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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Patricia Tourancheau, ses adieux au 36

4 thèmes | 12 oeuvres
Chef de la rubrique police, banditisme et faits divers à Libération pendant vingt-neuf ans, Patricia Tourancheau continue à creuser son obsession du 36 quai des Orfèvres pour Les Jours. Elle a réalisé une dizaine de documentaires sur le monde de la police. Elle avoue ici quelques uns de ses coups de cœur.

36

Numéro mythique qui faisait rêver les flics et trembler les truands, le « 36 » déménage et avec lui plus de cent ans d’histoires de gendarmes et de voleurs.

Le 36, histoires de poulets, d’indics et de tueurs en série

Le mythique 36 quai des Orfèvres s'apprête à fermer ses portes. Un monde s'évapore. Du musée de la Mondaine au repaire du " gang de Creil " en passant par le club de la Poularde, la saga de la Rouquine, les labos des experts ou le bureau 315 où Gainsbourg sirotait son pastis, Patricia Tourancheau arpente le 36 depuis bientôt trente ans. Elle raconte, comme un feuilleton policier, ses histoires d'hier et d'aujourd'hui. Maquerelles, bandits, hommes politiques, artistes et espions s'entrecroisent dans cette fresque dont les commissaires et officiers sont les héros. Un polar du réel au cœur de la " maison poulaga ".

Cécile est morte

La bonniche Cécile Pardon vient dénoncer un crime contre sa tante qui l’exploitait, mais poireaute dans le « bocal » au Quai des Orfèvres car le commissaire Maigret se démène sur une autre enquête. Las, la témoin se fait tuer dans le placard à balais sous un escalier du 36, dans ce « boyau » à la jonction du palais de justice et de l’antre de la PJ. Si le décor est parfaitement restitué et si Jules Maigret ressemble tant au commissaire Massu de la Brigade spéciale devenue la Crim’, c’est parce que dans les années 30, le patron du 36 a convié Georges Simenon dans les locaux et lui a présenté ce commissaire afin de rendre son Maigret plus crédible. Le 20 février 1931, pour la promotion de deux nouveaux romans chez Fayard, Simenon a organisé au dancing La Boule blanche un « Bal anthropométrique » avec le Tout-Paris, préfet compris, et envoyé une invitation au commissaire Maigret au 36.

you're under arrest

Sur la pochette de l’album "You’re Under Arrest" sorti en 1987, Gainsbourg pose de face et de profil à la façon des véritables photos anthropométriques qu’il a prises en mai de cette année-là au quai des Orfèvres, un soir de virée avec des poulets du 36. Il les avait rencontrés en mars après l’arrestation de trois fils de bonne famille qui concoctaient l’enlèvement de Charlotte. Pour moi, "Aux enfants de la chance", après "A la brigade des stups" en 1979, illustre le changement de Gainsbourg par rapport à la came à cause de la toxicomanie de Bambou"." Devenu pote avec les grands poulets des Stups et de la Crim’, Gainsbourg vient s’enfiler des « 102 » (double pastis 51) dans les bureaux, sort en boite avec eux et rentre, déchiré, rue de Verneuil en panier à salade.

  CD
You're under arrest
Auteur: Gainsbourg, Serge (1928-1991)
Edition: Mercury

Canards

Avant internet et son robinet à rumeurs, le fait div’ et les chroniques judiciaires tenaient en haleine des millions de lecteurs de la presse écrite.

De sang-froid

En 1959, deux délinquants désœuvrés, Fred et Perry, massacrent la famille Clutter au Kansas. Truman Capote enquête minutieusement pendant plus de six ans. Il noue une amitié quasi-amoureuse avec Perry à qui il rend visite au pénitencier. Afin de publier "De sang-froid", Truman Capote a dû attendre l’exécution des deux assassins avec une certaine impatience. Il a d’ailleurs renoncé à les aider par un ultime recours. Il payera leurs funérailles. La mise à mort par pendaison de Perry en avril 1965, sous ses yeux, l’a dévasté. Son roman document sort fin 1966, un chef d’œuvre. Capote vient d’inventer un genre, le "non fiction novel" qui a influencé et bouleversé la littérature du monde entier. Enfant abandonné par une mère volage, comme Perry, Truman ne s’est jamais remis de la mort de son double, et devint de plus en plus mondain, de moins en moins écrivain.

