humour très anglais, sont une autre raison. Le visuel du film est très recherché, et enfin, il y a Ringo qui est génial, et le meilleur acteur des quatre.

En Amérique

Ce recueil compile ses meilleurs chroniques de Rock’n Folk et de l’Echo des Savanes et c’est un bon moyen d’aborder l’œuvre de Chalumeau qui est un écrivain majeur. Le rock est un genre musical exclusivement anglo-saxon sur lequel il est toujours compliqué d’écrire en français et Chalumeau y parvient parfaitement. Il est le journaliste français qui a su le mieux parler de rock’n roll, il a même réussi à créer un canon dans le genre, un système référentiel qui invite, par exemple, Proust dans un article sur Chuck Berry. Il a inventé un entrelacs culturel, un bouillon de culture avec comme originalité l’insertion de phrases en anglais au milieu d’une écriture très Parigot. Sans oublier bien sûr ses influences majeures que sont Audiard et San Antonio. Mais Chalumeau, ce sont également des romans. Son premier, "Fuck", avait connu un certain retentissement à sa sortie en 1991. Et le dernier, "V.I.P.", paru l’année dernière, est un polar à ne pas rater.

Grand écran

La Femme infidèle

J’ai revu récemment ce film de Claude Chabrol et j’ai été à nouveau impressionné. Tous les films de Chabrol tournés entre 1968 et 1973 sont indispensables, des "Biches" aux "Noces Rouges" mais celui que je préfère et qui est sans doute le meilleur est "La Femme infidèle" avec la magnifique Stéphane Audran, Michel Bouquet et Maurice Ronet. Ce film représente la quintessence de sa vision de la femme de cette époque. La filmographie de Chabrol me semble sous-estimée alors que c’est le cinéaste dont l’œuvre a le moins vieilli parmi les anciens jeunes loups de la Nouvelle Vague. À cette époque, il tourne un film par an, et sans être des superproductions, ils atteignent tous des sommets. J’attends avec impatience la reconnaissance définitive de son œuvre.

Un Après-midi de chien

J’aime beaucoup ce film pour différentes raisons. La première est qu’il se situe dans le New York des années 70 et, dès le générique, le spectateur est plongé dans l’ambiance grâce à une chanson d’Elton John, que j’adore. Ensuite, il y a Al Pacino. De mon point de vue, à cette époque, il est à son top. Avec "Serpico" et "Le Parrain", il représente la quintessence du comédien américain, voire du comédien tout court. L’autre raison, c’est la présence de John Cazale. Et puis, tout au long du film,  il règne une ambigüité sur les motivations des uns et des autres. On peut regarder ce film maintes fois, on y découvre à chaque visionnage un nouvel élément, ce qui est le signe d’une grande œuvre.

Eva

Je porte un intérêt très fort à toute l’œuvre de Joseph Losey. Jeanne Moreau y représente la femme dandy par excellence : une absence de sentiment, une froideur, une morgue qui peut confiner au cynisme. Jeanne Moreau transmet à la perfection ces attitudes, mais sans oublier une certaine forme de légèreté. Il y a une phrase qui traduit bien tout cela : elle est mariée à un homme qui a de l’argent mais qui ne l’intéresse pas vraiment. On lui demande : "« À quoi sert l’argent ? »" et elle a cette réplique incroyable "« C’est pour m’acheter des disques »". Et en effet, au pied de son lit sont étalés des disques, notamment de Billie Holiday. Moreau marche souvent de façon très lente, très hautaine. D’ailleurs le film est lent, évanescent, avec des tunnels sans dialogue. Ce n’est pas le premier film que l’on cite lorsque l’on parle de la filmographie de Losey, voire de Jeanne Moreau, mais c’est une réussite totale.

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