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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Rebecca Manzoni

4 thèmes | 12 oeuvres
Après dix années passées à la tête d’Eclectik, Rebecca Manzoni réveille, en douceur, les auditeurs de France Inter, à 7h24, avec sa chronique musicale "Pop & Co." Du lundi au jeudi, celle-ci est consacrée à un artiste ou à un groupe et, le vendredi, avec "Tube & Co", à un… tube. Le tout avec un éclectisme et un goût de la découverte communicatifs qui se retrouvent dans sa sélection.

Choses de la vie

Les années

C’est l’écrivain avec qui j’ai vraiment aimé lire. L’amour de la lecture m’est venu assez tardivement, et c’est elle qui m’a fait découvrir que l’on pouvait dire, avec peu de mots, sans un déluge d’effets, des choses extrêmement justes. Le premier livre que j’ai lu d’elle m’avait été conseillé par un prof génial, Monsieur Préau, qui nous a fait lire "La Place". J’ai eu la chance de la rencontrer et, après cette rencontre, j’avais encore plus d’admiration pour la femme qu’elle est. Ça a aussi été pour moi l’occasion de constater que beaucoup des personnes que j’ai interviewées ont en commun d’être des transfuges, d’avoir quitté un certain milieu pour aller ailleurs. Pourquoi "Les Années" ? Parce que j’ai rarement lu un livre qui, en une phrase, peu dire la vie d’une femme.

L’Abandon des prétentions

"J’ai découvert Blandine Rinkel sur l’album de Bertrand Burgalat pour lequel elle avait écrit un titre. "L’Abandon des prétentions", c’est le portrait de sa mère, Janine. Elle a une cuisine rose, a été prof d’anglais, n’a jamais eu d’ambition sociale ni l’envie de faire carrière. Maintenant à la retraite, cette femme est une sorte de sainte qui accueille dans sa famille tous les éclopés du monde. J’ai été impressionnée par ce livre parce que ce n’est pas facile d’écrire sur sa mère, et je trouve que Blandine Rinkel le fait avec une distance juste. Elle dit de sa mère que de ne pas avoir eu d’ambition, c’est une puissance discrète. Rien que pour ce passage-là, je suis très heureuse d’avoir lu ce livre. Elle dit aussi que, pour comprendre ses proches, il faut écrire sur eux. Et, pour des raisons très personnelles, cela me touche beaucoup."

  Livre Fiction
L'abandon des prétentions
Auteur: Rinkel, Blandine (1991-....)
Edition: Fayard

Situations délicates

C’est tout ce que j’adore, c’est à dire magnifier la maladresse, les gênes du quotidien que je peux vivre, comme tout le monde ; comme de se retrouver dans un café plein de monde et d’essayer d’attirer l’attention du serveur sans succès. On lève la main et on se sent absolument dénué de charisme, nul. Je suis très reconnaissante à Serge Joncour d’avoir consacré un recueil de nouvelles à tous ces moments qu’il a évidemment vécus et dont il rend compte avec humour et beaucoup de profondeur.

Fantaisies

Hideout

Ce sont des Australiens qui ont joué aux Eurockéennes, une bande de jeunes garçons d’une vingtaine d’années qui ont émigré d’Australie pour Berlin où ils ont vécu à sept dans un studio pour bosser sur leur musique, et qui se retrouvent face à des milliers de personnes sur cette grande scène aux Eurockéennes. C’était fantastique de les voir ébahis par l’accueil du public et de les entendre dire "« C’est complètement dingue ce qui nous arrive ! »". Du coup, on est juste contents d’être présents en nombre pour leur offrir quelque chose en retour. Le disque est super bon. C’est une sorte de mix de disco-électro-pop virtuose, qui passe super bien sur scène. C’est un très grand souvenir de ces dernières Eurockéennes.

Blow up - Arte

Je suis très sensible à cette démarche, que j’essaie aussi de développer dans mes chroniques musicales, qui est d’aborder des thématiques, des sujets transversaux. Luc Lagier développe des modules de sept minutes sur des sujets comme, par exemple, la moustache au cinéma. Ca donne un éclairage inattendu sur l’utilisation d’un accessoire aussi trivial que la moustache. J’adore cette approche qui consiste à faire découvrir une certaine forme de cinéphilie par le trou de la serrure. Je trouve ça super bien. Le lien

Yesterday’s gone

C’est du hip-hop anglais que j’écoute en boucle. Je n’ai pas grand chose à en dire sauf que c’est un gamin qui n’a pas vingt-cinq ans et que c’est juste super bien. C’est un de mes albums de l’année.