Le Journaliste et l’Assassin

Le 17 février 1970, aux Etats-Unis, les corps de deux jeunes filles et de leur mère enceinte sont découverts dans l'appartement familial. Le père, Jeffrey MacDonald, d’abord suspecté, s’en sort, mais il est rattrapé par l'affaire quelques années plus tard. Il rencontre alors Joe McGinniss, un écrivain-journaliste en quête d'un nouveau best-seller. Les deux hommes s'entendent sur un projet de livre. A l'annonce du verdict qui condamne MacDonald à trois peines de prison à vie, comme ses défenseurs, McGinniss fond en larmes, et compatit au sort du présumé coupable dans de longues lettres envoyées dans sa prison. En retour, MacDonald s’épanche auprès de celui qu’il croit être son ami mais qui joue double jeu. Car le livre publié quatre ans plus tard le dépeint en meurtrier calculateur et psychopathe. Stupéfait, il décide d'intenter un procès à l'écrivain-journaliste. Janet Malcolm reprend par le menu cette histoire de trahison, s’interroge sur l’écriture et sur la complexité des relations entre l’auteur et le sujet de son livre. Considéré outre-Atlantique comme un classique, "Le Journaliste et l'Assassin" est classé parmi les cent plus grands ouvrages de non-fiction de la Modern Library.

LesJours.fr

LesJours.fr est un nouveau media qui raconte l’actualité en séries. À la croisée du journalisme « narrative non-fiction » à l’américaine et des codes de la série TV de fiction, Les Jours proposent un regard totalement inédit sur l’information. Les journalistes travaillent au long sur un sujet, qu’ils creusent et racontent en temps réel dans des séries structurées par épisodes, personnages et lieux avec une belle mise en scène. Dans un univers médiatique où une info en chasse une autre, Les Jours ont fait le pari du temps long, avec la volonté de redonner de la chair et de la mémoire à l'actualité. Les Jours est un pure-player indépendant, sans pub et sur abonnement fondé en 2016 par d’anciens journalistes de Libération, et a reçu le Prix 2016 du lancement de l’année de la presse.

Fantasmes

Adrénaline, maniement des armes, argent facile, la vie rocambolesque de truand et d'agent secret a de tout temps fait fantasmer. Beaucoup d’appelés, peu d’élus.

Les Affranchis

Dans ce film culte de gangsters, Martin Scorsese rompt avec la vision un peu romantique des films de Coppola ou De Palma, et utilise le roman biographique de Nicholas Pileggi, qui relate l’ascension d’Henry Hill dans les années 1960 au sein de la pègre new-yorkaise, pour aborder le genre sous un angle plus réaliste, presque documentaire avec un souci particulier du détail. Scorsese nous plonge dans ce monde en apparence mirifique tout de strass et de paillettes, de liasses de billets et de flots de champagne, où les héros s’affranchissent des lois, des règles et de la morale. Puis Scorsese nous montre l’envers du décor : magouilles, trahisons, violences, cruauté (à travers le personnage de Joe Pesci), règlements de comptes, drogue, cupidité, crapuleries. En fait, le crime ne paie pas. Et finalement, à quoi aspire tout bandit d’envergure, si ce n’est à devenir un bourgeois ?

