moro expedition espoir2Le port de La Corogne, Galice, 30 novembre 1803, la foule en liesse acclame un étrange cortège composé de 22 petits orphelins et d’une équipe médicale comprenant entre autres, le médecin Javier Balmis et Isabel Zendal, seule femme de l’expédition.

Ce cortège insolite s’apprête à embarquer sur la corvette Maria Pita pour une expédition philanthropique, médicale et scientifique de plusieurs années dont le but est de vacciner contre la variole, maladie redoutable qui décime les populations de l’empire colonial espagnol.

Mais pourquoi emmener des enfants en bas âge dans ce voyage ? C’est tout l’enjeu de cette expédition.

À travers L’expédition de l’espoir, qui relate des faits réels, Javier Moro, nous brosse un portrait social, sanitaire et politique de l’Espagne et de son empire colonial sur le déclin, subissant les velléités d’indépendance de ses colonies et les remous de la révolution française.

C’est aussi un formidable récit d’aventures naturalistes car l’étude de contrées mal connues était indissociable des missions médicales des chirurgiens de Marine aux 18ème et 19e siècles.

Des îles Canaries aux Philippines en passant par les Caraïbes, le Venezuela, le Mexique et une bonne partie de l’Amérique du Sud, nous embarquons pour un voyage au long cours dans des conditions sanitaires souvent très difficiles et vivons au rythme des tempêtes, des marches harassantes, des conflits et des émotions intenses qui traversent les personnages aux caractères bien trempés.


Neveu de l’écrivain Dominique Lapierre (auteur de la Cité de la joie), Javier Moro est né à Madrid en 1955. Il a longtemps vécu aux États-Unis où il a travaillé comme scénariste, notamment auprès de Ridley Scott. En 2011, il reçoit le prix Planeta pour son roman L’empereur aux mille conquêtes.
Son œuvre est d’abord marquée par l’Inde et le destin de fiigures historiques féminines indiennes. Mais avec L’expédition de l’espoir (A flor de piel) publié en 2015 en Espagne, il se recentre sur l’histoire espagnole et notamment le destin exceptionnel d’Isabel Zendal, que l’organisation mondiale de la santé nommera en 1950 « 1ère infirmière de l’histoire en mission internationale ».

Aucune interview de l’auteur n’est pour l’instant disponible ou sous-titrée en français, mais pour le plaisir d’entendre la musicalité d’une langue, vous trouverez ci-dessous une courte interview de l’auteur commentant son roman.

 


Isabel Zendal
Javier Moro met en lumière le destin exceptionnel de cette femme issue d’un milieu très modeste et qui était restée dans l’ombre de cette expédition royale philanthropique de la vaccination. Elle joua pourtant un rôle majeur dans la réussite de cette entreprise.
Un prix national d’infirmerie portant son nom est délivré chaque année par le gouvernement du Mexique.
En 1950, elle est nommée première infirmière de l’histoire en mission internationale, par l’organisation mondiale de la santé (OMS).

Là encore nous ne possédons pas de vidéos en français mais le petit documentaire suivant, grâce à ses croquis, rend le sujet relativement compréhensible.

 

Francisco Javier Balmis
C’est le directeur scientifique de l’expédition. Il est issu d’une lignée appartenant à la corporation des saigneurs-barbiers-chirurgiens d’Alicante. D’un caractère orgueilleux et dominateur, il a néanmoins reconnu le rôle majeur d’Isabel Zendal dans la réussite de l’expédition.

José Salvany y Lleopart
Le collaborateur direct de Balmis n’a pas eu cette chance et c’était l’occasion pour Javier Moro de le réhabiliter. Le travail de ce médecin catalan, de santé fragile avait été totalement occulté. Il a pourtant mené la campagne de vaccination sur toute l’Amérique du sud (Pérou, Bolivie) dans des conditions extrêmes.


Proposition d’illustration sonore

Que pouvait-on entendre dans l’Empire espagnol aux 17e et 18e siècles ?

Voici une proposition élaborée par notre discothécaire et qui rassemble des compositions espagnoles ou inspirées par l’Espagne du 17e et 18e, de la musique syncrétique du nouveau monde et des bruitages de la forêt amazonienne. Bonne écoute !

La chirurgie de Marine
Nul besoin d’aller très loin pour comprendre quel était l’univers de travail des chirurgiens de Marine au tournant des 18ème et 19e siècles. À Rochefort sur Mer, les bâtiments de l’ancien hôpital de Marine sont toujours en place et abritent dans une aile, un musée d’Etat de l’ancienne école de médecine navale. Il permet de comprendre comment les expéditions étaient montées, et dans quelles conditions s’exerçait la médecine sur un navire. Attention cependant : les âmes sensibles devront éprouver leur courage ou éviter quelques sections.

Le bégonia Balmisiana
Javier Balmis, avant de mener sa campagne philanthropique de vaccination, s’était illustré dans la recherche d’un traitement contre la syphilis qu’il avait élaboré grâce à des observations sur les pratiques médicales des populations autochtones, lors d’un séjour au Mexique. Ce traitement, plus efficace que le mercure utilisé alors, était basé sur l’extraction de principes actifs issus d’un bégonia qui recevra son nom, le bégonia Balmisiana qui est conservé au conservatoire du bégonia de Rochefort sur Mer.
http://www.begonia.rochefort.fr/default.htm (Rubrique géographie)

Edward Jenner à l’origine de la vaccination contre la variole
Le procédé de vaccination utilisé lors de l’expédition Balmis avait été mis au point par le médecin anglais Edward Jenner

 


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