Personnages

Mattéo

C’est une série qui se déroule durant l’entre-deux-guerres, une période où il n’était pas trop question de tergiverser. Ce qui, entre autre chose, me touche beaucoup, et c’est très personnel, c’est que Gibrat met en scène notre amitié. Il le fait avec une telle justesse que cela me donne la chair-de-poule. Au-delà de ça, je trouve que c’est autant un écrivain qu’un dessinateur. Quand on se voit, je me retiens de prendre des notes parce que c’est une machine à "punch-line". Quand il parle, c’est déjà de la littérature.

  Livre Fiction
Mattéo
Auteur: Gibrat, Jean-Pierre (1954-....)
Edition: Futuropolis

Guss

Ce que j’adore, dans les bandes-dessinées de Blain, c’est qu’on a toujours l’impression, en tant que fille, d’assister à des conversations entre garçons. "Guss", c’est un western dans lequel les cowboys ont des états d’âme. Ils ont la trouille, des problèmes avec les filles… Et puis Christophe Blain est un dessinateur immense, on a toujours l’impression que c’est en mouvement.

  Livre Fiction
Gus
Auteur: Blain, Christophe (1970-....)
Edition: Dargaud
Collection: Gus

Annie Hall

Je l’ai revu cet été et ça m’a encore plus touchée que la première fois. Peut-être parce que j’ai vieilli. Ça parle tout le temps et les dialogues sont merveilleux. C’est le genre de film que j’ai vu une fois d’une traite et que j’ai revu ensuite pour en recopier des phrases. Et puis, Diane Keaton est une icône féminine telle que je les aime, avec son chapeau rond, sa cravate mal nouée, son pantalon large et ses gros godillots, sans jouer une féminité qui sort son cul et ses gros nichons. C’est une figure que j’aime beaucoup et une histoire proche de celle qu’elle a vécue avec Woody Allen. D’ailleurs, ils ont tourné le film après avoir rompu. J’adore ces histoires un peu "people" !

Petites symphonies

La chanson exactement : L’art difficile de Claude François

J’adore les ouvrages qui explorent la culture populaire comme un objet d’étude noble. J’aime cette démarche de s’intéresser à l’art modeste, ce que j’essaie de faire très humblement avec ma chronique "Tube & Co" : prendre un gros tube comme "Spacer" de Sheila par exemple et lui rendre hommage. Philippe Chevalier commence son ouvrage en racontant un cocktail universitaire où on lui demandait sur quoi il bossait, la tête de ses interlocuteurs quand il a répondu qu’il travaillait sur la qualité artistique de Claude François... Philippe Chevalier consacre notamment ses pages à l’art de Claude François, son art de l’écriture des chansons et surtout son art de la reprise, notamment des Four Tops et des chansons de la Motown. C’est passionnant.

American Dream

Le groupe "LCD Soundsystem", avait fait ses adieux il y a six ans et, quand on m’a dit qu’il revenait, je me suis dit « Ah non pas eux ! ». On ne pouvait que les suspecter de revenir pour l’argent et, pour moi, ce groupe était un model d’éthique, qui reste droit au milieu du business de la musique. James Murphy, le leader du groupe, est l’anti-star absolue, une espèce de joufflu jamais réveillé avec les yeux bouffis. C’est un personnage fascinant et attachant et leur concert, en 2007, au Bataclan, reste, à ce jour, un des meilleurs concerts de ma vie. Et, miracle, ils reviennent tels que je l’espérais. Ce n’est pas un disque qui tire à la ligne, ils ne prétendent pas être autre chose que ce qu’ils sont, un groupe d’électro qui rappelle aux fans d’électro qu’il y a ce vieux truc qui s’appelle le rock n’roll.

American dream
GAM
American dream
Auteur: LCD soundsystem
Edition: Sony music

Absent Friends

Devant la chanson "Our mutual Friend", je pose un genou à terre. C’est l’histoire d’un garçon et d’une fille qui se rencontrent dans une soirée, qui se draguent un peu, ils rentrent ensemble, ils finissent par s’endormir et, le matin, il la voit dans les bras d’un autre. Tout ça avec des arrangements somptueux. Pour moi, c’est un titre à ranger au panthéon de la symphonie pop, ces symphonies de poche qui sont peut-être les choses les plus difficiles du monde à écrire. Et puis, il y a ce final de près de trois minutes, tout en arrangement de cordes… On est tellement content que ça dure, encore et encore. C’est typiquement le genre de chanson qu’on vit en attendant un passage de corde, un moment précis, une parole. Déjà, s’il y a un passage comme ça dan une chanson, elle est très bonne, mais là, il y en a quatre ou cinq ! Autant dire qu’on est sur une autre planète.

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