Reservoir Dogs

Tel un film de série Z, le braquage de diamants tourne mal et c’est la débandade parmi les six gangsters aux noms de code de couleurs imposés par le boss. Mister Brown, Tarantino himself, est tué, Mister Orange pisse le sang et Mister White l’exfiltre vers le hangar désaffecté où se passe le huis clos. Mister Blonde, incarné par le géant Michael Madsen, en chemise blanche, bretelles, costume noir et santiags, finit par débarquer en Cadillac avec un flic en otage qu’il se met à torturer non sans esquisser un pas de danse sur "Stuck in the Middle with you" de Stealers Wheel qui passe à la radio… Outre cette scène devenue culte, j’adore le conflit entre les truands qui cherchent au sein de l’équipe l’informateur qui les a balancés, mais qui ne se méfient pas du mourant, Mister Orange, ce petit flic qui, pour infiltrer le gang, a travaillé son rôle de truand comme pour un film.

Le Bureau des légendes

Ces agents de la DGSE qui opèrent sous couverture, clandestins, comme Malotru (Mathieu Kassovitz) excellent agent double avec la CIA pour libérer son amoureuse qu’il a trahie, Nadia El Mansour (Zineb Triki), otage des Syriens ou Marina Loiseau (Sara Giraudeau) en immersion à Téhéran comme scientifique pour espionner les velléités nucléaires des Iraniens, sur fond d’infiltration de l’Etat islamique, la série de Canal + réalisée avec l’assentiment de la DGSE explore des thèmes actuels et sensibles, et s’apparente à de la fiction du réel chez les espions.

Sanglantes confessions

Dans les affaires criminelles arrive toujours le temps des confessions. Celles des truands ou des flics qui ont le vague à l’âme.

Garde à vue

Ce huis clos dans un bureau de police met en scène, un 31 décembre, un inspecteur (Lino Ventura), son adjoint (Guy Marchand) et un notaire (Michel Serrault), suspecté de l’assassinat et du viol d’une petite fille. Arrogant dans son élégant smoking nœud papillon, le notaire ment un peu pour cacher un secret inavouable, mais ses petits mensonges finissent par le rendre de plus en plus coupable aux yeux des inspecteurs. Les rapports de force évoluent durant la garde à vue. L’apparition de la beauté mal aimée (Romy Schneider) mariée au notaire, trahit l’hypocrisie et la violence cachée derrière la bienséance des notables. Alors qu’on le voyait presque comme un ignoble personnage, il apparaît finalement presque comme une victime de sa propre condition.

Ma Part d’ombre

Après le Dahlia noir, le ténébreux maître du roman dark américain dévoile enfin ses ressorts et le crime qui hante toute son œuvre. Celui de sa mère, Jean Ellroy, retrouvée le 22 juin 1958 sur un tapis de lierre à côté d’un trottoir à Los Angeles. Le tueur n’a jamais été débusqué. L’affaire a été classée. James n’avait que 10 ans. Il explore le passé de sa mère rousse d’origine allemande portée sur l’alcool et le sexe. Ce livre permet de piger les raisons intimes de son attrait depuis sa jeunesse pour les affaires criminelles, sa manière de disséquer les meurtres dans ses trilogies -cadavres démembrés, éviscérés, violentés-, de décortiquer les vices et la corruption, au sein de la police et de la classe politique.

True Detective Saison 1

Au milieu des bayous en Louisiane, une scène de crime apocalyptique : une femme avec une couronne de cerf en bois, une ex-prostituée nuée ligotée à un arbre, une spirale tatouée dans le dos. J’adore les deux flics. Cohle (Matthew McConaughey), totalement nihiliste, ex-flic infiltré, veuf, junky, zombie buveur de bière, qui note tout sur un grand cahier tel un « percepteur », et son mentor Hart (Woody Harrelson) que tout a priori oppose. Ce tandem mène l’enquête sur les traces du mystérieux « Roi jaune ». Le procédé du flash-back entrecoupe l’interrogatoire croisé de ces deux policiers par d’autres flics qui, dix-sept ans plus tard, se retrouvent avec sur les bras un nouveau meurtre rituel pour lequel ils soupçonnent Cohle. Mais celui-ci reprend les investigations avec son pote Hart devenu détective privé.

True Detective
CVS
True Detective
Auteur: Pizzolatto, Nic
Edition: Warner Bros. Entertainment France S.a.s (prod.)
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